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Full text of "Les Anciennes armoiries bourgeoises de Mulhouse"

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Digitized  by  the  Internet  Archive 

in  2011  with  funding  from 

University  of  Toronto 


http://www.archive.org/details/lesanciennesarmoOOmein 


LES   ANCIENNES   ARMOIRIES   BOURGEOISES 


DE     M  U  LHOUSE 


i   ES 

ANCIENNES  ARMOIRIES  BOURGEOISES 

DE     M  U  LHOUSE 


I'  \i: 


ERNEST    MEININGER 

\  ui    rui  sini  \  i    Di     COMITl     D'ADMINISTRATION    Dl     mi  mi     ni 


Avec     14    planches    d'armoiries    et    de    sceaux 


MULHOUSE 

IMPRIMERIE    ERNEST    MEININGER 

A  911 


CR 

.msvmh 


AVANT-PROPOS 


La  question  qui  fait  l'objet  de  la  présente  étude  tsi  utte  des  plus 
intéressantes  du  passé  de  notre  ville  ci  n'a  jamais  été  traitéi  par 
nos  historiens  locaux,  à  l'exception  de  l'auteur  du  Bûrgerbuch 
publié  eu  1 8  )"o. 

.lu  cours  île  nos  recherches  asse\  longues  prés  d'un  quart  de 
siècle  —  aux  archives  municipales,  nous  avons  été  souvent  frappé 
du  fait  curieux  que  les  sceaux  et  cachets  apposés  sur  de  vieilles 
Litres  qui  y  sont  conservées  et  qui  ennuient  de  personnages  mul- 
housiens,  fonctionnaires  ou  autres,  portent  des  urines  différant 
sensiblement  des  blasons  figurant  dans  le  livre  d'Ehrsam,  sur  le 
tablant  des  bourgmestres  de  l'Hôtel  de  ville  et  sur  les  quelques 
tableaux  armories  du  Musée  historique  de  Mulhouse. 

Les  matériaux  ainsi  amassés  nous  ont  amené  à  rechercher  les 
raisons  de  ees  différences  qui,  à  première  vue,  se  présentent  comme 
une  véritable  anomalie.  Ce  sont  les  résultats  de  nos  investigations 
approfondies  que  nous  présentons  aujourd'hui  à  nos  lecteurs. 

La  eonelusion  qu'ils  eu  tireront  certainement  avec  nous,  c'est 
que,  dans  le  domaine  historique,  il  est  absolument  utile  d'aller  au 
fond  des  choses  et  de  n'accepter  aucune  théorie,  si  elle  nest  appuyée 
sur  des  documents  authentiques.  L'histoire  est  une  science  posithk  . 
c'est  le  mérite  de  notre  époque  de  lui  avoir  applique  la  méthode 
Critique  dont  autrefois  on  n'avait  cure.    Tous  nos  anciens  ehroni- 


6 

queurs  l'ont  négligée,  et  c'est  regrettable.  Pour  ions,  l'œuvre  de 
Pétri,  la  première  en  date,  était  un  évangile  auquel  ils  n'ont  plus 
touché.  Fùrstenberger,  Reber,  Mieg,  Grande  Lasablière  Font  copie 
à  peu  :  rvilement  en  ce  qui  concerne  le  pusse,  et  Von  peut  duc 
que,  jusqu'à  l'apparition  du  Cartulaire  de  Mulhouse,  par 
Y.  Mossmann,  personne  n'a  plus  étudié  à  fond  nos  vieilles  chartes 
et  les  plus  anciens  documents  d'archives. 

Notre  prétention  n'est  évidemment  pus  d'avoir  épuisé  le  sujet  si 
intéressant  des  armoiries  de  nos  vieilles  familles  bourgeoises:  l'ar- 
ticle qui  va  suivre  n'est  qu'une  élude  qui,  pensons-nous,  pourra 
servir  de  base  à  un  travail  plus  étendu,  plus  cotnplet. 


I 


LES  ARMOIRIES  Dis  ROUKGMKSTR] 

Les  armoiries  bourgeoises  sont  partout  aussi  anciennes 

que  celles  de  la  noblesse  proprement  dite,  Eli         ient  con- 
férées plus  spécialement  à  certains  fonctionnaires  qui  en 

axaient  besoin  dans  l'exercice  de  leurs  charges.  En  effet,  si, 

pour  la  noblesse,  le  blason  était  aussi  un  ornement  de  parade 
utilisé  à  la  guerre,  aux  tournois,  et  servant  a  maints  usa. 
décoratifs,  le  sceau  armorié,  tant  noble  que  roturier,  a  rem- 
placé longtemps,  au  bas  des  actes  judiciaires,  la  signature 

légalisée  des  temps  modernes.  Pendant  tout  le  Moyen-* 
et  encore  longtemps  après,  tous  les  arrêts  de  justice,  tous 
les  actes  de  vente,  de  cession,  de  partage,  en  un  mot  tous 
les  actes  notariés,  signés  ou  non  par  les  intéressés,  étaient 
surtout  validés  par  l'apposition  du  sceau  des  seigneurs 
justiciers  ou  de  leurs  lieutenants  roturiers  délègues  à  cet 
effet.  De  là  les  concessions  d'armoiries  (Wappenbriefe)  déli- 
vrées à  de  simples  bourgeois  par  les  rois  et  les  empereurs, 
par  les  princes  souverains  ou  encore  par  les  comtes  palatins 
—  cornes  palatinus  ou  Pfal^graf — à  qui  les  premiers  avaient 
cédé  ce  droit  moyennant  finances. 

A  Fencontre  d'une  opinion  erronée,  assez  répandue,  la 
concession  d'armoiries  ne  conférait  nullement  la  noblesse 
à  celui  qui  était  l'objet  de  cette  faveur.  C'était  une  simple 
distinction,  qui  avait  évidemment  son  prix,  puisqu'elle  per- 
mettait à  celui  qui  en  était  Tobjet  de  s'en  servir  légalement 
en  maintes  circonstances,  mais  elle  ne  lui  conférait  aucun 
titre,  aucune  exemption  d'impôts  ou  de  prestations  rotu- 


—  8 


néres,  ainsi  que  nous  avons  déjà  eu  [occasion  de  le  démon- 
trer autre  pari  avec  preuves  à  r appui  '. 

Lorsqu'au  XVe  siècle  les  villes  libres  impériales  secouèrent, 
les  unes  après  les  autres  le  joug  de  la  noblesse  et  élu  patri- 
ciat,  qui  jusque-là  axaient  accapare  à  leur  profit  le  pouvoir 
et  siégeaient  en  majorité  dans  le  Conseil,  la  bourgeoisie, 
composée  d'artisan  s,  de  vignerons,  de  laboureurs  et  de 
marchands,  prit  en  mains  la  gestion  des  affaires  et  adopta 
tout  naturellement  certains  us  et  coutumes  de  la  noblesse. 
L'usage  du  blason  se  généralisa  bientôt  dans  les  communes 
bourgeoises  indépendantes,  et  Mulhouse  suivit  également 
l'exemple  donné  partout. 

L'émancipation  démocratique  se  dessina  dans  notre  ville 
de  bonne  heure.  Les  rachats  réitérés  de  l'office  de  la  prévôté 
impériale  par  la  ville  de  Mulhouse  à  partir  de  l'année  1407, 
qu'elle  acquit  définitivement  en  1457,  en  sont  'a  caractéri- 
stique significative.  L'attitude  de  la  noblesse  indigène  était 
d'ailleurs  devenue  intolérable  et  les  corps  de  métier,  cons- 
cients de  leur  force  et  de  leur  rôle  économique  dans  la 
commune,  poussés  aussi  à  bout  par  les  exigences,  les 
chicanes  et  les  déprédations  des  hobereaux  petits  et  grands 
qui  les  opprimaient,  résolurent  d'v  mettre  tin.  L'occasion  s'en 
présenta  lors  de  l'invasion  des  Armagnacs,  auxquels  toute 
la  noblesse  autrichienne  prêta  son  concours.  Baie  et  Mul- 
house coururent  à  ce  moment  le  plus  grand  danger.  Après 
la  bataille  de  Saint-Jacques  (juin  1444),  Bâle  procéda  à 
l'expulsion  de  ses  nobles,  et  Mulhouse  en  fit  de  même 
Tannée  suivante.  Ce  fut,  pour  notre  ville,  l'occasion  d'ennuis 
prolonges.  Les  nobles  évincés  lui  cherchèrent  noise  à 
propos  de  tout  et  de  rien,  et  les  attaques  à  main  armée 
contre  Mulhouse  mirent  souvent  la  commune  dans  le 
plus  grand  danger.  Celle-ci,  ne  pouvant  guère  compter  sur 


1   Voit  Tableaux  généalogiques  de  la  famille  Blech,  parus  en  189S,  préface,  page  7 
et  suivantes. 


B 

I  aide    de    la    I  ><  i  ap<  >l<        idn  Suis  i  i    plus 

pi. m  hes    v.  oisins    el   C(  >n<  lut   av(      Bci  ne   el   Sol(         une 

alliant  e  i  >ff<  nsh  e  1 1  d<  i<  i         poui   une  dm 

(  )n  sait  l'aide  effi  tte  alliance  lui  v  .dut.  en  i  i 

pai  l.i  (  ampagne  de  i  Sui   ■«  s  dans  la  I  laul  qui  mh 

lin  ,i  la  guei  i e  dite  d<  I }*  ni<  i    1 1  ab< >utn  au  traité  de 

Waidshut 

Mulhouse  n'était  pas  encore  au  bout  de  ses  tribulations. 
Ce  ne  fut  que  lorsque  la  ville  eut  conclu,  en   i  i<  i 
alliance  a^  ec   Bâle  et,  en   i  \  i  |,  a\  ec   les    I  n  1/ 
qu'elle  put  songer  à  développer  en   paix   ses  institut]' 
républicaines  datant  déjà  de  plus  d'un  demi-siécle.   Il   est 
naturel  quelle  les  adapta  à  celles  de  ses  nouveaux  alliés  et 
surtout  de  Bâle,  sa  voisine  immédiate. 

En  Suisse,  où  le  joug  de  la  féodalité  avait  été  secoué 
depuis  longtemps  déjà,  l'art  héraldique  était  en  grand 
honneur,  et  les  bourgeois  libres  des  villes  axaient  adopté 
tous  des  blasons.  Les  Mulhousiens  firent  de  même,  et  fus 
des  armoiries  se  généralisa  au  point  que.  des  [520,  chaque 
nouvel  affilié  aux  tribus  des  corps  de  métier  était  tenu  de 
paver,  en  dehors  du  droit  de  réception,  une  somme  de 
1  schilling  pour  la  peinture  de  ses  armes  sur  le  tableau  de 
la  tribu.  Cet  usage  se  poursuivit  jusqu'à  la  réunion  de  Mul- 
house à  la  France,  en  [798,  et  s'appliquait  aussi  bien  aux 
fils  des  bourgeois  qu'aux  étrangers  qui  se  taisaient  recevoir 
dans  les  tribus. 

Malheureusement,  aucun  de  ces  tableaux  armories  des  tribus^ 
pour  les  membres  ordinaires,  ne  nous  est  reste  conserve. 
Les  derniers  turent  détruits  lors  des  événements  de  1798,  et 
c'est  là  une  perte  irréparable  pour  la  science  héraldique  a 
Mulhouse.  Tout  ce  que  nous  possédons  dans  ce  genre,  ce 
sont  quelques  tableaux  de  gardes- vignes  (fVin^er-Tafeln), 
de  chefs  de  tribus,  conservés  au  Musée  historique,  et  les  trois 
tableaux  de  bourgmestres  qui  figurent  dans  la  grande  salle 


—    10 

du  Conseil  de  l'Hôtel  de  ville.  Nous  nous  occuperons  plus 
loin  du  plus  ancien  de  ces  derniers, 

La  question  qui  se  pose  tout  naturellement  est  celle-ci: 

les  autorités  de  Mulhouse  ont-elles  jamais  octroyé  elles- 
mêmes  des  armoiries  héréditaires  à  leurs  bourgeois  OU  aux 

nouveaux-venus  dans  les  tribus?  Les  enregistraient-elles  à 

la  Chancellerie,  contre  une  taxe,  à  l'instar  de  ce  que  fit,  vers 
la  fin  du  XVIIe  siècle,  Louis  XIV  pour  toutes  les  provinces 
de  son  royaume  dans  un  but  fiscal  ? 

Pour  qui  connaît  à  fond  les  archives  de  notre  ville,  la 
réponse  est  formellement  négative.  Aucun  arrêté  des 
procès- verbaux  du  Conseil,  sauf  un  seul,  celui  du  20  jan- 
vier 1642  et  dont  nous  parlerons  plus  loin,  aucun  autre  acte 
ou  document  ne  contient  même  la  plus  légère  allusion  aux 
armoiries  bourgeoises,  et  Ton  peut  hardiment  affirmer  que 
le  magistrat  s'en  est  toujours  désintéressé,  au  moins  offi- 
ciellement. Seules,  les  tribus  s'occupaient  du  blason  de  leurs 
nouveaux  membres  \  et  la  taxe  minime  prélevée  servait  tout 
juste  à  payer  le  travail  du  peintre. 

Si  toutefois  l'octroi  d'armoiries  par  les  autorités  de  Mul- 
house n'a  jamais  existé  en  tant  qu'acte  gracieux  de  souve- 
raineté, il  n'en  est  pas  moins  fort  probable  que  l'usage  de 
peindre  les  armes  sur  les  tableaux  des  tribus  a  dû  être  intro- 
duit à  la  même  date  dans  toutes  les  tribus  d'un  commun 
accord,  à  l'instar  de  ce  qui  se  pratiquait  à  Baie  ou  ailleurs. 
Dans  ces  conditions,  la  mesure  prise  n'avait  pas  de  caractère 
officiel,   mais   une  simple    valeur   documentaire   officieuse. 

Quoi  qu'il  en  soit,  une  fois  l'usage  adopté,  qui  décidait  de 
la  composition  des  armoiries  à  peindre  pour  les  membres 
nouveaux  qui  n'en  possédaient  pas  encore?  Il  est  évident 
que  ce  dernier  cas  était  fréquent,  notamment  pour  les  per- 


1  Nous  avons  relevé  la  première  mention  de  la  peinture  des  armoiries,  sur  le 
tableau  des  membres,  dans  le  registre  de  la  tribu  des  Bouchers,  à  la  date  de 
Pâques    1520. 


•,(  >nnes  qui  n  i  taieni  pas  i  n  iginaii  •  s  il  les  libres  de  la 

Suisse  i  mi  de  I  AI 

\  nol  re  a\  i         taieni  probabh  m-  m   l<     zunfti 
[ents  qui  a>  ait  ni  .1  d<  mnei  au  m<  >ins  K  ur  z\  is  (  n  I 
rence,  de  1 1  >n<  erl  a>  e<  I  inti  1  peul  être  plus  i  imple- 

menl   encore  le  peintre  h<  i  aldii  t<     I 
étaient,  au  surplus,  des  plus  simples.  Il  I       ici  nu, 

d'éviter  a>  anl  toul  de  <  i  ipier  des  arm  l  rites, 

,111  poinl  de  vue  de  la  forme  des  meubl         1  au  moins  de 
leurs  couleurs.    En  thèse  générale,  on  adoptait  des  arn 
dites  parlantes,  rappelant  ou  bien  le  nom,  ou  la  profession, 
quelquefois   aussi    les    origines    du    nouveau    venu.     Au 

XVI*  siècle  et  jusqu'au  milieu  du  wii  ,  le  meuble  ou  sujet 
adopté  n'était  guère  complique  et  consistait  la  plupart  du 
temps  en  Hausmarken,  c'est-à-dire  en  signes  spéciaux,  tels 
que  des  croix  de  toute  nature,  des  |  ordinaires  ou  re- 
tournés, agrémentés  souvent  de  croisettes,  d'étoiles  ou  dé- 
croissants. 

Cette  forme  curieuse  d'armoiries  se  retrouve  dans  les 
sceaux  et  cachets  de  la  plupart  de  nos  vieilles  familles  bour- 
geoises, au  xvc  et  au  xvie  siècle,  et  a  longtemps  distingué 
le  blason  bourgeois  du  blason  noble  '.  Ce  n'est  qu'au  milieu 
du  xvnc  siècle  qu'à  Mulhouse  même  il  y  eut,  sous  ce  rapport. 
un  changement  radical,  et  qu'on  y  adopta  des  armoiries 
complètes,  à  cimier  et  à  lambrequins  et  aux  meubles  héral- 
diques plus  riches. 

L'homme  qui  en  prit  l'initiative  n'est  autre  que  Jacques 
Henric-Pétri,  d'abord  greffier-syndic,  puis  bourgmestre  de 
1633  à  t66o,  à  qui  nous  devons  déjà  notre  première  chro- 
nique de  la  ville.  Cette  partie  curieuse  de  son  activité 
restée  inconnue  jusqu'à  présent  et  n'a  jamais  été  soupçonnée 
par  nos  historiens  locaux  postérieurs,  y  compris  Ehrsam, 


1  On    les    trouve    encore  en   grand    nombre   dans   V Armoriai    Je    h  lité 

il  Alsace,  établi  de  1696  à  1704. 


12 

[auteur  du  Bùrgerbuch^  qui,  dans  la  préface  de  son  livre, 
émet  a  propos  de  l'origine  des  armoiries  dus  familles  mul- 
housiennes  une  théorie  avec  laquelle  nous  ne  sommes  pas 
d'accord.  Nous  y  reviendrons  plus  loin. 

[acques  Henric-Pétri  était  originaire  de  Bâle  et  fut  appelé, 
en  1620,  au  poste  de  greffier-syndic  de  Mulhouse,  en  rem- 
placement de  Jean-Georges  Zichle,  également  Bâlois,  décédé 

en  mars  de  la  même  année.  Pétri  était  un  élève  de  Wurst- 
isen,  l'historien  bâlois,  et  contracta  chez  lui  le  goût  de 
l'histoire,  de  la  généalogie  et  de  l'art  héraldique.  La  généa- 
logie surtout  l'attirait,  et  l'on  possède  de  lui  toute  une  série 
d'études  de  ce  genre  qu'il  inséra  dans  sa  première  rédaction 
de  la  chronique  de  Mulhouse1,  datant  de  1626,  et  pour 
laquelle  il  obtint  du  magistrat  une  récompense  consistant 
en  un  gobelet  en  vermeil,  pesant  environ  30  onces,  aux 
armes  de  la  ville.  Il  rédigea  également  une  Histoire  de  la 
famille  des  nobles  Zu  Rhein*,  la  Généalogie  de  la  famille  Lœscher 
et  d'autres. 

En  [633,  Jacques  Henric-Pétri  fut  nommé  bourgmestre 
de  Mulhouse,  grâce  à  son  mariage  avec  la  fille  du  bourg- 
mestre Jacques  Ziegler  (plus  tard  il  s'allia  à  la  vieille  lignée 
des  bourgmestres  Hartmann),  et,  dés  lors,  il  reprit  en  sous- 
œuvre  l'histoire  de  la  ville,  qu'il  compléta  considérable- 
ment. Cette  seconde  rédaction  date  de  1640.  Elle  lui  valut 
un  nouveau  don  d'honneur  consistant,  cette  fois,  en  un 
gobelet  d'or.  Si  cette  nouvelle  version  de  Pétri  prête  le  flanc 
à  certaines  critiques,  parce  qu'elle  contient,  au  milieu  d'un 
luxe  de  détails  sur  l'histoire  universelle,  bien  des  lacunes 
sensibles  et  des  théories  erronées,  qu'explique  l'ambition  de 


1  plie  tut  publiée  de  180.}  à  1  cSe;6  dans  le  Bulletin  du  Musée  historique,  sous  le 
titre  de  :  Der  Stutt  Mfiihausen  Historien.  Un  tirage  à  part,  avec  des  illustrations  de 
C.  Spindler,  en  parut  ensuite  à  la  librairie  Bah  y. 

-  Actuellement  propriété  du  baron  Louis  Zu  Rhein,  à  Wurzbourg.  Xous  l'avons 
eue  entre  les  mains. 


la 

r.iiiuui  sou<  ieux  de  rehau  ;sei   l'é<  lai  du  .  in<     ille 

dont  il  étail  de>  enu  i  it<  i j  en  1 1  I  un  d(  s  i  h< 
deux  t hr< >nh|ih  i  n'en  r(  tenl  pas  nu >ins  un<  œuvr<  du  plus 
grand  méi  ite,  i  tanl  d(  inné  qu  elle  i  si  la  punir 

Pétri   fui   aussi   le   premiei   qui 
sa  chronique,  le  catalogue   des  boui  ml  dii 

destinées  de  la  petite  <  ité  libre  depuis  i  j  ;  late 
de  la  création  de  cette  charge  par  diplôme  du  roi  des 
Romains  Charles  IV.  Ce  catalo  ainsi  qu'il  .1  soin  de  le 
dire  lui-même,  n'esl  pas  complet,  mais  constitue  un  efl 
d'investigations  remarquable,  si  Ton  considère  le  champ  de 
recherches  restreint  que  présentaient  pour  lui  les  seules 
archives  de  la  ville  et  le  peu  de  temps  qu'il  put  y  consacrer. 
Nous  axons  l'intention  de  revenir,  dans  un  article  spécial, 
sur  ces  lacunes,  que  nous  croyons  pouvoir  combler  en 
partie,  grâce  à  des  trouvailles  laites  sur  place  ou  clans  les 
dépôts  publics  du  dehors. 

Une  fois  bourgmestre  et  sa  seconde  rédaction  de  la  chr 
nique   achevée,   Pétri   voulut  couronner  son   travail   par  la 
création  d'une  œuvre  à  la  fois  originale,  artistique  et  héral- 
dique :  celle  d'un  tableau  armorié  des  bourgmestres.  Le  20  jan- 
vier 1642,  le  Conseil  prit  l'arrêté  suivant  sur  son  initiative: 

Ein  Taffel  auff  das  Rathaus  in  die  hindere  Sruben  soll  verferti 
vnd  aile  Burgermeister  so  vor  diesen   Regiert,  mit   Ihren   Wappen 
darein  verzeichnet,  vnd  also  forthin,  wann  ein  newer  erwehlt  wird, 
continuiert  werden. 

C'est-à-dire:  «Un  tableau  sera  fait  pour  être  place  dans 
la  salle  de  derrière  de  l'Hôtel  de  ville,  sur  lequel  on  mettra, 
avec  leurs  armoiries,  tous  les  bourgmestres  qui  ont  été  en 
fonctions  jusqu'à  présent,  et  ce  tableau  sera  continue  doré- 
navant pour  chaque  nouvel  élu». 

L'idée  de  Pétri  ne  pouvait  évidemment  qu'être  sympa- 
thique à  tout  le  Conseil,  car  chacun  de  ses  membres  avait 


11  - 

des  chances  d'arriver  aussi  un  jour  à  la  magistrature  su- 
prême. Ce  fut  le  cas  pour  cinq  d'entre  eux.  Cinq  autres,  dont 
les  trois  bourgmestres,  avaient  déjà  des  blasons  en  règle,  et, 

enfin,  cinq   membres  avaient   des   bourgmestres    dans    leur 

ascendance  a  placer  sur  le  tableau. 

Voici,  a  titre  documentaire,  la  composition  du  Conseil  en 
[642.  Les  lettres  qui  accompagnent  les  noms,  signifient: 
./,  axant  déjà  des  armoiries;  /J,  descendants  de  bourg- 
mestres; /•,  futurs  bourgmestres. 

Bourgmestres  : 

Philippe  Engelmann  (A). 

Henri   Risler  (A). 

Jacques  Henric-Pétri  (A). 

I  Conseillers  : 

I)   Jean-Luc  Chmilecius  (A). 

Egmond  Witz  (l:). 

Jean  Freuler  (A). 

Jean  Steinbach  (D,  F). 

|ean  Dôbler  ou  Debler.  Originaire  de  Worms. 

Antoine  Hartmann  (D). 

Jean-Jacques  Schoen  (D,  F). 

Jean  Risler  (A). 

Balthasar  Degenfelder  (A).  Originaire  de  Liestal. 

Zunftmestres-rigents  : 

Jean-Nicolas  Cornet/  (voir  p.  44), 

Jean-I  lenri  Gutzwillcr 

Pierre  Oerlein  (Erlin). 

Pierre  Zetter  (voir  p.  88). 

Jean-Ulric  Schlumberger  (A,  1\  voir  p.  64). 

Michel  Ziegler  (voir  p.  88). 

Zunftmestres  anciens  : 

Jean-Henri  Brustlein  (D). 
Jean-Henri  Arlenspach. 
Isaac  Zuber  (voir  p.  84). 
Frédéric  Tlmrnevsen  (A). 


13 

En  deh<  »i  s  du  (  •  >nseil,  la  questit  >n  jnt<        lii  au  mi 
degré  '  h  les  ti  ibus  qui,  n  uni  I  nt, 

h  )i  maienl  <  e  qu  i  in  appelait  le  (  il  and  I  i  >w  <  il.  \« 
nons  d( >n<  également  h  s  n<  >ms  pai  ti  il 
annotations. 

Sexvirs   des   tribus  : 


i  )  Tûilleut  i  : 

[acques  Ziegler. 
Mathis  Grosheintz  (  D). 
Kilian  Stadler. 

Jean-Gaspard  Dollfus  < Il  l). 
Jean-1  [enri  Engelmann  (  .7,  D), 
fils  du  bourgmestre  ci-dessus. 


I 


[ean-Martin  Wagnei 
I  lenri  Schoen  (  I 
[ean  Burckhardt  (A). 
Christophe  Werner. 
Stanislas  Wûrth. 


j)  Bouche 


/  5 


Jacques  rellhauer. 
Jean  Ehrsam  (I)). 
Georges  Schoen  (1)). 
Michel  Arlenspach. 
Laurent  Zindel. 


j)  Boulangé 

Mathias  Schmerber  (A  I. 
Jos.sc  Grentzinger  ( . 
Appolinaire  Bûrre. 

Abraham  II i m  (A). 
Conrad  Hildenbrand. 


5)  Maréchaux  : 

Hartmann  Koechlin. 
Michel  Menckel. 
Jean-Jacques  Schwartz  (A). 
Jean-Jacques  Witz, 

fils  du  conseiller  ci-dessus 
Mathias  Arlenspach. 
Georges  Manlin. 


6)  Agriculteurs  : 

Georges  Weber. 
Daniel  Risler  (A). 
Nicolas  Hartmann  (. 

frère  du  conseiller  ci-des 
Georg  Biseckher. 
Louis  Witz, 

fils  du  conseiller  ci-dessus. 


N.  B. 


Pour  ces  derniers,  v.  pi.  XIV, 


1  Voir  à  ce  propos  notre  notice  page  88. 


—  16  — 

Le  tableau  fut  commandé  par  Pétri  à  Jean  Lûdin,  artiste 
peintre-portraitiste  de  Bâle,  On  trouvera,  dans  notre  travail 
sur    Les   Anciens  Artistes-Peintres  cl  Décorateurs  Mulhousiens 

jusqu'au  \/v   siècle*,  tous  les  détails  voulus  sur  le  peintre  et 

sur  ce  travail  spécial,  qui  lui  lut  payé  ioo  //.  Nous  ne  nous 
arrêterons    pas   davantage  a  l'exécution   des  blasons,  qui 

dénote  déjà  la  décadence  de  Fart  héraldique,  aggravée  encore 
par  le  fait  que  l'artiste  était  surtout  portraitiste.  Ces  défauts 
sont  du  reste  rachetés  par  d'autres  qualités,  notamment  par 
la  beauté  des  figures. 

Il  va  de  soi  que  Pétri  dut  fournir  à  Lûdin,  non  seulement 
la  liste  des  bourgmestres,  mais  aussi  le  croquis  de  leurs 
armoiries.  Or,  c'est  ici  que  sa  fantaisie  put  se  donner  pleine 
carrière.  Pour  les  familles  éteintes  avant  Tan  1500,  les 
données  nécessaires  lui  manquaient  en  général.  Les  sceaux 
de  beaucoup  de  titulaires  faisaient  défaut,  pour  la  période 
première,  aux  archives  memes,  et  c'est  pour  cela  qu'il  se  con- 
tenta d'inscrire  sur  le  tableau  les  noms  et  prénoms  de  ceux 
qui  lui  faisaient  défaut,  avec  les  dates  où  certains  documents 
les  signalaient  en  exercice.  Nous  avons  eu  la  bonne  fortune 
de  retrouver  quelques-uns  de  ces  sceaux  à  Colmar  et  à  Bâle, 
sources  auxquelles  Pétri  n'aura  pas  songé  à  aller  puiser.  Ce 
sont  :  Heitzmann  Birin  (1398),  Claus  Hûgenheim2  (1408), 
II.ws  ou  plutôt  Henselin  Mùller  (1398),  Claus  Boïhart 
(1.I78),  Hans  Ulrich  Gerber  (f  1524),  qui  s'appelait 
en  réalité  Karrer  et  était  tanneur  (Gerber)  de  sa  profes- 
sion —  et  Erhart  Scharpel  (f  1355). 

Si  nous  citons  ici  ces  six  blasons  manquants,  ce  n'est  pas 
pour  en  faire  un  reproche  à  Pétri,  qui  en  ignorait  l'existence. 
Aussi  bien,  sa  liste  de  bourgmestres  a,  comme  dit  plus 
haut,  une  lacune  plus  grave;  il  y  manque  une  trentaine 
de  personnages  ayant  exercé  à  Mulhouse  la  première  magis- 


1  Paru  eu  1908  et  couronne  par  l'Académie  française. 
-  Et  non  Claus  von  Hûgelnheim. 


1  1 


i0ooooo0o 


Bgm1398 


Ooooo0o 


l  *Mim   I? 


°°ooooo° 


\©lin   M  . 


■      ■ 


Claus  Bdhart 


Jean-UInc   Karror 
Bgm1^97-152A 


Erhart  Scharpff 
Bg»  1526-1555 


Danjel  Ehrsam 
B9»n.C*ufner16lA. 


Daniel  Ehrsam 
Bgm  1613-1617 


Jacques  Schoen 
Bp  1553-1574 


Schoen 
Bgb  (EL- 


Caufrier  Daniel  Ehrsam 
2e  côté 


trature.    \«  >tre  but  est  autn    i  ai  l<  ■ 

ii.ni  .1  l.i  thèse  qui  fait  I  < >bjel  de  la  ( 
que  les  ai  nu  >ii  ies  b<  >ui  ■■ 

d'une  simplii  ité  <  ara<  t(  i  i  ;tiqu<  ntanl  prei  que  l 

des  attributs  de  m<  nu .    ans  <  imi<  i  imbrequi 

Pai  exemple,  I  lenselin  Mûllei  .1  dan  ■    on  mi- 

roue  de  moulin  ;  (  llaus  Boïhart,  qui  était  (  <  trdonniei 
une  fleur  Je  lis  .1  dextre,  un  soulier  à  la  poulain»  tre; 

Hans  Ulrich   Karrer,  tanneur,  deux  peloirs  Je  tanneur  en 
sautoir,  ci  Erharl  ScharpfF,  boucher,  un  couperet  de  bouch 

Nous  les  reproduisons  en  tête  Je  notre  planche  I. 

Nous  verrons  tout  a  l'heure  que  les  sceaux  des  contem- 
porains Je  Pétri  étaient,  a  Je  rare  ptions  prés,  l< 
la  même  enseigne  au  point  Je  vue  Je  la  simplicité. 

Pétri  prit  sur  lui  Je  relever  les  armes  trop  primitives  de 
ses  collègues,  au  moins  pour  les  plus  récents.  Il  y  tut 
amené  par  plusieurs  raisons,  dont  la  principale  était  cer- 
tainement le  désir  Je  donner  au  tableau  des  bourgmestres, 
dû  à  son  initiative,  une  apparence  plus  cossue,  plus  artistique, 
plus  décorative,  Y  était-il  autorise?  Certes,  et  voici  quels 
sont,  à  notre  avis,  les  raisons  qui  ont  dû  lui  dicter  sa  con- 
duite et  la  justifier  pleinement: 

En  premier  lieu,  il  ne  tant  pas  oublier  que  Pétri  était  al< 
bourgmestre,  Jonc  chef  d'Etat,  qu'il  a  dû  consulter  ses  Jeux 
collègues  Henri  Risler  et  Philippe  Engelmann,  sans  compter 
les  familles  alors  encore  représentées,  et  que  dés  lors  toute 
amélioration  (Wapperibesserung)  d'anciennes  armoiries  était 
parfaitement  légale,  aussi  bien  que  s'il  y  axait  eu  lettres- 
patentes  d'un  roi,  empereur  ou  prince. 

D'ailleurs  Pétri  avait  encore  personnellement  une  espé 
Je  raison  le  poussant  à  s'arroger  le  droit   d'octroyer  des 
armoiries.    11  était  le  fils  Je  Jacques  Henric-Petri  (7  1641), 
juriste  distingué  Je  Baie,  à  qui  l'empereur  Mathias  avait 
conféré,  en   1612,  en  dehors  Je  la  noblesse  héréditaire  Je 


18  - 

l'empire,  le  titre  de  comte  palatin  (Pfal^graf),  charge  qui 
comportait  précisément  le  privilège  de  concéder  des  lettres 
d'armoiries  au  nom  du  souverain.  Il  axait  donc  de  qui  tenir. 

I  /amélioration  des  blasons  primitifs  miilhousiens  que  Pétri 
avait  alors  SOUS  la  main,  partait  certainement  du  désir  de 
leur  donner  a  tous  la  même  valeur  héraldique.  11  est  naturel 
qu'il  ne  voulait  pas  créer  deux  catégories  d'armes,  ce  qui 

pour  une  même  série  de  fonctionnaires  supérieurs  eût  fait 
mauvais  effet.  Lui-même  possédait  un  blason  déjà  ancien, 
octroyé  par  l'empereur,  et.  a  Bâle,  toutes  les  familles  impor- 
tantes axaient  le  leur  dans  les  règles  de  l'art,  depuis  plus 
d'un  demi-siécle.  On  peut  s'en  convaincre  en  feuilletant  la 
Bassler  Chronick,  publiée  par  Christian  Wurstisen  en  1380. 
Ses  deux  collègues  étaient  dans  le  même  cas.  La  famille 
Engelmann,  originaire  de  Strasbourg,  avait  de  vieilles  armes, 
de  même  les  Kisler,  venus  de  Porrentruy,  où  leurs  ancêtres 
étaient  de  hauts  fonctionnaires. 

N'oublions  pas  non  plus  que  le  tableau  des  bourgmestres 
débute  par  une  dizaine  de  bourgmestres  nobles,  et  qu'il  était 
humain  de  la  part  de  Pétri  et  de  ses  collègues  de  mettre  les 
blasons  bourgeois  à  leur  hauteur.  Rien  ne  s'v  opposait, 
Mulhouse  était  un  Etat  libre,  ses  décisions  étaient  souve- 
raines et  avaient  force  de  loi.  Bien  que,  dans  le  cas  parti- 
culier, il  n'y  eût  pas  de  décision  héraldique  écrite,  figurant 
au  registre  des  procès-verbaux  du  Conseil,  la  confection  du 
tableau  armorié  fut  l'objet  d'un  arrêté,  et  comme,  après  son 
achèvement,  il  fut  adopté  sans  critique  (du  moins  en 
séance),  ce  tableau  constitue  bel  et  bien  un  document 
officiel  irréfutable  et  définitif. 

L'impulsion  donnée  par  Pétri  à  fart  héraldique  porta  ses 
fruits  et,  sauf  une  exception  \  où  les  meubles  sont  encore 


1  Luc  Liebach,  bourgmestre  en  1 6 tS  5 .  dont  L'écussoa  est  encore  chargé  d'un  4 
à  traverse  croisetée  terminée  en  pointe  par  ses  initiales  L  B.  Par  contre,  il  a  un 
cimier  et  des  lambrequins  en  règle. 


m 


des  plus  simples,  le  •  blas<  m  i  d<     bourgm*   i 
onl  belle  allure  1 1   ■<  >nl  int(  r<  •  an! 

A  l'appui  de  ce  qui  pr<      I    on  trou         >ur  nos  plai 
une  séi  ie  de  s<  eau  .  et  d(  i  a<  hets  cou  Je 

Mulhouse,  a>  ec,  en  1 i  gard,  les  ai  m<  »i 
rieuremenl  sur  le  tableau  des  b<  iui  d<  Pétri  ou  d< 

nées  autre  part,  Ils  ne  laissent  aucun  dout<  e  que  n< 

venons  de  due,  à  savoir  que  les  armoiries  boui  jus- 

qu'en [642,  donc  avant  l'intervention  de  Pétri,  n'étaient  j 
les  mêmes  que  ailes  qu'il  a  fait  peindre  sur  le  tableau  de  i 
bourgmestres.  Autant  les  unes  sont  simples,  sans  cimiei 

lambrequins,  autant  les  blasons  nouveaux  sont  complets  et 
composes  suivant  les  bons  principes  héraldiques. 

Nous  leur  consacrons  plus  loin,  au  chapitre  III.  des  n< 
tices  détaillées.  Les  familles  de  bourgmestres  y  figurent  a 
leur  rang  alphabétique. 


a  A  A  *4  +  +  «  <r~  <r-<r~  <r  *r-*r 


h. 

LE  TEXTE  ET  LES  ARMOIRIES  DU  •  BURGERBUCH  >. 

Pour  compléter  cette  étude  spéciale  il  nous  reste  à  parler 
encore  du  Bùrgerbuch  cTEhrsam,  paru  en   [850,  et  qui,  au 

point  Je  vue  des  armoiries  mulhousiennes,  constituait  jus- 
qu'ici le  seul  document  du  genre.  Ce  livre  en  donne  144, 
reparties  sur  12  planches  coloriées. 

Mais  axant  d'en  aborder  la  critique,  il  n'est  pas  hors  de 
propos  d'examiner  d'abord  le  texte  publié  par  Ehrsam.  Tous 
ceux  qui  ont  travaillé  aux  archives  de  la  ville  de  Mulhouse, 
ont  pu  se  rendre  compte  que  ce  texte  ne  répond  pas  exacte- 
ment à  celui  du  Bùrgerbuch  original  y  déposé,  mais  qu'il  a 
ete  considérablement  augmente  par  l'auteur.  De  (ait,  il  existe  aux 
archives  deux  registres  appelés  Bùrgerbuch.  Le  premier  est 
bien  celui  dont  parle  Ehrsam  et  dont  il  donne  l'en-téte 
caractéristique.  Il  forme  un  cahier  de  feuilles  de  parchemin^ 
sur  lequel,  chose  curieuse,  les  intéressés  sont  inscrits  dans 
l'ordre  alphabétique  des  prénoms.  Voici,  à  titre  de  spécimen, 
Ten-téte  du  livre  avec  les  inscriptions  de  la  lettre  A  : 

2h\no  bomini  bufenbt  fûnff* 
haubert  fftnffctg  vnù  $vcy  ojf  bonftag  ben  britten 
juuy  DJj  befelcb  vnb  erfcmtnus  eincs  erfamen 
2\babts  aile  burejer  (0  uoeb  in  leben  jhtb,  besglicbeuu 
ber  abgangnen  burger  namen,  bie  nodj  Kinber  bin- 
ber  iimeit  oerloffett,  von  uiïwem  bem  alphabet  nriber 

befebriben  roorben, 

Annthenng  Benner,  Ackerman. 
Anndres  Kratz,  der  goldschmit. 


'I 

Anndi      I .     hlci ,  dci  s<  hnidci . 

Anthoni  Senglin,  M<  i  ■■<  i . 
Ambro  'in  •  Stammli 

xiii  ,    •M,II<, 

Anthoni  l  lai  tman        | 

ard  burgermeistei  .  I  I 

Augustin  I  ïs<  Iniiii 

AJ.im  [nntz,  dei  S<  yrler,  A 

Andn  s  Ka<  hlci ,  \  I   nntw  uc  h<  n  d<  ii    I  I 

Albre<  lu  I  [auseï ,  d<  i  Wagner,  Anno  9 

Anthoni  Senngelin   I  ,  . 

y  Jeu  1  j.  h    .    \    [598. 

Anthoni  S(  hambseï ,  [2.  Dec.   [604. 

Andres  S<  h(  rz,  vl  dato. 

Abraham  I  luet,  den  2.  Dec.  u 

Ambrosius  Stambler,  Anno  1 6  1 

Adam  Rotackher,  den  >.  [uni  1 6  ; 

Anthoni    Hartmann,    Peter    Hartmanns   dess   àlterei 

2.  Juni  [617, 
Anthoni  Sengelin,  der  jung,  24.  aprilis  [620. 
Anthoni  Knobloch,  Heinrich  Knoblochs  seeh  sohn,  den  2 

bris  1620. 

Anthoni    Hartmann,    llanns   Hartmanns  sohn,  den    J.    [0        1627. 

Andres   Khaehler,    Andres  Khachlers   sohn,    den    S.   Juni   A     1635. 

Andres  Dietsehe  /    ,  . 

,  den  2).     uni   1635. 

Abraham  Hirn      * 

Adolph  Lanng,  denn  14.  Jenner  1637. 

On  constatera  que  les  premiers  noms  ne  portent  pas  de 
date:  ce  sont  ceux  des  personnages  vivant  encore  en  1552. 
Les  suivants  portent  des  dates  au  fur  et  a  mesure  de  la  ré- 
ception à  la  bourgeoisie  privilégiée.  Les  inscriptions  dans 
ce  premier  livre  cessent  avec  Tannée  1 6 4 1 .  Pendant  un 
demi-siècle  environ,  on  négligea  de  noter  les  nouveaux 
bourgeois  admis,  sans  doute  parce  que  les  réceptions  figu- 
raient dans  les  registres  des  procès-verbaux  du  Conseil 
(Rathsprotokolle).  Ce  n'est  qu'en  1708  que  le  greffier-syndic 


1  Cette  annotation  est  postérieure  et  de  la  main  de  Pétri, 


._  22  

fean-Henri  Reber  reprit  ce  contrôle  en  mains.  Dans  ce  but, 
il  ouvrit  un  nouveau  registre,  portant  le  titre  de:  Privile- 
girtes  Burger-Buch  der  Statt  Mùlhausen,  dans  lequel  il  com- 
mença par  transcrire  toutes  les  indications  du  premier  livre 
axant  trait  aux   familles  existant  encore  a  son   époque,  qu'il 

compléta  par  les  inscriptions  du  Rathsprotokoll  de  1642  à 
1 70S.  Il  négligea  les  familles  éteintes.  Cette  transcription  est 
reconnaissable  par  le  fait  que  c'est  bien  récriture  de  son 

époque,  et  que  les  premières  lignes,  quoique  de  dates  bien 
antérieures,  sont  de  la  même  main.  Ce  livre  lut  ensuite  tenu 
à  jour  jusque  vers  1760.  Après  cette  date,  les  mentions 
postérieures  sont  très  clairsemées  jusque  vers  1783,  et  pour 
quelques  familles  seulement. 

Les  inscriptions  dans  ce  second  registre  sont  tout  aussi 
sommaires  que  dans  le  premier.  En  voici  un  spécimen,  pour 
la  famille  Scboen  : 

Page  519         Jacob  Schôn,  war  Burgermeister  A°  1553. 
Heinrich  Schôn,  der  Seckhler  A°  1580. 
!  leinrich  Schôn,  A°  1 595. 
Isaac  Schôn,  der  Weissgerber,  Mr  Jacob  Schônen  des  Rat  lis  Sohn, 

den  20ten  february  A°  1598. 
Hanss  Schôn,  den  13.  xbris  A°  1598. 
Micbael  Schôn,  A°  1604. 
Jacob  Schôn,  Mr  Heinrich  Schônen  des  Seckhlers  seel.  Sohn,  den 

27.  April  A°  1606. 
Hanss  Heinrich  Schôn,  den  3.  xbris  A°  1621. 
Gôrg  Schôn,  den  17.  cjbris  A0  1623. 
Heinrich  Schôn,  der  Kûefter,  Herrn  Jacob  Schônen  sel.  Sohn,  den 

27.  April  A°   1628. 
Isaac  Schôn,  Herrn  Zmr  Jacob  Schônen   sel.   Sohn,   den   22.   febr. 

A0  1636. 
Jacob  Schôn,  Heinrich  Schônen  Sohn,  den   11.  May  A°  1657. 
Hanss  Gôrg  Schôn,  herrn  Zmv  Gôrg  Schônen  Sohn,   den  29.  Junv 

A"  .657. 

Page  J20  Herr  Jacob  Schôn,  Herrn  Bgmr  Johann   Jacob  Schônen   Sohn,  den 

6.  Aug.  A°  1666. 


Thiébaii 

1585 


pi.h 


Jean    Hartmann 
1569 


Antomf  ann 

16C 


Vérène    Hartmann 
1617 


Jean  Hartmann 
1585-1602 


Antoine  Hartmann 
Bgm  1607- 


Nicolas    HoFer 
1599 


Nicolas    Ho  fer 
Bgm.1626-1630 


|a<  ob  S<  hôn,  I  hônen  Sohn,  d<  n  i 

(ohaniK  •  S<  hôn,  l  hôn<  n  k  el.  Sohn,  d 

I  Icini  u  li  S<  hôn,  lsaa<  V  hôn*  n 

loh.iniu  s  S<  hfln,    Mi  iin   I  [an      Gôrg   Schônci    i  h<  I.   Sohn,  d( 

[8    |im\    v    [683. 
Johannes  &  hôn,  aul  M< >ntag  d<  n  13.  cbi is  A 
I  [anss  facob  &  hôn,  aul  Moi  1  708. 

Heinerich    Schôn    obgcmclten   [acob  Schônen  ehlichen  Sohn, 

Montag  den   >'  xbi  is  171 
[ohannes   Schôn,   obigen    [ohannes  Schôn   des   ïlteren  Sohn, 

Moni. ig  den  9,  Api  il  1714. 
Il.iiiss  G(  ibgedachten  Herrn   [ohannes  Schônns  ehel.  Sohn, 

\  1  Montag  den  17.  7bre  171  1 . 
Herr    [ohann    Bernhard    Schôn,   obigen  Joham  hônen    d< 

ïlteren  Sohn,  den \    [715. 

An  ton  i    Schôn,  ehnetgedachten  Jacob  Schônen  ehel.    Sohn,   aul    I 

Montag  den  6un  May  1 720. 
Hanss  Jacob  Schôn,  obigen  II.  [ohannes  Sciions  sel.  ehel.  Sohn, 

auf  Montag  den  23""  Augusti  1723. 
Johann    Heinrich   Schôn,   [ohanns  Schônen   sel.   ehl.   Sohn,  aul 

Montag  den  9len  July  [731. 
Herr  Jeremias  Schôn,  weyland  Johannes  Schôns  des  Weissgerlx 

ehel.  Sohn,  auf  Montag  den  27/^  tebr.    1735. 
Herr  Johannes  Schôn,  hieruber  untenbemelten  Herrn  Hanss  Bern- 
hard Schônen  ehelicher  Sohn,  auf  Montag  den  12.  Marty  1742. 
Johannes   Schôn,    hieruber    gemelten     Herrn    Johannes    Schônen 

ehel.  Sohn,  auf  Montag  den   3.  xbris  1742. 
Johan  Bernhard  Schôn,   hieruber  gemelten  Johannes  Schôns  ehel. 

Sohn,  auf  Montag  den  21.  Jenner  1743. 
Hannss  Jacob  Schôn,   obigen    Hannss  Jacob   Schôns   ehel.    Sohn, 

auf  Montag  den  19.  Jenner  1750. 
Johannes  Schôn  jiïnger,  der  Ferber,  obigen   Hannss  Jacob  Schôns 

ehel.  Sohn,  auf  Montag  den  18.  febr.   1754. 
Hanss  Georg  Schôn,  des  Schneiders  seel.   Sohn,   aul   Montag  den 

2ten  Juny  1755. 

Si  Ton  compare  cet  extrait  avec  le  même  article  Schoen 
publié  par  Ehrsam  dans  son  Bùrgerbuch,  on  verra  que  ce 


24 

dernier  a  singulièrement  augmenté  le  texte  original,  et 
cela  en  ajoutant,  autant  qu'il  a  pu,  les  femmes  des  inté- 
resses, leurs  fonctions  et,  par-ci  par-là,  quelques  notes  con- 
cernant des  missions,  des  campagnes,  etc.  Dans  ce  but,  il  a 
utilise  les  registres  de  mariages,  les  registres  des  procès- 
verbaux  des  séances  ou  chaque  année  figurent  les  nouveaux 
fonctionnaires,  les  registres  du  tribunal  pour  les  nominations 
cféchevins,  etc. 

L'utilisation  du  registre  des  mariages  par  Fauteur  du 
Bûrgerbuch  partait  de  ce  point  de  vue  que  la  réception  des 
fils  de  bourgeois  au  droit  de  bourgeoisie  coïncidait  depuis 
1615  environ,  en  thèse  générale,  avec  le  jour  de  leur  ma- 
riage. Seulement,  ce  système  avait  certains  inconvénients  ], 
car  non  seulement  il  acceptait  ainsi  comme  bourgeois  pri- 
vilégiés des  homonymes  n'y  avant  jamais  eu  droit-,  mais 
il  obtenait,  par  la  même  occasion,  une  liste  supplémentaire 
de  noms  de  la  même  famille,  qui  n'existaient  pas  au  Bûrger- 
buch original  manuscrit.  Or,  ces  manquants  à  l'appel  étaient 


1  Le  plus  fâcheux  de  ces  inconvénients  réside  dans  le  fait  que  beaucoup  de  bour- 
geois s'étant  mariés  deux,  trois  lois,  il  était  difficile,  sans  recherches  approfondies, 
de  caser  ces  épouses  multiples  exactement,  lorsque,  ce  qui  était  souvent  le  cas,  le 
même  prénom  se  présentait  une  série  de  lois  dans  une  famille.  Kbrsam  s'en  est 
généralement  tiré  en  répétant  les  personnages  de  même  nom,  ce  qui  lui  donnait  plus 
de  bourgeois  reçus  qu'il  n'y  en  avait  en  réalité.  Le  cas  le  plus  curieux  de  ce  genre- 
est  un  certain  H  ans  Jacob  Hartmann^  hôtelier  du  Raisin,  de  la  branche  de  Bretten, 
qui  s'est  marié  cinq  lois  : 

1.  le  21   septembre   1722,  à  Rosine  Blech, 

2.  le  23  juillet  17-12,  à  Elisabeth  Frey, 

3.  le  25  juillet  1756.  à  Elisabeth  Jelensperger, 

4.  le  16  avril   1766,  à  Marguerite  Dollfus,  et 
).  le  27  juin  1  78 1 ,  à  Jeanne  Grosheintz. 

L'auteur  du  Bûrgerbuch  en  fait  cinq  personnages  différents  reçus  à  ces  dates  à  la 
bourgeoisie  privilégiée!  Dans  le  manuscrit  du  rôle  des  bourgeois,  il  ne  figure 
évidemment  qu'une  fois,  ce  qui  aurait  dû  le  frapper.  Mais  il  v  a  mieux.  Dans  le 
registre  des  mariages,  à  l'inscription  de  l'union  du  27  juin  1 7 8 1 ,  le  pasteur  a  mis  en 
note:  Dièse  ist  seine  fini  fie  Frau:  Celle-ci  est  sa  cinquième  femme. 

2  Par  exemple,  la  lignée  des  Martin  Gisler,  de  Bâle,  cousin  du  greffier-syndic 
André  Gisler. 


I 


• 


m 


Rorr 

63 


Chrétien  Wagner 
1481 


Léonard  Wagner 
-1481 


François  Roppolt 
-1590 


Pierre  Wagner 
Byn.1452- 14*50 


Werner  Wagner 
Bgm.1504-1525 


Bjn151*--529 


Jacob  Wurm 

Ammestne  à  Strasbourg ,14-89-1498 


François  Wurms 
Bgm.1556-1574 


i  ;émenl   d<  qui   n 

à  l.i  boui  g<  i  >isie  privil  \  îl  qu  il        lient   I 

le  délai  pres<  i  il  p(  >ui   s<   fain   insi  i  il  l  que,  du  fait  de 

leui  mai  iag(   a>  e<   une  femme  n  aj  anl   ,       pu  ju  i         de 
la  pracstatida  ou  fortune  requise,  le  Conseil  I  l        lus 

du   privil<         I  )és  I»  »i  •  .  il     n  étaient   plus  que  boui 
manant  ou  Bùrgerlicht)  Hindersàss,  d(         le  bourgeoisie  un 
peu  inférieure.   (  les  t  as  furent  plus  noml  \\i(  n  ne-  le 

suppose  ci  se  produisirent  dans  presque  toutes  les  familles. 

Voici,  à  l'appui  Je  ce  qui  précède,  la  traductit  »u  d'un  curie 
document  du  28  juin   r627,  qui  ne  laisse  subsister  aucun 
doute  à  cet  égard.  Il  est  de  la  main  Ju  greffier-syndic  Pétri 
et  figure  au  Contracten-Protocoll  [627-1628,   II.  A.  n     14, 
page  46b  : 

BOURGEOIS  ET  MANANTS. 

Document  relatij  à  lu  différence  cuire  les  deux  sortes  de  bout 

à  Mulhouse. 

Il    est    porte    à    la    connaissance    de   tous    que    ce    jour,    a    la    date 
indiquée   plus   bas,    s'est    présenté    personnellement   à    la    Chancellerie 

de  Mulhouse,    l'honorable  et  modeste   Mathias  Schmcrber,    bc 
et  hôtelier  de  la  Lune,   nous  informant  comme  quoi  MM.  les  zunft- 
mestres  de   la   tribu   des   Bouchers   de   notre  ville  ont  fait  délivre 
son    beau-fils   Mathias    Risler,    boucher,    un    certificat   d'apprentis 

sous  le  sceau  de  leur  tribu.  Mais  comme  dans  cette  pièce  son  patron, 
maître  Georges  Franck,  est  qualifié  de  bourgeois-manant,  il  a  été 
soulevé  de  ce  tait  autre  part  quelque  doute  et  erreur,  que  ledit, 
qualité  de  manant,  n'était  pas  en  droit  d'apprendre  son  métier  à  un 
jeune  homme.  Dans  ces  conditions,  le  susmentionné  demande  in- 
stamment qu'il  lui  soit  délivré  une  attestation  écrite  de  la  différence 
existant  entre  les  deux  sortes  de  bourgeois  de  la  ville.  Vu  que 
l'attestation  de  la  vérité  ne  saurait  être  refusée  à  personne,  mais  qu'elle 
doit  être  communiquée  au  requérant  en  toute  équité,  lorsque  celle- 
ci  est  demandée  légalement,  il  est  attesté  par  le  présent  qu'ici  à  Mul- 
house il  y  a  eu  de  tout  temps  deux  sortes  de  bourgeois  indigènes,  et 


—  26  — 

que  la  différence  entre  eux  ne  consiste  qu'en  ceci  que  les  uns,  le 
plus  petit  nombre-,  possèdent  certaines  franchises  élans  leur  propre 
demeure,  qui  ne  sont  pas  révélées  à  tout  chacun  et  qu'ils  ne  con- 
naissent pas  eux-mêmes  pour  la  plupart  ;  ceux-ci  sont  appelés 
bourgeois.    (      droit  de   bourgeoisie   n'est  vendu  à  aucun  étranger, 

quel  qu'il  SOÎt,  qui  vient  seulement  de  demander  à  se  fixer  ici.  Les 
autres,  le  plus  grand  nombre,  a  paît  cette  franchise  domiciliaire, 
sont  traités  en  tout  point,  comme  considération,  dignités,  honneurs, 
franchises  et  droits,   absolument   sur  le    même  pied,   sans  autre  avan- 

e  ou  différence,  de  telle  sorte  qu'ils  ne  sont  pas  à  distinguer  les 
uns  des  autres,  qu'eux-mêmes  aussi  ont  l'habitude  de  s'appeler 
bourgeois,  entre  eux  ;  qu'il  arrive  que  deux  fils  de  bourgeois  nés 
dans  la  ville,  et  frères,  peuvent  être  l'un  bourgeois,  l'autre  bourgeois- 
manant.  Cependant,  à  la  Chancellerie,  en  vertu  d'un  usage  ancien  et 
pour  les  distinguer  entre  eux.  les  derniers  sont  dénommés  bourgeois- 
manants,  mais  sans  préjudice  à  leur  honneur,  attendu  qu'en  réalité 
ils  sont  de  lait  eux-mêmes  bourgeois  et  fils  de  bourgeois,  et  d'ailleurs 
bien  supérieurs  en  nombre  aux  premiers. 

En  loi  de  quoi,  et  comme  attestation  conforme  à  la  vérité  et  ne 
prêtant  à  aucun  doute,  le  présent  écrit,  muni  du  sceau  héréditaire 
du  noble,  honorable  et  savant  sieur  Jacques  Henric-Pétri,  greffier- 
syndic  à  Mulhouse  (mais  sans  préjudice  pour  lui  et  ses  héritiers)  a 
été  délivré  le  samedi  28  juillet  de  l'an   1627  !. 

Comme  conclusion,  nous  reconnaissons  volontiers  que 
le  texte  même  du  Bûrgerbuch  d'Ehrsam,  malgré  ses  additions 


I  Cette  différence  de  bourgeoisie  est  déjà  signalée  dans  la  Chronique  du  Bâlois 
André  Rvfï,  dont  nous  avons  publié  la  partie  relative  à  Mulhouse  dans  le  Bulletin 
du  Musée'  historique  de  icS8o.  On  y  lit,  page  }8,  le  passage  suivant,  sous  le  titre  de 
Burgrechi  ou  droit  de  bourgeoisie  : 

«Quant  au  droit  de  bourgeoisie  de  cette  ville,  elle  est  la  suivante:  Le  plus  grand 
nombre  des  habitants  sont  des  manants  (Muclersiisseu),  cependant  ils  ont  plus  de 
droits  que  les  manants  de  beaucoup  de  villes,  et  ils  ne  peuvent,  sans  cause  grave, 
jamais  être  expulsés  de  la  cité.  • 

«  Les  bourgeois,  eux,  ont  de  grandes  franchises  spéciales  octrovées  par  les  rois 
et  empereurs,  dans  les  cas  de  meurtre  et  dans  d'autres  cas,  qui  dépassent  les  fran- 
chises des  manants,  etc » 

II  a  paru  un  tirage  à  part  de  ce  travail,  augmenté  de  546  armoiries  lithographiées 
et  de  }  planches  en  phototvpie,  sous  le  titre  de  :  Une  Chronique  suisse  inédite  du 
-V'7e  siècle  (Circkell  der  EidtgnoschaUt  von  Andréas  Rvh),  par  ERNEST  MEININGER. 
Bile,  1892,  chez  Adolf  Geering,  éditeur. 


trop  soin enl  sujette         auti< >n,  nen  c< institut    p*    m( 
un  n.i\ ail  d'un  i ei tain  méi ite,  qui  .1  rendu  d 
une  époque  où  il  n'existait  1  no  >re  1  ien  sui  l'histt >ii 
familles.    Il  peul   d'ailleui  en  n  ndn    aujourd'hui, 

mais  à  la  condition  d'un  contrôle  qui  aujourd'hui  est  d< 
la  base  môme  de  la  s<  ien(  (  hist(  n  iqu< 


\\){\y  la  deuxième  partie  de  son  travail,  les  armoiries 
ajoutées  au  texte,  Ehrsam  n'a  pas  trouvé  d'armorial  aux 
archives  mêmes.   Cela  ressort  de  toute  évidence  de  ce  que 

nOUS  avons  dit  plus  haut,  a   propos  du  tableau   des  bon 

mestres  créé  par  Pétri  en  16 42. 

Dans  sa  préface,  l'auteur  du  Bùrgerbucb,  après  avoir  énu- 
méré  les  privilèges  dont  jouissaient  autrefois  nos  bourgeois, 
en  vertu  des  franchises  octroyées  à  la  ville  par  les  rois  et 
empereurs,  y  ajoute  un  dernier  en  disant  qu'ils  avaient  les 
qualités  requises  pour  recevoir  des  armoiries  et  pour  rire  admis  aux 
tournois  (fVappen*  und  Turnicrfàhig). 

Les  diplômes  successifs  des  franchises  municipales  en 
question  sont  muets  à  cet  égard,  mais  ce  que  nous  avons 
dit  dans  le  premier  chapitre  de  notre  article  est  d'accord  avec 
le  premier  point,  celui  avant  trait  à  la  faculté  de  recevoir 
des  armoiries.  Nous  avons  même  vu  que  le  bourgeois  mul- 
housien  pouvait  en  adopter  à  son  gré. 

Mais  pour  ce  qui  concerne  l'admission  aux  tournois,  c'est 
une  autre  question.  Ce  privilège-là  était  exclusivement 
réservé  à  la  noblesse,  et  bon  ne  voit  pas  trop  un  artisan, 
voire  un  marchand  mulhousien  prendre  part  à  ces  joutes  de 
la  féodalité  au  Moyen-âge1.  La  vérité  est  que  seuls  les  bour- 


1  Les  descendants  des  bourgeois  de  Mulhouse  anoblis  en  Autriche,  tels  que  les 
Frics  et  les  Franck,  n'ont  jamais  pu  être  reçus  dans  certains  chapitres  nobles,  où  il 
fallait  prouver  huit  ou  seize  quartiers  sans  roture.  Seuls,  ceux  des  villes  de  Nurem- 
berg et  d'Augsbourg  étaient  dispensés  de  cette  formalité. 


—  28  — 


geois  nobles  de  Mulhouse,  les  Dornach,  les  Ulzach,  les 
Ferrette,  etc.,  jouissaient  d'une  semblable  prérogative,  à 
l'exclusion  des  corps  de  métier. 

Ehrsam  n'indique  pas  d'où  il  a  tiré  les  armoiries  publiées 
par  lui.  C'est  regrettable.  Toutefois,  un  heureux  hasard  nous 
a  renseigné  à  cet  égard.  En  effet,  nous  axons  encore  connu 
l'artiste  qui  a  lait  cette  partie  du  travail,  et  nous  l'avons 
interrogé  a  ce  sujet,  il  v  a  une  vingtaine  d'années.  D'après 
ses  renseignements,  rauteur  du  Bùrgerbuch  a  utilisé  un  cer- 
tain nombre  de  dessins  de  blasons  et  des  cachets  qui  exis- 
taient encore  à  cette  époque  dans  les  familles.  D'un  autre 
côte,  il  axait  à  sa  disposition  une  petite  série  de  plaques 
armoriées  adaptées  aux  stalles  de  l'ancienne  église  Saint- 
Hticnne1.  Ces  places  étaient  alors  encore  héréditaires  dans 
les  familles. 

Enfin,  il  s'est  aussi  servi  de  quelques-uns  des  tableaux 
armoriés  qui  se  trouvent  aujourd'hui  au  Musée  historique-. 
Chose  curieuse,  Ehrsam  ne  paraît  pas  avoir  exploité  le 
tableau  des  bourgmestres,  ou  du  moins  seulement  super- 
ficiellement. En  effet,  pour  sa  propre  famille,  il  n'en  a  pas 
tenu  compte,  car,  au  lieu  de  reproduire  les  armes  des  deux 
bourgmestres  Ehrsam  que  nous  reproduisons  planche  I,  il 
lui  a  donné  ce  qu'on  appelle  un  blason  d'alliance. 

Sans  nul  doute,  Ehrsam  a  dû  se  laisser  induire  en  erreur 
par  une  plaque  d'église  provenant  de  l'un  des  deux  membres 
de  sa  famille  avant  épousé,  au  XVIIIe  siècle,  une  demoiselle 
Schoen,  soit  de  Jean-Rodolphe  Ehrsam,  qui  avait  pour 
femme  Anna  Schoen,  ou  d'Isaac  Ehrsam,  qui  avait  épousé 


1  Le  Musée  historique  en  détient  quelques-unes,  ainsi  que  M.  Karl  Franck,  son 
ancien  conservateur. 

-  Celui-ci  possède  en  outre  quelques  autres  tableaux  armoriés,  des  sceaux,  des 
gaufriers,  etc.,  que  nous  avons  consultés  pour  la  suite  de  ce  chapitre,  où  nous 
rectifions  une  série  de  blasons  erronés. 


— 

Marguei  ite  &  h<  >en.    Les  ai  mes  d  i  l 

menl  celles  que  Pun  d  eu  ■  a  ajouta  i  m  blas  m. 

Le  lecteur  trouvera  plus  loin,  au  chapitre  III.  la 

rubrique  Ehrsam,  toutes  1  >n 

iKiiu  ce  blason  d'alliance  el  celles  qui  onl  trait  au  gaufrier 
du  bourgmestre  I  Daniel  Ehrsam,  portant  l.i  il 
que  nous  reproduisons  planche  I  à  titre  documentaire.  A 
lire  aussi  l'article  Schoen,  du  môme  chapitre. 

Enfin,  pour  tous  les  autres  blasons  qu'il  n'a  pas  pu  trouver 
dans  les  familles,  dont  beaucoup  axaient  émigré,  ou  qui  en 

axaient  perdu  le  souvenir         en   [850,  il  v  axait  )2  ans  que 

Mulhouse    était    devenu    français,    nombre    d'anciens    ne 

vivaient  plus,  et  deux  générations  avaient  passe  la-dessus  -, 
pour  tous  les  autres  doue,  Ehrsam  a  comblé  les  lacunes 
avec  les  armoiries  d'homonymes  des  villes  suisses.  Baie, 
Berne,  Zurich,  Saint-Gall,  etc.,  dont  les  armoriaux  venaient 

de  paraître  peu  d'années  auparavant.  Ces  publications, 
surtout  le  Baslerisches  Bùrger-Buch,  publie   en    1K19  par  le 

pasteur  Marc  Lut/,  ont,  soit  dit  en  passant,  certainement  dû 
suggérer  à  notre  concitoyen  l'idée  de  son  Bùrgerbiwh  de 
Mulhouse. 

En  principe,  ces  emprunts  étaient  justifies  pour  les  familles 
mulhousiennes  notoirement  d'origine  suisse,  c'est-à-dire  des 
villes  où  il  puisait  ses  dessins,  ou  encore  pour  les  familles 
dont  des  membres  s'y  étaient  fixés  dans  le  cours  des  temps. 
Mais  il  fallait  en  la  matière  une  certaine  circonspection  qui, 
malheureusement,  n'a  pas  toujours  été  observée. 


Dans  ces  conditions,  une  révision  minutieuse  et  docu- 
mentée du  Bùrgerbuch  de  notre  ville  s'imposait,  pour  rendre 
hommage  à  la  vérité  historique.  Cette  révision  n'a  néces- 
sairement pu  s'étendre  à  toutes  les  familles,  les  moyens  de 


—  30 

contrôle  pour  certaines  d'entre  elles  faisant  défaut.  Mais 
telle  quelle,  notre  liste  de  blasons  contrôlés  par  les  sources 
que  nous  citons  pour  chaque  cas  particulier  offrira*  crovons- 
noilS,  quelque  utilité  et  aura  de  l'intérêt  pour  les  familles 
mentionnées.  Nous  y  avons  intercalé  un  certain  nombre 
d'armoiries  qui,  quoique  authentiques,  nécessitaient  des 
commentaires  ou  des  corrections,  ou  dont  nous  avons 
trouvé  la  (orme  ancienne  sur  des  sceaux  et  aux  sources 
indiquées   chaque    lois. 


A    A     A    A    A    A      +    +    +    +    +    + 


LES   blasons   DU    ■  BURGERBUCH 

BXAMEZt    CRITIQUE 


Voici,  pour  le  lecteui  peu  familial  t<  le  lai  héraldique,  I 

plication  des  expressions  qu'il  comporte  :  û  ui   ■      bleu, 
=  rouge,   sable         noir,   sinoplt         vert,  carnation         couleur 
chair,  pourpre        violet.  Un  écu  coupé  veut  dire  d  n  deux 

parties  horizontalement,  parti  de  même  verticalement,  frai 
/<////<•'       partagé  en  biais  du  haut  en  I  >ii  de  droit         il  de 

gauche,  écarteliy  divisé  en   j  compartiments.  I  I  une  ; 

horizontale  qui   passe  par  le   milieu  de   l'écu,  le  /><//   de  même 
verticalement,  la  bande  et  la  faim  de  même  dans  le  sens  du  tranche 
,  et  du  /<////<•'.  Le  cheftsx  le  haut,  Y  abîme  le  centre,  et  Va  pointe  le 
de  reçu.  Enfin,  dextre  signifie  la  droite,  et  senestre  la  gauche,  mais 

en  sens  contraire   de   l'œil    du  spectateur.  Cela  provient  de  ce  que 
l'écusson  est  un  bouclier  que  Ton   porte  et  voit  devant  soi. 

Nota,  —  Sur  nos  planches,  Bgm.  =  Bourgmestre,  Bgb.  =  Bùrgerbuch. 


Abt.  Famille  remontant  authentiquement  au  XIVe  siècle.  Son 
blason  se  trouve  sur  le  tableau  de  la  Jàger-Compagnie, 
de  1789  (don  d'Ehrsam  au  Musée  historique),  pour 
Michel  Abt,  épicier. 

Nous  n'avons  à  relever  ici  que  le  fait  que  X Armoria] 
d'Alsace,  de  1861,  qu'Ehrsam  n'a  donc  pas  connu,  donne 
un  blason  identique  à  Jean-Baptiste  Abbé,  conseiller  du 


1  Nous  ne  nous  occupons  ici  que  du  livre  de  Xicolas  Ehrsam,  portant  ce  titre. 
Le  Livre  d'Or  de  la  bourgeoisie  de  Mulhouse^  publié  en  1893,   par  L.  Schoenhaupt, 

n'en  est  qu'une  édition  française  de  luxe.  On  n'y  trouve  que  quelques  rares  addi- 
tions d'armoiries;  nous  les  signalerons  à  l'occasion.  Dans  ce  dernier  livre,  il  v  a 
eu  plusieurs  «  enrichissements  »  de  lambrequins,  c'est-à-dire  qu'un  des  côtés  a  reçu 
une  couleur  en  plus,  suivant  les  meubles  de  l'écu,  ce  qui  héraldiquement  est  défendable. 


—  32  - 

roi,  prévôt  et  juge  de  la  prévôté  royale  d'Ensisheim,  et 
a  Georges-Frédéric  Abbé,  bourgeois  de  Habsheim.  Ils 

étaient  sans  Joute  frères,  Abbé  en  allemand  Ain.  Il 
\  a  eu  de  tout  temps  des  Abt  à  Riedisheim,  qu'on  dit 
issus  de  ceux  de  Mulhouse. 

Bàumgàrtner.  Armoiries  inexactes  dans  le  Bûrgerbuch  et 
aussi  dans  !e  Livre  d'Or,  qui  les  a  un  peu  modifiées.  Les 
véritables  se  trouvent  sur  un  vitrail  du  Musée  historique, 
où  figure  Antoine  Baumgartncr,  zunftmestre  en  170), 
lils  de  l'auteur  de  cette  lignée  qui  est  venue  de  Franken- 
berg ;  (liesse).  Elles  portent  (pi.  IV): 

D'azur  (sans  bordure)  à  neuf  arbres,  dont  trois  au  premier 
plan,  de  sinople  tûtes  de  brun,  dans  un  jardin  entouré  d'une 
clôture  basse  en  brun.  Cimier:  un  arbre  de  sinople  fûté  de 
brun.   Lambrequins:  d'azur  et  d'or. 

Benner.  Ce  blason  figure  une  fois  sur  le  tableau  des  bourg- 
mestres, deux  fois  sur  un  tableau  des  gardes-vignes 
de  1761,  une  fois  sur  le  tableau  des  gardes-vignes  de 
1774,  et,  enfin,  sur  la  tableau  armorié  de  la  Jâgcr- 
Cotnpagnie,  de  1789  (ces  derniers  au  Musée  historique), 
qu'Ehrsam  a  connus  et  copiés.  Toutefois,  le  bourg- 
mestre a  sur  le  cimier  un  demi-vol  d'azur  dans  lequel 
figure  la  gerbe  d'or,  que  n'ont  pas  les  quatre  autres 
personnages  cités. 

Binder.  Famille  qui  ne  figure  pas,  et  avec  raison,  dans  le 
Bûrgerbuch,  car  elle  n'a  été  représentée  à  Mulhouse  que 
par  le  prédicateur  Othon  Binder,  au  moment  de  la 
Réforme.  Le  Livre  dOr  donne  son  blason  d'après  X Ar- 
moriai d'Alsace,  mais  nous  doutons  fort  que  le  réforma- 
teur mulhousien  ait  eu  précisément  ces  armes-là. 


• 


h  I 


H3 


Ddumâarliier 
Bgb.  (ïrr^ur) 


B 


i  rr 


Di  rr 

Bgb.fErrèurj 


Bloch  n 


o  o 


Valentin   Qronner 

Colmar  1700 


Clemann 


4# 


rSrunner 

Colrra^ 


Birr,  El  rom  dan  i  l<  Bùrgcrlm  ;    (    tte  familh 

de  (  <  ilmai ,  i  >ù  elle  pai  .m  déjà  .m  1 1  >mm<  n  *it  du 
w  ir  Mo  le,  i  n  d(  membn  ..  Elu  Bii  i 
Bâle,  mais  retoui  na  plus  tard  .1  (  1  >lmai .  Son  I 
de\  int,  en  1 66  >.  l'auteui  de  la  s<  oi<  h(  mulh<  nne 
du  nom,  I  >.  Mej  ei  Krau  i  d<  >nne  le  véritable  blason 
des  Birr,  dans  son  Wappenbuch  dci  Stadi  Basei  On 
trouve,   dans  [Armoriai  de  la  ilit    d'A\         un 

autre  membre  de  cette  famille  vivant  vei  T  an- 

Conrad  Birr,  marchand  en  la  ville  de  Colmar,  qui  a 
les  mômes  armes  qu'Elie  Birr,  de  Bâle,  se  blasonnanl 
comme  suit  (  \ .  pi.  IV): 

De  sable  à  trois   fleurs-de-lis  d'or.    Cimiei  :  une  fleur-de-lis 

d'or   au    milieu    d'un    vol    COUpé   Or   et  sable   alternant.    / 
(juins  :  de  sable  et  J  or. 

Les  premiers  Birr  mentionnes  dans  le  Bùrgerbuch  sont 
en   réalite   d'une  autre  famille  s'appelant  Hune.  Pûrr, 

éteinte  au  milieu  du  XVIIe  siècle. 

BLECH.  Ces  armes  ont  été  concédées,  en  [589,  a  Léonard 
Blech,  prévôt  de  Landser,  par  l'archiduc  Ferdinand 
d'Autriche.  Auparavant,  son  cachet  (1583)  ne  montre, 
au-dessus  de  trois  coupeaux,  qu'un  crampon  en  forme 

de  X  penché  en  avant  et  traversé  par  une  barre  au 
milieu1.  La  branche  de  Landser  s'étant  éteinte,  dans 
les  maies,  avant  1645,  la  branche  de  Mulhouse,  qui 
possède  encore  le  susdit  Wappenbrief,  adopta  les  mêmes 
armoiries.  Paul  Blech,  bourgmestre  en  1  7 9 1 ,  les  lit 
peindre  sur  le  tableau  de  l'Hôtel  de  ville,  et  Jean- 
Jacques  Blech-Risler,  (1700 — 1786),  hôtelier  du  Sau- 
vage, en  avait  dèià  fait  de  même  sur  le  tableau  des 


1  Voir:    Tableaux  généalogiques  de  la  famille  Blech,  1390-1898,  par  Ernest  Blech 
et  Ernest  Meininger,  Mulhouse,  18 


34 
gardes-vignes  de   [735  (Musée).  Le  rameau  dé  Bâle 

a\  ait  lltl  autre  blason. 

Bloch.  Famille  originaire  de  Haie,  dont  Ehrsam  donne 
le  blason  d'après  le  BasJerisches  Bùrger-Buchi  de  Mare 
Lut/.  Mais  Meyer-Kraus  lui  attribue  d'autres  armoiries 
(v.pl.IV): 

D'azur  à  un  bloc  cTor  sur  le  milieu  de  trois  coupeaux  de 
sinople,  surmonté  de  trois  étoiles  à  six  rais  d'or  rangées  en 
fasce.  Cimier:  une  étoile  d'or  entre  deux  proboscides  coupées 
chacune  d'azur  et  d'or.   Lambrequins:  d'azur  et  d'or. 

BOERINGER.  Le  Livre  d'Or  attribue  à  cette  lignée  des  armoi- 
ries écartelées,  dont  les  compartiments  2  et  3  seuls 
présentent  Tours  rampant  de  celles  du  Bùrgerbuch.  Nous 
ignorons  d'où  Schoenhaupt  les  a  tirées. 

Brunner.  11  v  a  eu  à  Mulhouse  plusieurs  familles  de  ce  nom, 
que  le  Bûrgerbuch  manuscrit  orthographie  Bronner. 
Nous  ne  retiendrons  ici  que  les  trois  lignées  princi- 
pales. La  plus  ancienne  est  mentionnée  dés  le  milieu 
du  \vic  siècle,  la  seconde  a  eu  pour  auteur  Claude 
Brunner,  de  Lausanne,  qui  tut  reçu  à  la  tribu  des 
Tailleurs  en  1393  et  laissa  trois  fils  qui  poursuivirent 
sa  lignée.  Enfin,  une  troisième  famille  se  fixa  à  Mul- 
house, en  1628,  en  la  personne  de  Yalentin  Bronner, 
forgeur  d'épées,  de  Colmar,  né  en  1386,  qui  eut,  de  sa 
femme  Eva  Socin,  trois  filles,  nées  dans  cette  ville,  et 
un  fils,  Martin,  né  en  1629,  à  Mulhouse. 

Jean-Jacques  Brunner,  de  la  lignée  de  Claude,  alla 
s'établir  à  Colmar  vers  1687.  On  lui  conserva  son 
droit  de  bourgeoisie  durant  quelques  années.  Il  vivait 
encore,  à  Colmar,  en  17 10,  où  il  a  fait  souche. 

V Armoriai  d'Alsace  donne  les  blasons  d'un  Yalentin 


— 

r,K  .mu  i ,  boui  '<  «  -i s  de  la  \  \\h  >Imai ,  ei  d'un  N  . 

Br< 'iiiin     ministn    d(    Sainte  Mai  Min< 

Jouir  frères,  qui  p<  >rtenl  (  \ ,  pi.  I  \  I 

I  )  .lui  .1  un  (  <•!  de  <  basse  d'oi ,  accon 

d(       IIH'MH'. 

I  >aniel  Bi  unnei ,  boui  d<  (  i  >lmar,  a>  ail  sui  •><  m 

cachet,  en  [715,  un  blason  dil  Hausmarke^  que  nous 
reproduisons.  Il  était  évidemmem  d'une  autre  famille 
que  les  précédents  '. 

Les   armes  données   par   Ehrsam    sont    celles   d 
Brunner  de  Zurich,  saui   le  champ  de  gueules,  qui 

chez  lui  est  d'azur.    Presque  tous  les  Krunner  connus 

ont  une  fontaine  dans  leur  écusson,  agrémentée  d  acces- 
soires divers, 

Christen.  Jacques  Christen,  garde-vignes  en  [773,  a  les 
armoiries  du  Burgerbuch,  mais  avec  le  fanion  de  gueules 

et  la  croix  d'argent,  tant  sur  le  cimier  que  dans  l'écus- 

son. 

Clemann,  Jean-Michel  Clemann,  menuisier,  figure  sur  un 
tableau  de  gardes-vignes  de  1783  (Musée).  Ses  armes 
ne  sont  pas  celles  que  donne  le  Bùrgerbuch.  Elles 
portent  (pi.  IV): 

De  gueules  à  trois  feuilles  de  trèfle  de  sinople  tigées  d'une 

pièce   de   même.    11   n'y   a    pas  de  cimier,    ni   de   lambrequins. 

Ehrsam   n'a   pas   connu   ce  tableau.    Les   Clemann 

sont  originaires  de  Neuchâtel  (Suisse)  et  s'appelaient 
Clément.  Leur  auteur,  Josué  Clément,  se  fixa  à  Illzach 

au  xvnc  siècle.  Le  susdit  Jean-Michel  s'établit  a  Mul- 
house par  suite  de  son  mariage. 


1    Aimable  communication  de  M.  André  Waltz.  bibliothécaire  de  Colmar. 


36 

l    >rnetz.  Cette  famille  nous  fournit  une  preuve  intéressante 

de  ce  que  nous  axons  déjà  dit  au  sujet  de  l'améliora- 
tion des  armoiries  à  Mulhouse. 

[ean -Nicolas  de  Cornesse,  tisseur  de  laine,  ancien 
bourgmestre  de  Sanct  Lamprecht  (Palatinat),  d'où  il 

fut  chasse  a  cause  de  sa  religion,  lui  reçu  bourgeois- 
manant  a  Mulhouse  en  1624  et  bourgeois  privilégié 
le  i  |  janvier  [637.  A  cette  date,  il  est  appelé  Hans 
Xiclaus  Cornet^  Son  nom  de  famille  n'était  pas 
Cornesse  ou  de  Cornesse:  il  était  originaire  d'un 
endroit  ainsi  dénommé,  de  l'évêché  de  Liège.  L'année 
suivante,  on  trouve  dans  le  Contracten-Protoçoll  n°  49, 
page  273,  que  le  zunftmestre  Jehan  Nicolas  de  Cornetz 
(sic),  donne  pleins  pouvoirs  à  Michel  Pirant  le  jeune,  à 
Cornesse  (sic),  d'hériter  de  son  patrimoine  pour  le 
compte  des  enfants  de  ses  deux  premières  femmes, 
ainsi  que  du  père  de  la  seconde,  Jean  Grandjehan,  dé- 
cédé audit  Cornesse.  En  1640,  lors  de  son  troisième 
mariage,  il  est  de  nouveau  appelé  Johann  Xiclaus 
Cornetz. 

Dorénavant  ce  nom  nouveau  resta  acquis  à  ses  des- 
cendants. Son  petit-iils,  Wblf-Frédéric,  devint  zunft- 
mestre en  1706.  Le  Musée  possède  un  vitrail,  sur 
lequel  figurent  ses  armoiries  avec  celles  de  trois  autres 
fonctionnaires.  Elles  portent  (v.  pi.  Y): 

De  pourpre  à  trois  coupeaux  de  sinople  surmontés  d'un  4 
au  pied  allongé  sur  lequel  sont  groupées  les  lettres  W  F  C  d'or, 
la  lettre  F  formée  par  la  traverse  du  4,  le  W  placé  au  pied  et 
entre  les  deux  le  C.  Cimier  :  un  buste  de  jeune  homme  issant, 
habillé  parti  or  et  pourpre,  col  or  et  argent,  tenant  dans  sa 
dextre  trois  épis  d'or.   Lambrequins  :  de  pourpre  et  d'or. 

Les  épis  du  cimier  sont  déjà  parlants  et  font  allusion 
à    Korn   =   blé,    du    nom    de    famille    germanisé    en 


Wo  II  leb 


Cornctz 


E  r  matinéer 

SchaÇhou&e 


Jean-Henri    Frenck 
1776 


Frédéric  £rmondfn^er 

1779 


André  Gluck 
1  789 


Ermend  i  n^r 


etz 


Franck 

Bgb( Erreur) 


a  Gluck 

Bg6  (Erreur] 


(  i )i lui/ !  Loi  <|m  en  1727  j        m(  m<    \V« >ll 

(  oj  netz  de^  inl  boi  l      il  0  am<  li< 

trop    pi  imitifs    de   1 1  n    bla  inl 

(pi.    \  ): 

I  )'.r  g(  nt  feuille 

trois  coupeaux   d(    sinople.    Cimier:  le  jeune  honu  int, 

habillé  d'<  nt,  tortilh  nani  d< 

trois  épis  d'or.   Lambrequins:  d'or  et  d'à 

(  Vite   1  amélioration  0   est  c<  >nti  1    les  régk        ral- 
diques,  qui  défendent  Je  mettre  métal  sur  métal  et 
couleurs  sur  couleurs.   Cela  forme         ;  des  «inr.es  a 
enquerre.  Le  fils  Je  ce  Wolf-Frédéric,  appelé  Frédéi 
devint  également   bourgmestre,  en    1766.    II   prit   le 

même  blason  à  enquerre,  saut  qu'il  se  contenta  Je  trois 
épis  dans  l'écu,  et  qu'aux  épis  du  cimier  il  ajouta  Jeux 
feuilles  aussi  d'or,  Ehrsarn  donne  à  cette  famille,  dans 
le  Bûrgerbuch,  un  manteau  J'or  et  d'argent  en  guise  de 

lambrequins. 

Dietsch.  Sur  le  tableau  Jes  gardes-vignes  de  1780,  donné 
par  Ehrsam  au  Musée  historique,  Jean-Henri  Dietsch  a 
les  Jeux  navettes  en  argent  et  non  en  or.  et.  sur  le 
cimier,  le  buste  sans  bras  est  babillé  d'argent  et  non 
d'azur. 

Dollfus.  Ehrsam  donne  à  cette  famille  un  homme  Je  car- 
nation sans  bras,  habillé  d'azur  et  portant  sur  la  poitrine 
la  croix  d'argent.  Dans  l'écu,  à  champ  d'azur,  au-dessus 
Jes  trois  coupeaux  Je  sinople,  trois  étoiles  d'argent 
i,  2,  au  milieu  une  croix  également  d'argent.  Les  bourg- 
mestres du  tableau  Je  l'Hôtel  Je  ville,  ont.  saut  le 
maire  Jean-Henri  Dollfus,  Je  1821,  invariablement  les 


1     Et  non  171 5,  comme  dit  Ehrsam.  A  cette  date,  il  tut  nommé  conseiller. 


—  38 

étoiles  d'or  et  la  croix  d'argent.  De  même  Jean  Dollfus, 

sexvir  en  17)7,  sur  un  tableau  de  la  tribu  des  Agricul- 
teurs (Musée)  et  Adam  Dollfus,  garde-vignes  en  [774. 
L'homme  de  carnation  du  Bùrgerbuch  est  aussi  une 
erreur  d'Ehrsam.  Il  faut  un  Maure,  qui  figure  également 

chez  ces  deux  derniers. 

Ehrsam.  Nous  axons  dit,  p.  36,  que  fauteur  du  Bùrgerbuch 
n'avait  pas  reproduit  dans  son  livre  les  armoiries  véri- 
tables de  sa  propre  famille,  qui  figurent  par  deux  fois 
sur  le  tableau  des  bourgmestres  de  1642,  et  qu'il  leur 
avait  substitué  un  blason  d'alliance  Ehrsam-Schoen. 
Les  ligures  de  la  planche  I  en  font  foi.  De  ce  que,  dans 
ce  blason  d'alliance,  il  y  a  une  demi-roue  de  moulin  et 
non  de  voiture,  signifie  tout  au  plus  que  l'artiste  de  la 
plaque  d'église,  ou  plutôt  celui  du  Bùrgerbuch  '  (qui  a 
copié  celle-ci),  a  dû  faire  ce  changement.  D'ailleurs, 
les  couleurs  du  blason  Schoen  y  sont  parfaitement 
reproduites,  tant  dans  le  parti  que  sur  le  cimier.  Ce  der- 
nier est  même  tout  à  fait  celui  des  Schoen. 

En  réalité,  la  famille  Ehrsam  a  droit  aux  armes  de 
ses  deux  bourgmestres,  qui  portent  (pi.  I): 

D'argent  à  un  buste  d'homme  habillé  d'azur  et  coiffé  d'un 
bonnet  de  fou  de  même  à  grelots  d'or,  issant  d'un  mont  de 
trois  coupeaux  de  sinople.  Cimier  :  un  demi-vol  à  sept  (ou  huit) 
plumes  alternant  d'azur  et  d'argent.  Manteau  ou  lambrequins  : 
d'azur  et  d'argent  (le  manteau  bordé  d'or). 

Nous  reproduisons,  sur  la  même  page,  les  deux 
parties  du  gaufrier  du  second  bourgmestre  Daniel 
Ehrsam  (161 3  — 161  7),  de  16 14,  date  à  laquelle  il  était 


1  Dans  celui-ci,  la  demi-roue  de  L'écu  a  deux  aubes  de  trop,  ce  qui,  vu  leur 
position,  tendrait  à  prouver  que  la  plaque  d'église  portait  bien  la  demi-roue  de 
voiture  et  qu'elle  a  été  prise  pour  une  demi-roue  de  moulin.  De  plus,  l'arbre  de 
l'écu  n'a  pas  franchement  la  l'orme  du  sapin  du  cimier. 


déjà  \n\  i  sti  de  l.i  pr(  mu  rem  l     // 

qui  \  ligure  pr<  >u\  e  un<   f<  i  [ue  I*  i  ai  m< 

tuelles  de  n<  >s  \  i<  Mes  familles  mulhousit  mu  .  sont 
bien  I  *  eu>  i  (  de  Pétri,  de  i  6  i 

Ermi  ndini  -i  iv.  El  roné.  I  réd<  i  i(  El  m<  ndinj         trde- 
en  1779  (  Musée  h  p<  >rte  (  pi  \  I 

D'azui    .t    un   griffon   rampant    d'or,   lampa 
(NotabtMy  il   n'a    pas  d'ailes,   seulement   une  queue  de  lion). 
Citniet  :  un  griffon  ailé  issant  d'or.  Lambrequins  :  d'azur  et  d 

Famille  de  Schaflfhouse,  Rappelant  Ermatinger,  nom 
qui,  à  Mulhouse,  s'est  transformé  en  Ermendin^     .  Une 

branche  de  notre  ville  sest  transplantée  à  Genève,  au 

XVIIIe  siècle,  puis  à  Berlin,  OÙ  elle  existe  encon  i  le 

nom  d'Erman!   Les  Ermatinger  de  Schaffhouse  por- 
taient (pi.  V)  : 

Parti,    au    i    de   sable   à    une    marque   d'or   accostée   de    d< 
étoiles  de  même,  au  2  coupé,  en  chef  d'azur  plein,  en  pointe 
de  gueules  à  deux  bandes  d'argent.  Cimier:  deux  proboscides 
coupées  de  sable  et  d'or  alternant.  Lambrequins  :  de  sable  et  d 

Feer.  Famille  originaire  de  Schaffhouse.  Ehrsam  lui  donne 

les  armes  des  Fehr  de  Zurich. 

Finck.  Famille  éteinte,  originaire  de  Habsheim,  axant 
fourni  à  Mulhouse  un  bourgmestre,  Ottmar  Finck 
(1572 — 1587},  qui  figure  sur  le  tableau  de  l'Hôtel  de 
ville.  Pétri  lui  octroya  de  belles  armoiries,  mais  qui  ne 
ressemblent  en  rien  au  sceau  de  son  fils,  Thiébaut  Finck. 
appliqué  sur  un  document  de  1585  des  Archives.  Ce 
dernier  présente  un  blason  primitif,  portant    pi.  II  : 

Deux  crampons  posés  en  sautoir  et  sommés  d'un  4  croiseté, 
le  tout  de  sable.  Au-dessus  de  l'écusson,  les  lettres  T.  F. 


10 

Les  armes  du  bourgmestre  portent  (pi.  II): 

Parti,  au  i  de  gueules  au  lion  contourné  et  lampassé  d'or,  au 
2  coupé  d'or  et  de  gueules  à  la  fasce  d'argent,  chargée  de  trois 
pinsons  au  naturel.  Casque  couronné.  Cimier:  le  lion  issant 
d'or,  lampassé  de  gueules.   Lambrequins:  de  gueules  et  d'or. 

Franck.   Erroné,  quant  à  la  Bretzel  qu'Ehrsam  a  mis  dans 

l'écusson  de  cette  lignée.  Il  l'a  trouvée  dans  le  blason 
du  garde-vignes  de  1761  (Musée),  Jean  Franck,  qui 
était  boulanger  et  qui  a  remplacé,  dans  son  écusson,  le 

monde  d'azur  cintré  et  croiseté  d'or  par  un  produit  de 
sa  fabrication.  Toutefois,  le  monde  d'azur  au  milieu 
d'un  vol  est  conservé  sur  le  cimier.  Henri  Schmerber, 
potier  de  terre,  son  voisin  de  gauche  sur  le  même 
tableau,  a  eu  la  même  idée  baroque  en  mettant  un  pot 
d'or  à  la  place  du  lion  d'or. 

Les  véritables  armoiries  de  cette  famille  nous  sont 
données  par  le  sceau  de  Jean-Henri  Franck,  de  Mul- 
house, qui  se  maria  et  s'établit  à  Colmar  en  1776, 
sceau  appliqué  sur  sa  lettre  du  21  avril  1776  au  magis- 
trat d'ici,  demandant  le  droit  de  bourgeoisie  pour  sa 
fiancée  Salomé  Dannreuter,  de  Colmar.  On  y  voit  son 
blason  (pi.  V),  qui  porte: 

De  gueules  à  un  monde  d'azur  cintré  et  croiseté  d'or.  Pas 
de  coupeaux  de  sinople.  Cimier  :  un  vol  parti  argent  sur  gueules 
alternant,  au  milieu  le  monde  de  Técu.  Lambrequins:  coupé  de 
gueules  et  d'argent  alternant. 

Ces  armes  sont  du  reste  confirmées,  quant  au  monde 
du  champ,  sur  les  lettres  d'anoblissement  de  Jacques 
de  Franck,  cité,  en  1771,  dans  le  Bùrgerbuch  et  qui 
résida  à  Vienne,  où  Marie-Thérèse  le  nomma  chevalier 
de  l'Empire,  le  17  juillet  1773. 

Ses  armoiries  furent,  à  cette  occasion,  améliorées 
comme  suit  (communiqué  par  M.  Karl  Franck): 


Il 

I  ).  gueules  .m  mond<  / 

cimiet  \  a  d(   tout  noi  :  i.  h    mo 

probos<  id<  s  d'aï  g<  ni 
plumes  d'auti  u<  h<   azui 

d<   "in  ul<     i  ;  d'oi . 


Gluck,  Famille  originaire  de  Krautheim,  grand-duché  de 
Bade.  Ehrsam  lui  donne  des  armes  i 
j   peu   prés  inusitée  à   Mulhouse,  qui   nom   rien  de 
commun  avec  celles  d'André  Gluck,  figurant   sur  le 
tableau  de  la   Jàger-Compagnie,  de   1789  (Musée),  et 

portant  (pi.  Y)  : 

Trois  coupeaux  de  sinople,  dont  celui  du  milieu  est  sommé 

de    trois   feuilles   de   trèfle,    sur   une   tige.    Cimici  :    un    buste 
d'homme  issant  tenant  dans  sa  dextre  les  trois  trèfles  de  Vi 

Ce  sont  des  armes  parlantes,  le  trèfle  étant  une- 
plante  à  laquelle  on  attribue  la  vertu  de  porter  bon- 
heur Gluck,  en  allemand.  Dans  le  jeu  de  cartes, 
le  trèfle  est  synonyme  d'argent  chez  les  chiromanciens. 

Le  tableau  en  question  est  un  lavis  à  l'encre  de 
Chine,  et  ne  donne  donc  pas  les  couleurs.  Mais  le 
trèfle  est  généralement  de  sinople,  et  sur  champ  d'azur. 
Les  coupeaux  sont  évidemment  aussi  de  sinople. 
L'homme  du  cimier  et  les  lambrequins  doivent  alors 
héraldiquement  être  d'argent  et  de  sinople. 

Gœtz.  Mever-kraus  donne  pour  les  Goetz  de  Bâle  le  même 
blason  qu'Ehrsam.  Ceux  de  Mulhouse  sont  très  anciens 
et  remontent  au  xvc  siècle. 

Nous  n'avons  pu  trouver  de  sceau  de  cette  lignée. 
Par  contre,  le  Musée  historique  possède  le  gaufrier  de 
Walther  Gœtz,  tondeur  de  draps,  portant  la  date  de 
1617,  qui  montre  le  blason  primitif  de  la  famille,  ainsi 


—   12 

que  celui   de  sa  seconde  femme,   Vérène   Hartmann 

(y.  cet  article).  Il  porte  (pi.  V)  : 

Un    |  croiseté,  dont  le  pied  allongé  et  fourchu  est  posé  en 

pointe  sur  un  crampon  pose  en  fasce,  qui  est  cantonné  de  quatre 
étoiles  à  six  rais  et  flanqué  des  lettres  W  et  (;  en  abîme.  Sur 
le   cimier,    un   homme   barbu  et  nu,  aux  bras   étendus   en  croix. 

GuLDENBERGER.  Le  tableau  des  cardes-vignes  de  1 7 S  ^ 
(Musée)  donne  Fécusson  (sans  cimier)  de  Jean-Henri 
Guldenberger,  sur  lequel  (pi.  Yl)  la  fleur-de-lis  d'or  est 
posée  en  bande  et  non  en  pal,  comme  chez  Hbrsam. 

Hammer.  Erroné.  Aux  archives  municipales  existent  des 
lettres  du  capitaine-lieutenant  mulhousien  Pierre 
Hammer,  du  régiment  suisse  de  Bettens,  datées  de 
Phalsbourg  vers  1765  et  adressées  au  magistrat  de 
Mulhouse.  Son  cachet  (pi.  VI)  porte: 

D'argent  à  un  tertre  de  sinople,  sur  lequel  un  homme  tient 
dans  sa  dextre  un  marteau.  Cimier  :  l'homme  au  marteau  îssant. 
Les  couleurs  ne  sont  pas  indiquées. 

Hartmann.  Cette  famille  nous  livre  toute  une  série  de 
preuves  de  l'existence  d'armoiries  simples  avant  la  créa- 
tion du  tableau  des  bourgmestres,  parmi  lesquelles  les 
plus  typiques  nous  sont  précisément  fournies  par  les 
deux  premiers  bourgmestres:  Jean  Hartmann  (1585  à 
1602)  et  Antoine  Hartmann  (1607  à  161 3). 

Du  premier1,  nous  représentons  sur  notre  planche  II 
un  sceau  de  1569,  portant: 


1  II  existe  de  ce  personnage  un  vitrail  de  1585,  publié  dans  les  Portraits  Muîhou- 
siens,  qui  présente  déjà  les  armoiries  Hartmann,  telles  qu'elles  furent  établies  par 
Pétri,  en  1642.  Ce  détail,  ainsi  que  certaines  particularités  du  paysage  et  notamment 
l'inscription  du  bas  v'dont  l'orthographe  n'est  pas  de  l'époque),  où  le  nom  de  la 
femme  manque,  ne  nous  offrent  pas  assez  de  garantie  indiscutable  d'authenticité 
pour  que  nous  en  fassions  état. 


I 


el  hug  - 

Colmar1700 


Guldenber^er 
B*b. 


Hei  Imgnn 
B£b. 


Mar  lemn 

Coiman700 


Pierre   Hammer 

Cap't3ine,f765. 


Michel   Hirn 
1604 


PFSS 


Pa u  l  d e  Pa u  I     Hu^ue 
17Ô6 


Hammer 

Bgb.fErnsur. 


Hi  rn 
>. (Erreur  ) 


H  u  £_u  e  n  i  n 
.(  trreur 


*W 


13 

lu    |  ii«  >is<  t(    dont  U    \ 
i  ou<  hé  en   point  1 1    1 1. 

(  I  [ans  I  [ai  tmann  ).  Ni  <  imici ,  ni  lambn 

I  ,es  .11  mes  du         nd    ohl     ulpl        >ur  une  | 
datée  de   1 6o<  >,  jadis  «  n<  astr<  i    dans  un  bâtiment  de 
l'ordre  Teutonique,  i  Lie  (  ruillaum<    1 1  II.  maintenant  au 
Musée  lapidaire  Saim  h  an,  i  i  p<  >rtenl  : 

Un   \  croiseié,  dont  le  pied,  c  i 
en  barre  raccourcie  .1  dextre  et  en  pal 
termine  en  crampon.  Ni  cimier,  ni  lambrequins. 

A  cette  date,  Antoine  Hartmann  était  surveillant- 
adjoint  des  travaux  publics.  Il  avait  une  fille,  Véréne, 
qui,  en  1617,  était  mariée  à  Walther  Goetz,  conseiller. 

Le  Musée  possède  de  ce  couple  un  gaufrier  (pi.  II), 
sur  lequel  les  armes  de  la  femme  ont  déjà  la  fleur-de- 

lis  dans  l'écusson  et  sur  le  cimier. 

Cependant,  les  armes  primitives  ne  sont  pas  encore 
abandonnées  en  [642.  Sur  notre  planche  XIV  figurent 
deux  neveux  du  second  bourgmestre.  Le  premier 

Antoine  Hartmann,  tanneur,  alors  conseiller  de  la 
tribu  des  Agriculteurs,  qui  a  conserve  le  4  croiseté, 
mais  terminé  en  crochet  et  placé  en  sautoir  avec  un 
crampon;  ce  sautoir  est  chargé  d'un  peloir.  Son  frère, 
Nicolas  Hartmann,  sexvir  de  ladite  tribu,  a  le  même 
sautoir,  mais  chargé  de  la  fleur-de-lis. 

Nous  donnons  le  blasonnement  exact  des  deux, 
dans  la  note  de  la  page  88.  On  y  verra  que  le  vitrail 
en  question  a  été  fait  avant  que  ne  tut  termine  le 
tableau  des  bourgmestres,  qui,  lui,  contient  le  blason 
définitivement  adopté  par  la  famille  et  applique  rétro- 
spectivement aux  deux  bourgmestres  depuis  longtemps 
décédés  ;  il  porte  (pi.  II)  : 

D'azur  à  une  fleur-de-lis  d'or,  chappé-ployé  de  gueules.  Cimier: 
sur  un  casque  d'or,  un  demi-vol  d'azur  à  six  plumes  alterna- 


Il 

tivement   d'azur  et   d'or.    Le   premier  .1    un    manteau    d'azur, 
doublé  d'or,  le  second  des  lambrequins  d'azur  ei  d'or. 

Ehrsam  donne  ainsi  ce  blason,  niais  il  ajoute  du 
gueules  aux  lambrequins  pour  une  raison  que  nous 
ignorons,  car  celle  couleur  fait  encore  défaut  à  ceux  du 
gardé-vignes  Antoine  Hartmann  de  1761. 

Heilmann.  Le  blason  du  bourgmestre  Nicolas  Heilmann 
(  [753 — 1736)  est  le  même  que  celui  de  son  frère  Jean, 
garde-vignes  en  [735  (Musée).  Mais  un  autre  membre 
de  cette  famille,  le  trésorier  Nicolas  Heilmann 
(■[*  1736 h  avait  d'autres  armes  sur  son  cachet  apposé 
au  bas  du  contrat  de  mariage  de  Mathieu  Miëg  et 
d'Elisabeth  Reber,  du  4  octobre  1747  (Musée),  et  qui 
présentent  un  cœur  brochant  sur  deux  flèches  posées 
en  sautoir,  tant  sur  Vécu  que  sur  le  cimier.  Il  est  pos- 
sible que  ce  soient  là  encore  les  armoiries  primitives  de 
la  famille  (pi.  VI). 

Hirn.  Famille  plus  ancienne  que  ne  le  dit  Ehrsam.  Michel 
Hirn,  meunier,  originaire  de  Binnielen  (?),  Wurtem- 
berg, acquit,  le  9  janvier  1561,  le  moulin  appelé 
Walhenmùhle.  Il  mourut  avant  1566.  Son  fils,  de  même 
nom,  fut  impliqué  dans  l'affaire  des  Fininger  et  quitta 
la  ville  avec  d'autres  conjurés.  Il  avait  acquis  le  moulin 
dit  de  Baie.  Aux  Archives  se  trouve  une  lettre  qu'il 
écrivit,  le  6  octobre  1604,  au  magistrat  de  Mulhouse, 
et  qui  porte  son  cachet  armorié  (pi.  VI),  soit  : 

Parti,  au  I,  à  une  demi-roue  de  moulin  issant  de  la  partition, 
au  2,  à  la  crosse  de  Râle. 

Ce  sont  des  armes  parlantes,  rappelant  son  métier 
et  le  nom  du  moulin  en  question. 

Une  pierre  armoriée  d'Abraham  Hirn,  également 
meunier   du  moulin   de  Baie,  et  de  sa  femme  Anne 


1 5 

Ei  né  de  [642,  coi  tu  M  îaim  I 

les  mém<  s  m<  ubl<  s  mai  i  h  •  partitif  n         \  int< 
l  (ne   plaque  d'<  proj  1  M.  Karl  1 

d< >n  1  u  l.i  ni'  nu  |m isiti( »n  que  1  m an  Mi<  hcl,  d  |. 

Le  Hùrgcrhuch  n'esl  d(  >n<   \  l  pour  les  arn 

de  cette  famille.  I  e  /  ivre  d'i  h  les  .1  rectil 

I liKiii.  Famille  originaire  du  canton  de  B<         1       tm  lui 
donne  le  blason  des  I  lirth  de  Zurich. 

IIoiik.    Famille  très  ancienne  à  Mulhouse,  qui  s'appelait 
Imlx)ff  jusque  vers  la  fin  du  \i\    siècle.  Constatons,  en 

passant,    que    Pétri,    dans    son    catalogue    des    bon: 
mestres,  ne  mentionne  pas  Wcrlin  Imliofl,  qui  a  occupé 

cette  charge  en  [462,  ainsi  que  l'indique  le  registre  de 

la  taille  de  cette  année. 

Il  existe  au  Musée  un  dessin  à  la  plume  d'un  vitrail 
de  1599,  dû  à  Josse  Murer,  de  Zurich,  sur  lequel 
figurent  trois  armoiries  :  Simon-André  Grynaeus,  con- 
seiller, Nicolas  I lofer,  économe  de  l'hospice,  et  Gaspard 
Burckhardt,  économe  de  l'hôpital.  Celles  de  Nicolas 
Hofer,  qui  devint  bourgmestre  en  1626,  n'y  sont  pas 
celles  que  lui  attribue,  en  1642,  Pétri,  son  successeur 
direct  dans  cette  charge,  en  1633.  Ce  sont  encore  les 
anciennes,  dans  leur  forme  primitive,  portant  (pi.  11)  : 

Trois   coupeaux   de  sinople,   celui   du   milieu   sommé  d'un 

4  contourné  et  croiseté  de  sable.    Cimier  :  un  buste  d'homme 
Lssant,  habillé  d'or  et  de  sable,  au  bonnet  albanais  d'or  retroi. 
de  sable,  tenant  dans  chaque  main   des  roses  de  gueules  tig 
et  feuillées  de  sinople.  Lambrequins  :  de  sable  et  d'or. 

Le  nouveau  blason  de  Nicolas  Hofer  est  : 

Parti  d'argent  et  de  gueules,  à  un  homme  d'armes  revêtu  de 
son  armure  et  coiffé  d'un  heaume,  ayant  un  manteau  de  gueules 
jeté  sur  l'épaule  dextre  et  dans  la  main  dextre  une  massue  d'or. 


16  — 

Cimier:    l'homme   d'armes   de    l'écu    issant.    Lambrequins:    de 
gueules  et  d'argent. 

Les  bourgmestres  postérieurs  ont  modifie  quelque 
peu  ce  blason,  notamment   en  enlevant   l'armure  à 

l'homme  d'armes,  en  supprimant  la  partition,  etc.  11 
serait  trop  long  de  blasonner  ici  chacun  isolément. 
Ehrsam  a  reproduit  une  de  ces  modifications  erronées. 
Le  Livre  d'Or  les  donne  exactement. 

HuBER.  Il  y  a  eu  deux  familles  de  ce  nom  à  Mulhouse.  La 
plus  ancienne  remonte  au  début  du  XVIe  siècle,  l'autre 
a  pour  auteur  Jacques  Huber,  du  canton  de  Zurich, 
admis  à  la  résidence  en  1709.  Cette  dernière  lignée  n'a 
jamais  eu  la  bourgeoisie  privilégiée,  qui  n'a  d'ailleurs 
plus  été  octroyée  à  personne  au  xvnie  siècle.  Ehrsam 
a  donc  noté  ses  membres  à  tort  dans  son  Tfàrgerbucb, 
car  ils  n'étaient  que  bourgeois-manants. 

Deux  membres  de  l'ancienne  souche  figurent  sur  des 
tableaux  de  gardes-vignes  du  Musée,  Jacques  Huber 
en  1773,  Jean-Michel  Huber,  relieur,  en  1779.  L'écusson 
des  deux  est  à  champ  d'argent  et  non  d'azur  comme 
l'indique  le  Dûrgerbuch.  Ils  ont  aussi  les  lambrequins 
de  gueules  et  d'argent  et  non  de  gueules  et  d'or.  En 
outre,  l'homme  issant  sur  le  cimier  du  premier  est 
habillé  d'or  et  celui  du  second  est  habillé  de  gueules 
avec  un  gilet  entre-ouvert  d'argent. 

Hubner.  Le  Hùrgerbuch  donne  ce  blason  conforme  à  celui 
du  garde-vignes  Jean-Georges  Hùbner,de  1774  (Musée). 
A  titre  de  curiosité,  nous  relevons  que  Rietstap,  dans 
son  Armoria]  général,  attribue  un  blason  identique  aux 
Hubner  de  Rothenburg  en  Bavière,  iixec  cette  seule 
différence  qu'ils  ont,  au  lieu  d'un  corbeau  de  sable,  une 
grue  au  naturel. 


Ih  gi  i  nin,  \< ois  ign< »i«  ms  d  < »û  I  auteur  du  B 

tiré  ^  e  blas<  >n,  qui  n<  ois  parait  I  I     ur  un 

tableau  des  zunftnv  strea  e\  la  tribu  d 

Vgi  k  ulteui  s  (  Mus<  i  I  figun    l<     i      ir   Paul  d<    Paul 
I  [uguenin,  a>  e<  la  date  du  19  avril  1  ;  86,  qui  ; 
.11  nu  /  pi  imiti\  es  sun  ant<  s  (  pi.  \  I  ) 

l  )  .i/ui  .1  un    j    .1  double  ti  ' 

crampon  posé  en  pal,  le  pied  du  quatre  all<  i.ms  le 

milieu  de  trois  coupeaux  de  sinople,  et  accomj 
P  P  1 1,  le  tout  d'oi ,  le  sec  >nd  P  formai  1 
le  pied  allon       I  imiet  :  les  et  lettres  de  l'écu,  aussi  d 

Lambrequins  :  d'azur  et  d'or. 

La  famille  Huguenin  était  originaire  de  Sainte- 
Marie-aux-Mines,  d'où  elle  s'est  fixée  en  partie  a  Col- 

mar,  en  partie  à  Mulhouse  (en  [657),  en  la  personne 

de  deux  frères  et  de  leurs  fils.  La  branche  colmarienne, 
issue  de  Daniel,  existait  encore  au  x\iiil  siècle.  On 
trouve  dans  X Armoriai  d'Alsace,  donc  vers  [700  : 

1.  Daniel  Huguenin,  marchand-bourgeois  de  Colmar,  qui 

avait  pour  blason  (pi.  VI)  : 

D'or  à  un  quatre  de  chiffre,  le  pied  fiche  dans  un  cœur  vide 
enfermant  les  deux  lettres  D  et  H  en  chef  et  une  étoile  en 
pointe,  le  tout  de  sable. 

2.  Mathieu    Huguenin,   marchand-drapier  à   Colmar: 

D'argent  à  trois  pals,  celui  du  milieu  de  gueules,  les  deux 
autres  d'azur. 

Jelensperger.  Le  tableau  de  la  Jâger-Compagnie,  de  17 
au  Musée,  mentionne  Jean  et  Michel  Jelensperger.  Leur 

blason  porte  bien  un  lion  sur  le  cimier,  mais  l'écu  ne 
l'a  certainement  pas.  L'objet  qui  y  figure  est  malheu- 
reusement indéchiffrable  chez  les  deux. 


18  - 

Junghàen.  Jean  Junghaen,  fabricant,  et  capitaine  de  la  Juger- 
Compagnie,  de  [789  (Musée),  a  bien  le  blason  donné 
par  le  Bùrgerbuch,  quant  à  l'écusson.  Mais  le  cimier  n'a 
pas  les  plumes  qui  s'y  trouvent  II  faut  le  coq,  avec  la 
patte  dextre  levée,  et  les  trois  coupeaux  (pi.  VII). 


Kiiimaw.  Sur  un  acte  de  décès,  du  17  août  1772,  con- 
servé aux  Archives  (Militaria),  figure  le  cachet  armorié 
du  pasteur  Mathias  Kielmann,  qui  présente  bien  la 
fleur-de-lis  donnée  par  Ehrsam,  mais  accompagnée  en 
chef  de  deux  étoiles  à  six  rais,  et,  sur  le  cimier,  la  fleur- 
de-lis  entre  deux  proboscides  (pi.  VII). 


Koechlin.  Famille  originaire  de  Hottingen,  aujourd'hui  un 
faubourg  de  Zurich,  dont  l'auteur  est  Hartmann 
Koechlin,  tonnelier,  venu  en  1596  à  Mulhouse  et  reçu 
bourgeois  privilégié  en  1604.  Ses  parents  étaient  Diet- 
helm  Koechlin  et  AnnaMerger  (Missiven-Protocoll,  19, 
p.  118).  Cette  dernière  mourut  en  161 1.  Son  frère, 
Jean  Merger,  était  tonnelier  à  Mulhouse.  Ces  détails 
d'ascendance  sont  encore  inédits. 

Ehrsam  donne  le  blason  des  Koechlin  de  Zurich,  qui 
ligure  ainsi,  du  reste,  plusieurs  fois  sur  le  tableau  des 
maires  à  l'Hôtel  de  ville  de  Mulhouse.  En  réalité,  au 
lieu  du  champ  d'or,  il  devrait  y  avoir  un  champ  de 
gueules,  ainsi  qu'il  appert  de  trois  écussons,  de  dates 
diverses,  conservés  au  Musée  historique  et  aux  Archives. 


1.  Hartmann  Koechlin,  garde-vignes  en  1735,  avait 
les  armes  suivantes  (pi.  VII)  : 

De  gueules  à  un  raisin  d'or  à  deux  feuilles  de  sinople  (pas 
de  serpette).  Cimier  :  un  raisin  d'or  à  deux  feuilles  de  sinople. 
Lambrequins  :  de  gueules  et  d'or. 


«  laan  Junghaan 


Jun£hae»n 

B$b.  (Erreur J 


• 


Mathias    Kielmann 
pasteur 1772. 


Samuel    Koechlin 


«9 


K  O  <?  n  »  4 


Ki'elmsnn 
o^o(  Erreur] 


Jean-Michel   Laeder/ch 
etJean  Laederich 

1783. 


i.  Jcan-G  Koti  blin,  i  i  w  tait  iue 

d'égli 

I  )(  'm  ul(  s  .1   un    raisin  de  poui  ; 

Citniei  :    un    jeune    homm 

•ih  ul<  i  col  d'oi ,  tenant  da 

le  bi .1  .i|>|mi\  <  mu  la  li  /  ami 

et     d\  H  . 

j,  Enfin,  dans  une  <  «  >pie,  de  i  ;  i<v  de  la  chu  unique 
de  Fûrstenberger,  conservée  au>  Archives  et  ayant 
appartenu  à  Samuel  Koechlin,  un  des  fondateurs  de 
l'industrie  des  toiles  peintes  à  Mulhouse,  celui-ci  a  fait 
peindre  ses  armes  en  tête  du  \i\  re,  qui  portent  pi.  VII  ; 

Dans  un  écusson  rond  (médaillon),  bordé  d'azur,  sur  champ 
de  gueules  un  raisin  de  pourpre  (sans  serpette)  a  une  tige  et 
deux  feuilles  de  sinople  (sans  serpette).  Cimier:  sur  un  tortil 
d'or,  un  Maure  habille  de  gueules,  col  d'argent,  ceinture  d'or  a 

bouts  Bottants  de  même  a  senestre,  tenant  dans  sa  dextre  le 
raisin  de  l'écu.  Lambrequins:  de  gueules  et  d'or. 

Tous  les  Koechlin  actuels  descendent  de  ce  Samuel. 

Koenig.  Michel  Koenig  figure  parmi  la  Jâger-Compagnie,  de 

1789  (Musée).  Son  blason  porte  bien  la  couronne,  mais 
sans  le  4  retourné  d'Ehrsam.  Par  contre,  il  a  trois  cou- 
peaux,  que  ce  dernier  a  négligés.  Sur  le  cimier,  il  n'y  a 
que  la  couronne,  sans  le  quatre  (pi.  YII  . 

Kohler.  Sur  le  même  tableau,  Abraham  Kohler  a  bien. 
dans  son  blason,  Pécureuil  sur  trois  coupeaux  et  le 
chappé-ployé,  mais  l'homme  issant  du  cimier  y  porte 
un  bonnet  albanais,  qu'Ehrsam  a  omis. 

Larderich.  Ehrsam  a  reproduit  ce  blason  d'après  un  dessin. 
datant  de  la  seconde  moitié  du  xvme  siècle  et  qui  était 
en  possession  de  M.  Laederich-Schmalzer.   Ce  dessin 


est  encore  entre  les  mains  Je   son   pctit-hls,   M.  Jcan- 

[acques  Laederich,  notre  collègue  du  Musée  historique, 

qui  possède  aussi  une  copie  du  même  dessin,  sur  la- 
quelle on  lit  une  annotation  de  la  main  de  M.  Laederich- 
Schmalzer:  «  Ce  blason  a  été  copié,  le  (S  juillet  1828, 
du  mien,  par  un  artiste-peintre  nomme  Laederich,  qui 
est  issu  d'une  famille  d'ici  et  qui  demeure  à  Paris,  lors 
de  son  passage  à  Mulhouse  ». 

Aucun  de  ces  deux  dessins  n'a  de  cimier,  ni  de 
lambrequins. 

Le  Musée  historique  possède,  de  son  côté,  un  tableau 
des  gardes-vignes  de  1  783,  don  du  même  M.  Laederich- 
Schmalzer,  qui,  sur  six  médaillons,  donne  le  blason  de 
deux  Laederich,  Jean-Michel  et  Jean  Laederich,  ses 
père  et  oncle,  qui  porte  (pi.  Vil)  : 

D'argent  à  un  cerf  naturel  contourné  et  rampant,  la  tête 
tournée  à  dextre. 

Malheureusement,  le  cimier  et  les  lambrequins  font 
aussi  défaut,  mais  il  est  aisé  de  les  reconstituer.  A  n'en 
pas  douter,  le  cerf  est  issant  sur  le  cimier,  et  les  lambre- 
quins doivent  être  d'argent  et  de  gueules  (cette  dernière 
couleur  étant  de  la  gamme  du  brun). 

Comment  expliquer  la  présence  de  deux  armoiries  si 
différentes  pour  une  même  famille  ?  A  notre  avis, 
le  blason  du  tableau  des  gardes-vignes  est  plus  officiel 
que  L'autre  et  a  donc  le  plus  de  chances  d'authenticité. 

M.J.-J.  Laederich  possède  encore  un  troisième  dessin, 
également  ancien,  reproduisant  les  armoiries  d'une 
famille  Laederich  de  la  Silésie.  Elles  sont  : 

Ecartelé,  aux  i  et  4  de  gueules  à  la  bande  d'argent,  aux  2  et 
3  de  sable  à  un  lion  rampant  d'or  tenant  dans  sa  patte  dextre 
un  marteau  d'or.  Cimier:  un  vol  superposé  de  gueules  chargé 
de  la  bande  d'argent.  Lambrequins  :  de  sable  et  d'or. 


Jean  Landf.mann 
B$m  1583   15A5 


Landsrnann 

B<Sb(  Erreur  ) 


Lehr 

sceau  de  1750 


Bs 


Lehr 

b.(  Erreur) 


Loescher 

Bgb  ^Erreur' 


A.Th.-G.  Maeder 

pasteur  1797 


Maeder 

B>£b./  Erreur' 


Jean  -Mann  Mansbendel 
1783 


Mansbendel 
Bjb 


Mart?  H 
1680 


Meierdit2jm  Hirtien 


I  ,ambi  r  i .   I  )  »n  titre  m  .m  dos 

>nsei  i   «    .m   \ln 
très  abîmé   une  «  t<  >ih  i  n  c  lief,  dans  I  «  n. 

Landsmann.  Le  blason  du  Bùrgerlwcb  n'esl  | 
celui  du  bourgiiK  tre  fean  I  andsmann  d 
en  i  185,  qui  est  le  v  rai.  (  elui  ci  p<  >rtt  (  pi  \ '  1 1 1  > 

I  )  .1    il. >is    trèfl  1  • 

Cimiei  :  un  buste  de  lansquenet  illé 

de  gueules,  les  manches  d'or,  tenant  dans  sa  main  un 
d'or,  Lambrequins  :  d'azur  et  d'or, 

Ehrsam  a  pris,  sur  le  tableau  des  gardes-vignes  de 

177}  (Musée),  les  armoiries  de  Pierre  Lmdsmann.  qui 

ont  la  forme  publiée  par  lui. 

Lehr.  Armoiries  erronées.  Le  Livre  d'Or  les  a  rectifiées 
sur  la  demande  de  la  famille,  dont  les  deux  branches 
encore  existantes  en  France  et  en  Suisse  possèdent  un 
cachet  armorié  authentique  du  XVIIIe  siècle1.  Les  ar- 
moiries véritables  portent  (pi,  VIII): 

Coupé,  au  1  d'or  à  une  aigle  éployée  de  sable,  au  2  d'azur 
à  une  bande  d'argent.   Cimier:   l'aigle  de  l'écu.    Lambrequins'. 

d'or  et  d'azur. 

Loescher,  Erroné.  Aux  Archives  sont  conservées  plusieurs 
lettres,  datées  de  1659  à  1674,  de  Wolfgang-Frédéric 

Loescher,  capitaine  de  la  compagnie  de  Mulhouse  au 
régiment  suisse  de  Stoppa,  avec  son  sceau  armorie  en 
deux  grandeurs  différentes,  qui  porte  (pi.  VIII): 

De  sable  à  une  rose  de  gueules  à  cœur  d'or,  surmontée  d'une 
couronne  d'or.  Cimier  :  un  vol  d'argent  avec  la  rose  sur  chaque 
aile.  Lambrequins:  de  sable  et  d'argent. 

Le  blason  se  trouve  aussi,  avec  les  couleurs,  dans  le 


Obligeante  communication  de  M.  le  professeur  Ernest  Lehr.  de  Lausanne. 


—  52 

supplément  manuscrit  du  vieux Siebmacher,  publié  dans 
le  tome  VI  des  Bùrgerliche  Wappenbùcher  du  même,  édi- 
tion en  cours.  Les  Lœscher  étaient  originaires,  non  de 
la  Suisse,  comme  le  dit  Ehrsam,  mais  de  Nuremberg. 

MAEDER.  Erroné.  Sur  une  lettre  de  1797,  conservée  aux 
Archives,  du  pasteur  Abel-Théodore-Guillautne  Maeder, 

le  sceau  porte  (pi.  VIII)  : 

De   gueules  à  quatre    muguets   arraches  d'argent,    tiges  et 

feuilles  de  sinople,  avec  une  faux  d'argent  sans  manche  posée 
en  fasce  sur  le  tout,  la  tranche  tournée  vers  le  chef.  Cimier: 
un  homme  issant,  habillé  de  gueules,  coiffé  d'un  bonnet  albanais, 
tenant  des  deux  mains  une  faux  emmanchée  d'argent.  Lambre- 
quins :  de  gueules  et  d'argent. 

Jonas  Maeder,  tondeur  de  draps,  du  tableau  de  la 
Jâger-Compagnie,  de  1789  (Musée),  a  le  même  blason 
que  le  pasteur,  mais  sur  le  cimier  on  voit  une  tondeuse 
rappelant  sa  profession. 

Mansbendel.  Le  tableau  des  gardes-vignes  de  1783  donne 
pour  Jean-Henri  Mansbendel  la  variante  suivante 
(pi.  VIII),  sans  doute  la  vraie  : 

Parti,  au  1  d'argent  à  cinq  fasces  fuselées  de  sable,  la  pre- 
mière et  la  dernière  fasce  de  quatre  fuseaux,  les  trois  autres 
de  cinq,  au  2,  coupé  de  trois  pièces,  celle  du  chef  d'or  à  la 
patte  d'ours  issante  du  coupé  de  sable,  celle  du  milieu  de 
gueules  à  la  patte  d'ours  également  issante  de  sable,  celle  de  la 
pointe  d'or  à  la  patte  d'ours  aussi  issante  de  sable. 

Pas  de  cimier,  ni  de  lambrequins. 

Mantz.  Le  cachet  de  Jacques  Mantz,  de  Copenhague,  a  le 

même  blason  que  le  Bùrgerbuch,  mais  sur  le  cimier  un 

homme  issant.  Lettre  du  14  juillet  1768,  aux  Archives. 

Cette  famille   est   originaire   de   Zurich  ;   l'armoriai 

de    cette    ville    donne    les  mêmes    armoiries,  sauf  le 


v  hamp  du  p<  >iss<  >n   qui  i  A  d  azui  au  lieu  d 
Elles  ont  aussi  l'homm         ani  d'un         ironnt 
le  (  imiei ,  (  «  >iff<  d  lui  i«  util  à  quatre  plumes  d  auti 

l  (ne  auti  e  famille  Mantz,  ant(  i  i<  lu  «  à  la  . 
.1  i ésidé  .1  Mulh< luse  pendant  d(  u k  «  iu  tr< >i 
Elle  avait  pour  auteui   fean  fa<  qu<  s  Mant2  '  rt- 

halen,    prés  d'Andelfingen    Sui      I         u   b<  i         is- 
manant  en   16]  \  ^<  m  blas<  >n  |  pi.  VIII  é  sur 

un  gobelet  de  la  tribu  des  Tailleurs,  de  1 1 
trouve  .m  Musée,  et  n'a  aucun  rapport  avec  celui  de 
la  souche  de  Zurich. 

Meyer,  Le  Livre  d'Or  donne  aussi  les  armoiries  des  Meier 

dit   ;/////   /////y//,   qui   manquent   dans  le    Bûrgerbuch. 
Une  branche  de  cette  famille  bâloise  est,  en  effet,  venue 

s'établir  à  Mulhouse,   connue  les  Meyer     /////  Pjtil,  de 
la  même  ville.    Les  premiers  portent  (pi.  VIII): 

D'or  à  trois  coupeaux  de  gueules  sommés  d'un  arbre  de 
sinople  fûté  de  brun.  Cimier:  l'arbre  de  l'écu  avec  les  coupeaux. 
Lambrequins:  de  gueules  et  d'or. 

Une  troisième  famille,  sorthographiant  Mayr,  est 
venue  d'Augsbourg.  Son  blason  est  dans  le  Bûrgerbuch. 

Motsch.  Daniel  Motsch,  valet  de  ville  en  1615,  appose 
son  cachet  sur  un  document  conservé  aux  Archives. 
Il  diffère  essentiellement  du  blason  du  Bùrgerbuch, 
adopté  postérieurement  par  la  famille,  après  1642.  Le 
sceau  en  question  porte  (pi.  IX): 

Trois  glands  tiges  et  feuilles  sortant  chacun  d'un  des  trois 
coupeaux  de  la  pointe.  Brochant  sur  le  tout,  un  gant  à  quatre 
doigts.  En  chef,  les  initiales  D.  M.  Couleurs  inconnu. 

Mùller.  Plusieurs  familles  d'origines  diverses,  qui  ont  dû 

avoir   des   armoiries   différentes.   Nous  avons  donne. 


—  54 

sur  la  planche  [,  les  armes  du  bourgmestre  Hcnsclin 
Mullcr,  de  i  J98.  Nous  reproduisons,  sur  la  planche  IX, 
le  sceau  de  maître  Jean  Mullcr,  de  Mulhouse,  de  1574, 

qui  porte  : 

Une  demi-roue  de  moulin  couchée  en   pointe,  de  laquelle 
s'élève    un   triangle    vidé  sommé   d'une  étoile  à  six    rais,    lui 

exergue:   IIANS  MVLLER (reste  illisible).   Pas  de  cimier, 

ni  de  couleurs. 

Sur   un   gobelet   de   la  tribu   des  Tailleurs,   André 
Mùller,  reçu  membre  le  19  octobre  1673,  a  la  même 

demi-roue  de  moulin  (pi.  IX),  mais  elle  est  sur- 
montée d'une  paire  de  ciseaux,  accessoire  de  fantaisie 
professionnelle  que  présentent  à  peu  prés  tous  les  autres 
membres  de  la  tribu  représentés  sur  ledit  gobelet. 

Oberlix.  Henri  Oberlin,  cuvetier,  figure  sur  le  tableau  de 
là  Jâger-Compagnie,  de  1789  (Musée),  mais  son  blason 

est   difficile  à  déchiffrer,   notamment   dans  Pécu,   qui 
semble  porter  un  cuveau  ou  un  tonneau.  Sur  le  cimier, 
un  marteau  et  deux  objets  impossibles  à  reconnaître. 
Ehrsam  a  d'autres  armes  pour  cette  famille. 

Pfirter.  Famille  éteinte  au  commencement  du  xvne  siècle, 
qui  a  donné  deux  bourgmestres  à  la  ville  de  Mulhouse. 
Nous  ne  nous  occuperons  ici  que  de  Roman  Pfirter 
(1567 — 1572),  qui  nous  offre  un  double  cas  curieux. 
Il  y  a  d'abord  le  fait  que  nous  avons  trouvé  de  ce  per- 
sonnage deux  différents  sceaux  aux  Archives,  l'un  de 
1 542,  l'autre  de  1363  (pi.  III).  La  forme  du  premier  est 
celle  que  Pétri  a  adoptée  pour  le  tableau  des  bourg- 
mestres. La  seconde  forme  présente  une  feuille  de 
tilleul  tigée  et  feuillée  de  deux  pièces. 

Le  sceau  de  1542  adopté  par  Pétri  n'a,  ainsi  qu'on 
le  verra  sur  notre  reproduction,  ni  cimier,  ni  lambre- 


Daniel   MoLscb 
1619 


Jean  Mii  lier 

15^4 


Conrad  Rack 


1773 


A  nd  re  Mûller 

1680 


Jacques  Romann 

1789. 


David  Schickler 
1779. 


Rack 

&gb(£Vr,îur  ■ 


Romann 

Bgb.(  Erreur) 


Schickler 
B|b. 


quins,  ^< imme  t< >u .  les  blas< >n    b< >u 

des  \i\    el    -.      si<  1 1*  s,   Il  lui  en  .1  oci  it  en 

n ansfoi  m. nu  très  m-  1  m<  ni  I 

tilleul,  de  s< >rte  qu<  iu  le  suivant  : 

I  h  gu<  uli    .1  une  feuille  de  tilleul 
oix  d'argent,   (  Umiei  :  un 
habillé  de  gueules  et  d'argent,  u  nani  dans  cha 
feuilles  sui    une  tige,    le    toui    de    sinople.    Lambrequins  \    de 
gueules  et  d'argent. 

\{  \i  k.  I  ,e  blason  de  cette  famille  est,  a  imme  ensemble,  bien 
donné  par  le  Hùrgerbuch,  mais  il  y  manque  toutefois  les 
trois  coupeaux  de  sinople  de  la  pointe,  don  s'élève  une 
plante  à  onze  feuilles  de  sinople  sur  les  champs  il  argent 

et  couverte  par  un  des  compartiments  de  gueules  for- 
mant ainsi  broché  sur  elle.  En  outre,  l'oiseau  du  cimier 
est  d'argent,  becqué  et  membre  d'or   pL  IX), 

Notre   variante    figure   ainsi    sur  les    armoiries   de 
Conrad  Rack,  garde- vignes  en  1773  (Musée). 

Romann.    Sur  le  tableau  de  la  Jàger-Conipagnie,   de   1  j 

(Musée),  Jacques  Romann  n'a  pas  les  mêmes  arn 
que  celles  du  Bùrgerbuch.  Elles  ont  dans  le  champ  une 
serpette  posée  en  pal,  qui,  sur  le  cimier,  est  couchée  en 
fasce  sur  deux  objets  indéchiffrables  posées  l'un  en  pal, 
l'autre  en  barre.  A  noter  que  Jacques  Romann  était 
maréchal-ferrant;  il  ne  saurait  donc  être  question 
d'armes  parlantes,  la  serpette  Rappliquant  aux  vigne- 
rons (pi.  IX). 

Roppolt.  Famille  éteinte  au  xvnc  siècle,  qui  a  fourni  un 
bourgmestre  à  la  ville,  Louis  Roppolt  (15 14 — 1529). 

Pétri  lui  a  attribué  les  armes  suivantes  (pi.  III)  : 

De  sable  à  une  croix  se  terminant  en  pointe  par  un  crochet, 
le  tout  d'or.    Cimier  :   un   buste  d'homme   issant  de  carnation, 


56 

habillé  de  gueules  et  d'argent,  tenant  dans  sa  dextre  le  meuble 
de  l'écu  et  de   la   senestre   soutenant   un    manteau   de  gueules 

double  de  sable,  formant  lambrequins. 

Son  arriére-petit-fils,  François  Roppolt,  applique  sur 

une  lettre  de  [590  (Archives)  sou  sceau  (pi,  III),  qui 

montre  un  blason  tout  autre  : 

Un  peloir  pose  en  fasce  surmonté  d'une  croix  de  sable,  en 

pointe  trois  eonpeanx.  Au-dessus  de  l'écusson,  les  lettres  F.  K. 
Ni  cimier,  ni  lambrequins. 

de  Rosen.  Schoenhaupt  dans  son  Livre  d'Or>  donne  les 
armes  exactes  de  cette  famille  noble,  qui  avait  le  droit 
de  bourgeoisie  honoraire  à  Mulhouse.  Celles  d'Ehrsam 

ont  les  couleurs  interverties. 

Schickler.  Famille  originaire  de  Bâle.  Sur  une  quittance  de 
David  Schickler,  résidant  à  Berlin,  de  1779,  il  y  a  son 
cachet  qui  porte  (pi.  IX): 

D'argent  au  chevron  de  sable,  accompagné  de  trois  molettes 
d'or,  2  et  1.  Cimier:  un  buste  d'homme  issant,  sans  bras,  vêtu 
de  sable,  col  de  gueules,  coiffé  d'un  bonnet  de  fou  de  gueules 
à  grelots  d'or.  Lambrequins  :  de  sable  et  d'argent. 

Les  Schickler  de  Berlin  obtinrent  le  titre  de  baron, 
le  2  mai  1870;  leurs  armes  sont  : 

D'azur  au  lion  d'argent,  armé,  lampassé  et  couronné  d'or, 
tenant  dans  ses  pattes  une  roue  de  moulin  d'or.  Cimier:  sur  un 
casque  couronné,  une  queue  de  paon  au  naturel.  Lambrequins: 
d'argent  et  d'azur. 

Schlumberger  (branche  aînée).  Famille  originaire  de  Setz- 

ingen,  près  d'Ulm,  où  des  documents  authentiques  la 
mentionnent  dès  141 8.  Vers  le  milieu  du  xvie  siècle, 
plusieurs  membres  de  cette  lignée  se  sont  fixés  à  Mul- 
house, mais  deux  branches  seulement  ont  poursuivi 
leur  descendance,  jusqu'à  nos  jours. 


(  elle   qui    parait    être   I  aîn<  e,    remoi  l 

S,  IiIiiiiiIm  I.iiiih  m  ,    ne   .1    Si  1/ 

Mulhou  \(  en  i  j  \  >.  année  où  il  lut  reçu  à  la  tribu 
Bou(  lui  •.  I  ins(  i  ipti(  »n  \  n  lati\  i  nu  nti(  >nne  qu'il  | 
un  se  hilling  poui  la  peinture  de  «  i  ai  nu  s  sur  le  tabl< 
de  la  n  iImi.  Il  inouï  ni  en   1557.  I  ton  i  un  d(  -  ument 
traitant  de  sa  succession,  il  1  st  question  d'un  bahut 
lequel  étaient  sculptt  du  défunt  et  de 

femme,  (  Catherine  Eck. 

Son  fils  unique,  [ean  Ulric,  lui  bourgmestre  de  [620 
à  1  6 ](i.  (  )n  conserve  de  lui,  dans  la  famille,  un  gaufrier 
à  ses  armes  ci  ;i  celles  Je  sa  femme,  Rosine  Biegeisen, 

daté  de   1  608. 

Au  Musée  Saint-Jean  existe  la  pierre  tombale  du  lîls 
de  ce  dernier,  s'appelant  aussi  Jean-LIrie,  mort  en  H 
sur  laquelle  se  trouvent  également  son  blason  et  celui 
de  sa  femme,  Anna  Bûrlin. 

Ces  trois  Schlumberger  étaient  tanneurs  de  leur  pro- 
fession. Les  armoiries  du  gaufrier  et  de  la  pierre  tom- 
bale (pi.  X)  v  font  allusion  et  se  blasonncnt  ainsi: 

En   pointe  trois  coupeaux  surmontés  de  trois  étoiles  a  six 

rais,  placées  i  et  2,  au-dessus  desquelles  est  posé  un  peloir 
sommé  d'une  croix.  Cimier  :  un  lion  issant. 

La  croix  tait  peut-être  allusion  au  tait  que  plusieurs 
ancêtres  directs  des  intéresses  occupaient  la  charge  de 
bailli  de  Tordre  Teutonique  à  Setzingen. 

Pétri,  en  créant  son   tableau   des   bourgmestres,   a 
supprimé,  avec  raison,  le  peloir  comme  accessoire  indi- 
viduel. Le  blason  ainsi  modifié,  devenu  officiel  pour 
descendants,  est  le  suivant  : 

D'azur  à  trois  étoiles  à  six  rais  d'or,    i  et  2,  accompagnées 

en  chef  d'une  croisette  de  même  (et  en  pointe  d'un  mont  de 
trois  coupeaux?).  Cimier:  un  lion  à  queue  fourchue  issant  d'or, 
armé  et  lampassé  de  gueules.  Lambrequins  :  d'azur  et  d'or. 


58 

Les  coupeaux  de  sinople  ne  sont  pas  visibles,  mais 

la  place  vide,  en  pointe,  permet  de  supposer  qu'ils  y 
étaient.    Les   deux    rangées   d'armoiries   du   bas   ont 

soulier!  par  suite  de  l'habitude  des  conseillers  en  séance, 
au  \iv  siècle,  d'appuyer  leur  tête  contre  le  tableau. 

Ehrsam,  dans  le  Bùrgerbttch,  donne  mal  les  armes  de 
cette  branche,  sans  doute   parce  qu'il   les  a   vues  ainsi 

sur  le  tableau  des  gardes-vignes,  de   [780,  peint  par 
[ean-Ulric  Schmerber,  sellier. 

lui  présence  du  lait,  répété  et  accentue  encore  parle 
Livre  d'Or,  de  cette  différence  avec  les  armoiries  du 
tableau  des  bourgmestres  et  la  pierre  tombale,  M.  Ca- 
mille Schlumberger,  de  Ribeauvillé,  notre  collègue  du 
Musée,  a  réuni  les  membres  de  sa  famille  intéressés  à 
la  question,  pour  fixer  la  forme  définitive  à  l'aide  de 
documents  authentiques.  Voici  un  résumé  du  procés- 
verbal  de  cette  réunion,  que  notre  collègue  a  eu  la  gra- 
cieuseté de  nous  communiquer: 

Réunion  <///  j  mars  1  <j  1 1 .  Avaient  été  convoqués  tous  les 
porteurs  du  nom,  descendants  du  bourgmestre  Jean-Ulric 
Schlumberger;  quatorze  étaient  présents. 

Après  avoir  pris  connaissance  des  différents  documents  qui 
leur  furent  soumis,  soit  : 

i°  Un  vitrail  daté  de  Tan  1 5  50  (appartenant  à  M.  Ed. -Albert 
Schlumberger),  dont  cependant  il  n'est  pas  sûr  que  les  armoiries 
soient  contemporaines  des  autres  motifs  qui  y  figurent. 

2°  Un  gaufrier,  daté  de  Tannée  1608,  portant  les  armoiries 
Schlumberger  sur  Tune  des  faces,  avec  la  légende  :  «  Hans 
Ulrich  Schlumberger,  Burgcr  zuo  Mulhausen  »,  et  de  l'autre 
côté,  les  armoiries  de  la  famille  Hiegeisen,  avec  la  légende  : 
((  Rosina  Biegiserin,  sein  Ehelich  Hausfrauw». 

30  Une  reproduction  photographique  de  Tarmoirie  peinte  en 
1642  au  tableau  des  bourgmestres  de  l'Hôtel  de  ville  de  Mul- 
house. 

40  La  reproduction  photographique  de  la  pierre  tombale  de 
J.-Ulr.  Schlumberger,  fils  du  bourgmestre,  mort  en   1661. 


51  i    • 


'.v 


>. 


Spprf  g^Kj 


JeaniMric    Bchluiflb< 
I60ê. 


Rosine  Bieée^en 


Jean  Ul 

■*3Ô.   * 


Jean-Ulric  Schlurnber^er 

1661 


Schlumber|er 

hentique) 


Anne  Burlin 

166-1 


Jean  Schlum  bercer 
branche  cadette 
i<503. 


bit 


Schlum  berger 

Rakisbonne . 


SchL 

b  r  3  n  r 


Schiumberger 
M umcH  !ôî5. 


,    1  ii  tableau  d 
.m  \1m  a     lu  '«  .1  iqu(   d<    Mulhou 

l  h  tableau  d 
.m  Mu  h  (   histoi  ique  d<    Mulhou 

l  m.    d'un  ca<  hef  de  l'ai 

appai tenu  .i    |.  (  < »i 1 1 .ni   s, liliin  M.   K 

I  ranc  k,  an<  ien  cor         a  m  du  M 

Et  après  a> oii  pi is  ^< tnnaissance  d< 
l>. n  des  membres  abs  me  lettre  dans  laquelle 

M.   Daniel  Schlumbergei   dit         ouvenir  que 
possédait   un   cachet   sur  lequel   figuraient         armoiries  de  la 
famille,  dans  leur  foi  me  ancienne. 

Après  examen  de  toutes  ces  pu  >n,  il  a 

été  décidé  à   l'unanimité  que  le  tableau   des   I  de 

l'Hôtel  de  ville  devait  être  considéré  comme  le  document  le  plus 
authentique  auquel  on  puisse-  se  reporter,  et  que  d'autres  docu- 
ments postérieurs,  et  d'usage  familier,  venant  le  confirmer 
encore  il  y  avait  lieu  d'adopter  pour  les  armoiries  de  la 
famille  la  tonne  suivante  : 

o  D'azur  à   trois   étoiles  d'or,    de   six   rais,    posées    I    e- 
accompagnées   en    chel    dune    croisette  de   même,   et  en 
«pointe  d'un  mont  de  trois  coupeaux  aussi  d'or.    Comme 

n  cimier  un  lion  à  double  queue,   d'or,   armé   et   lampassé   de 
«  gueules  ;  les  lambrequins  d'azur  et  d'or.  » 

En  ce  qui  concerne  tenue  autre  pièce,  telles  que  couteau  de 
tanneur,  initiales,  qui  figurent  sur  l'un  ou  l'autre  document, 
celles-ci  sont  à  considérer  comme  des  emblèmes  personnels,  dus 
à  la  fantaisie  de  l'un  ou  l'autre  porteur  du  blason,  et  n'entrent 
pas  en  ligne  de  compte. 

En  ce  qui  concerne  les  coupeaux:  ceux-ci,  à  vrai  dire,  ne 
sont  nullement  visibles  sur  la  peinture  du  tableau  des  bourg- 
mestres; mais  un  examen  attentif  de  la  reproduction  photogra- 
phique révèle  dans  le  bas  de  l'ecu  une  légère  différence  de 
nuance,  invisible  sur  l'original;  et  les  étoiles  étant  placée 
haut  semblent  bien  faire  place  à  un  accessoire  avant  figuré 
primitivement  en  pointe  de  l'écu.  Etant  donné  que  tous  les 
autres  documents  montrent  des  coupeaux,  il  a  été  décidé  que 
ceux-ci  seraient  compris  définitivement  parmi  les  pièces  du  blason. 


1,(1 

Un  rameau  de  la  branche  aînée  de  la  famille  Schlum- 
berger  a  été  anobli,  en  [895,  par  Pempereur  d'Alle- 
magne, en  la  personne  de  feu  M.  Jean  Schlumberger, 
manufacturier  à  Guebwiller,  ancien  conseiller  d'Etat  et 
président  du  Landesausschuss,  et  de  sa  descendance 
masculine.  A  celte  occasion,  les  armoiries  du  Livre 
d'Or  lurent  confirmées  à  ce  rameau;  elles  portent: 

D'azur  à  trois  étoiles  à  six  rais  d'or,  i  et  2,  et  une  croisette 
d'argent  placée  entre  les  deux  étoiles  inférieures  et  au-dessus 
d'un  mont  de  trois  COU  peaux  d'or.  Casque  de  tournoi  couronné. 
Cimier**  un  lion  d'or  lampassé  de  gueules  issant.  Lambrequins*. 
d'azur  et  d'or,  et  d'azur  et  d'argent. 

De  Setzingen,  les  Schlumberger  se  sont  répandus 
de  bonne  heure  dans  les  villages  de  la  seigneurie 
d'Ulm.  Une  branche  s'est  fixée,  vers  la  fin  du  xvie siècle, 
à  Ratisbonne,  où  nous  avons  retrouvé  deux  fois  son 
blason  dans  le  registre  du  tribunal  de  la  prévôté. 
C'est  celui  que  donne  Siebmacher,  Bùrgerliches  Wapprn- 
buch,  tome  II  : 

Ecartelé:  au  1  et  4  tranché  d'or  et  de  sable,  à  trois  besants- 
tourteaux  brochant  sur  le  tranché  de  l'un  en  l'autre;  au  2  et  3 
d'argent  à  un  buste  d'homme  issant  de  trois  coupeaux  d'azur, 
habillé  de  gueules  et  brandissant  une  épée  de  la  main  dextre. 
Cimier\  l'homme  à  l'épée  issant  d'une  couronne  entre  les  deux 
ailes  d'un  vol  tranchées  d'or  et  de  sable  et  chargées  des  trois 
besants-tourteaux.  Lambrequins',  à  dextre  de  sable  et  d'or,  à 
senestre  de  gueules  et  d'argent. 

De  cette  lignée  descendent  sans  doute  les  Schlum- 
berger  que  Siebmacher,  2e  édition,  mentionne,  en  1691, 
parmi  les  nobles  d'Autriche,  avec  des  armes  identiques, 
sauf  que  les  besants-tourteaux  sont  des  roses,  et  les 
Schlumberger  Edle  von  Goldeck,  de  Hongrie,  anoblis  le 
6  février  1879,  dont  les  armes,  décrites  par  Rietstap,  sont 
aussi  à  peu  prés  les  mêmes  que  celles  de  Ratisbonne. 


61 

Enfin   au  Mus<  i  d<   Muni*  h  <  iti       le  Si- 

bylle S<  tilumbergei   d(   1615,  d<  »m  I 

mu  (  hamp  d  1  n  un  h<  »mmi  habillé    I  nanl  un 

sabi  1    1  l.i  m. un.  .1  l.i  1  «  »iilrin  pu  s  le  ni'  m.  qu<  d(  ■• 
I  é<  n  é  .11  teh  de  Ratisix  >nne« 

I  (  >ut<  \  .m  tantes  figui  1  m   ni  la  plane  lu  \. 

S(  m  umb]  RGi  r    (  bran<  he   1  ad<  tte  )     Ehi  ;am  dans 

son  Tlùrgerbuchy  les  armoiries  de  cette  branche,  ori- 
ginaire d'(  )ellingen,  prés  d'Ulm,  quoique,  dans  le  1 
il  Tait  mêlée  sans  autre  aux  membres  Je  l'autre  I: 
C'est  d'autant  pins  surprenant  qu'il  a  ui  connaissance 

de  leur  blason,  reproduit  sur  le  tableau  des  cardes- 
vignes  de  [780,  dont  lui-même  a  tait  don  an  Musée 
historique,    et    sur    lequel    figure    Jean    Schlumberger, 

dont  les  armes  portent  (pi.  \): 

De  gueules,   à  la  bordure  d'argent,  à  une  flèche  en  pal  de 

sable,  terrée  et  empennée  d'argent,  flanquée  de  deux  étoiles  a 
six  rais  d'argent,  la  flèche  touchant  en  pointe  les  trois  COU  peau  X 
de  sinople.  Cimier:  un  demi-vol  sur  lequel  est  posée  la  flèche, 
sans  les  étoiles.  Lambrequins:  de  gueules  et  d'argent. 

L,  Schoenhaupt  a  donné  ce  blason  dans  son  L. 
lÏOi\  moins  la  bordure  d'argent. 

Jean  Schlumberger,  impliqué  dans  l'affaire  Fininger, 

en  1587  et  1590,  faisait  partie  de  cette  lignée.  Son 
cachet,  appliqué  sur  une  lettre  qu'il  adressa,  en  octobre 
160},  de  Sainte-Marie-aux-Mines,  au  magistrat  de  Mul- 
house (il  était  en  fuite  et  banni  de  la  ville),  porte 
(pi.  X)  : 

Tranché,  au  i  à  un  ours  passant,  au  2  plein.   Cimier:  l'ours 
issant,  entre  les  initiales  H.  S.  (Hans  Schlumberger). 

II  n'a  pas  laissé  de  descendance. 


—  62 

ScHMERBER.  Eh  r  sa  m  reproduit  clans  le  Tïiirgerbuch  le  blason 
du  bourgmestre  Jean-Thiébaul  Schmerber  1 720-1  727), 
mais  il  représente  —  évidemment  à  tort  —  le  lion 
de  l'écu,  comme  celui  du  cimier,  contourné.  Le  blason 
de  Rodolphe  Schmerber,  garde-vignes  en  1 77  ]  (Musée), 
est  identique  à  celui  du  bourgmestre. 

Par  contre,  sur  le  tableau  îles  gardes-vignes  de  1761 
(Musée)  figure  un  Henri  Schmerber,  potier,  dont 
récusson  n'a  pas  de  lion,  mais  un  pot  à  deux  anses 
d'or!  Fantaisie  de  l'artiste  ou  du  potier,  qui  a  voulu 
symboliser  sa  profession.  Nous  avons  vu  plus  liant 
que  son  voisin  Jean  Franck  (v.  cet  article),  boulanger, 
a  (ait  une  substitution  du  même  genre.  Far  contre, 
Henri  Schmerber,  sur  le  même  tableau,  a  maintenu  le 
lion  d'or  (tourné  à  dextre  sur  le  cimier,  ainsi  que  les 
couleurs  des  lambrequins  (pi.  XI). 

A  titre  documentaire,  nous  donnons  aussi  les  armes 
anciennes  de  la  famille,  datant  d'avant  1642: 

1.  David  Schmerber,  valet  de  ville,  de  13  (S  5.  Son 
sceau  est  de  petit  format  et  porte: 

Une  tète  et  col  d'ours  lam passé  issant  de  la  pointe  de  l'écu, 
surmonté  en  chef  d'une  rose  sommée  d'une  croix.  Au-dessus 
de  l'écusson,  les  initiales  D.  S. 

2.  David  Schmerber,  Amtmann  en  1601.  Sceau  de 
grand  format,  portant: 

lui  pointe  une  rose  sommée  d'une  croix  et  cantonnée  de  quatre 
étoiles  à  six  rais.  En  exergue:  S  *  DAVIT  *  SCHMERBER. 

Ce  David  était  tisserand  et  fils  de  Morand  Schmerber, 
qui  appartient  à  une  plus  ancienne  lignée  du  nom,  mais 
parente  à  la  seconde  lignée,  qui  a  pour  auteur  Mathis 
Schmerber,  de  Heimsbrunn,  frère  de  Morand,  et  qui 
acheta,  en  1569,  l'auberge  de  la  Demi-Lune.  Mathis  eut 
un    fils   Thiébaut,    vitrier,  qui    devint   aussi    plus  tard 


hôteliei  de  In  D<  mi  I  unt  II 
\nii.i  (  .1  enzingt  i . 

Il  e  cist(   m  Musée  Saint  |<  an  un<    pi< 
|)io\ enanl  de  i  ette  hôtellei ie   ni  la  [uellt 
les  .u  mes  pai  lantes  d<    I  hiébaut    pi.  X I 

Trois  (  ou  peau  c,  doni  <  elui  du  milu  u      I  dun 

.1  soudei  pla<  é  en  pal  sui   un  grésoii   d  un  ma 
sautoii ,  le  t<>ur  .u compagrx  en  ch  tt  I  .  s. 

D'un  autre  côté,  le  Musée  hi  torique  |  le  du 
môme  couple  un  gaufrier  de  [601,  où  l<  mari  a  dans 
l'écusson  un  lion  contourné  rampant  et  lampassé  (ceci 
pour  faire  pendant  aux  armes  de  sa  femme),  tenant 
des  dcu\  pattes  un  fer  a  souder.  La  femme  a  son 
écusson  somme  de  deux  croissants  ou  demi-lunes, 
allusion  à  l'hôtellerie. 

Le  tableau  des  gardes-vignes  de  [780,  don  d'Ehrsam 

au  Musée,   est  une  aquarelle  et,   suivant  le  Catalogue, 

l'œuvre    d'un    Schfmerber.     11    s'agit    de    Jean-Ulric 

Schmerber,  sellier,  né  en  1761.    C'est  donc  une  œuvre 

de  jeune  amateur. 

Schneider.  Ehrsam  ne  donne  pas  le  blason  de  cette  famille. 

La    provenance   de  celui   que  reproduit   le    Livre  d\  } 
nous  est  inconnue. 

Schoen.  Famille  originaire  de  Colmar,  d'où  Jean  Schoen  est 

venu  se  fixer  à  Mulhouse  vers  le  milieu  du  xvc  siècle. 
Elle  a  fourni  trois  bourgmestres  et  un  maire  à  notre 
ville:  Jacques  (155  }-i  374),  Jean-Jacques  (1660-1670  ), 
Jean-Georges  (1670-1673)  et  Jean  de  Frédéric  Schoen, 

maire  provisoire  (187 1  — 1872).  Nous  n'avons  pu 
trouver  de  sceau  datant  d'avant  1642. 

Les  armes  du  premier  bourgmestre  portent  (pi.  1): 

Parti,  au  i  d'or,  à  un  sapin  arrache  de  sinople  futé  au  natu- 


64 

rel,  au  2  d'azur  à  une  demi-roue  de  voiture  d'or;  en  pointe 
trois  coupeaux  de  sinople  brochant  sur  la  partition.  Cimier  1  un 
vol  Jont  l'aile  de  dextre  d'or  porte  le  sapin,  et  celle  de  senestre 
d'azur  porte  la  demi-roue  de  l'écu.  Lambrequins:  d'azur  et  d'or. 

Sur  les  blasons  des  deux  bourgmestres  postérieurs, 
peints  après  la  mort  de  Pétri,  la  position  du  sapin  et 
de  la  demi-roue  a  été  intervertie,  ce  qui  est  une  erreur, 
l'œuvre  de  1642  étant,  pour  nous,  définitive.   Quant 

à  celui  élu  maire  de  1871-I  872, son  écusson  est  le  même 
que  celui  de  ses  deux  prédécesseurs,  mais  le  cimier  est 
en  régie.  Le  Bùrgerlmch,  de  son  côté,  tout  en  respectant 
Tordre  primitif  dans  l'écu,  a  aussi  interverti  les  meubles 
sur  le  cimier. 

A  notre  avis,  les  seules  armoiries  à  considérer 
comme  bonnes,  sont  celles  du  premier  bourgmestre, 
blasonnées  ci-dessus  et  reproduites  sur  la  planche  I. 

Le  tableau  des  gardes-vignes  de  1  774  (Musée)  donne, 
pour  Jean  Schoen,  le  blason  de  la  famille  aux  meubles 
mal  placés  dans  le  parti,  puis  il  a  la  demi-roue  de 
moulin  d'or  à  dextre  sur  champ  d'or,  et  le  sapin  de 
sinople  sur  champ  d'azur! 

C'était  une  grosse  erreur  du  peintre,  car,  comme 
nous  l'avons  déjà  dit,  les  régies  héraldiques  interdisent 
de  mettre  métal  sur  métal  et  couleur  sur  couleur. 

Schoening.  Famille  venue  de  la  Lorraine,  s'appelant  primi- 
tivement Jenin,  qui  est  devenu  Schoening  à  Mulhouse. 
Ehrsam  n'a  pas  trouvé  son  blason.  Mais  le  Livre  d'Or 
en  reproduit  un,  manifestement  faux,  car  il  est  pris  dans 
les  Bûrgerliche  Wappenbûcher  de  Siebmacher,  tome  II, 
et  se  rapporte  à  une  famille  du  Palatinat,  dont  est 
issu  Joseph  Schoennig,  Landgerichts-Assessor  à 
Nuremberg,  qui  portait  ces  armes. 

Jean-Georges  Schoening,  négociant,  à  Mulhouse,  a 


Dav/nl  Si  hmm 


■ 


ThiebadF  Schmerber 

1601. 


Anne  Lirerrzin£er 
*6o\      ° 


Jean-Thibaut   5chmerb«r 
B£ro.1720-' 


Henri    Schmerber 

I7  61. 


Schmerber 
Bgb 


Jean  Steinb 
Bgm.  1t< 


Jesn  Steinbach 
Zunftmôiàcer  I625. 


Jean  Sbein  bach 
3om   1 662 -i 666 


Jesn-Ulric    Ste 

Cap   t«îi»«    "d5 


I 

bien  app<  isé  on  <  a<  li«  I  sui  un    ertifi  at  d 
du  i     juin  I*  1 1  (Musé<  I  malh<  un  u  i  il  ne  pré- 

nte  qu<         initiales  I   (  ».  S.  entrel 

S(  m  m  \(  m  k.    I  igni  i    <  h  iginaire   de    1 1  nne 

igneui  ie  de  Wui temb<  i ".  Ehi  am  ni   la  donn 
non  plus  dans  le  Bùrgerbui h.    Le  Lxvtk     l'O    ocl 
à  tort,  à  cette  famille,  le  blasi  m  â'h<  »nn  >n\  m  la 

Franconie,  résidant  à  Nuremberg  et  Ratisbonne,  publié 
par  lesdits   Bûrgerliche    fVappenbûclxr,  de  Siebmach 
tome  II. 

Sengelin.  Armoiries  trouvées  par  Ehrsam  sur  le  tableau  de 
la  Juger-Compagnie,  de  1789  (Musée),  où  figure  Jean 
Sengelin. 

Singer.  Originaire  de  Dinhart,  seigneurie  de  Kybourg,  canton 

de  Zurich.    Blason  manquant  clans  le  Bùrgerbuch,  mais 
donne  par  le  Livre  d'Or  et  puise  a  une  source  inconnue. 

Sontag.  L'auteur  de  cette  souche  était  d'Andelfingen,  can- 
ton de  Zurich,  et  non  de  Sainte-Marie-au\-Mines.  Bla- 
son qui  ne  figure  pas  dans  le  Bùrgerbuch.  11  est  donne 
dans  le  Livre  d'Or,  mais  a  été  pris  dans  Y  Armoriai 
d'Alsace,  page  $31,  à  l'article  :  Jean-Jacques  Sont 
apothicaire  à  Colmar.  Nous  doutons  que  celui-ci  soit 
originaire  de  Mulhouse. 

Steffax.  Feu  M.  Emile  Steffan,  relieur,  avait  un  dessin  des 
armoiries  de  sa  famille,  sur  lequel  l'homme  de  l'écu, 
comme  celui  du  cimier,  tient  en  main  une  navette  de- 
tisserand,  au  lieu  de  la  fleur  donnée  par  Ehrsam.  De 
tait,  les  premiers  du  nom  à  Mulhouse  étaient  tisseurs 
de  laine.  Ehrsam  a  trouve  le  blason  qu'il  donne  sur  le 
tableau  de  la  Jàger-Compagnie,  de  1789  (Musée). 


—  66 

STEINBACH.  Le  tableau  des  bourgmestres  donne  deux  bla- 
sons différents  à  Jean  Steinbach,  en  (onctions  de  1463  à 
1  170,  et  à  Jean  Steinbach,  en  exercice  de  1662  à  1 69  5 . 

Le  premier  porte  (  pi.  XI): 

De  sable  à  un  bouc  rampant  et  contourné  d'argent.  Cimier  : 

le  bouc  contourné  issant.  Lambrequins  :  de  sable  et  d'argent. 

Le  second  porte  : 

De  sable  à  deux  boucs  rampants  et  affrontés  d'argent.  Mêmes 
cimier  (le  bouc  non  contourné)  et  lambrequins. 

Quelle  a  été  la  raison  qui  a  fait  adopter  au  deuxième 
bourgmestre,  descendant  direct  du  premier,  cette  ampli- 
fication du  blason?  A  noter  qu'en  1642  il  était  du 
Conseil  et  qu'il  a  donc  voté  la  création  du  tableau 
des  bourgmestres.  Elle  est  due,  sans  doute,  au  fait 
qu'en  1623,  alors  qu'il  n'était  encore  que  zunftmestre, 
il  avait  déjà  introduit  dans  son  écusson  deux  boucs 
affrontés,  pour  leur  taire  tenir,  tels  des  supports1,  une 
selle  symbolisant  sa  profession  de  sellier.  Lorsque  plus 
tard,  en  1662,  il  devint  bourgmestre,  et  que  ses  armoi- 
ries furent  peintes  sur  le  tableau,  on  en  élimina  la  selle 
comme  accessoire  individuel  -,  mais  on  laissa  en  place 
les  deux  boucs,  auxquels  il  était  habitué. 

Le  blason  de  1623,  auquel  nous  faisons  allusion,  se 
trouve  sur  une  tirelire  conservée  au  Musée  historique 
et  provenant  de  la  tribu  des  Bouchers,  où  elle  a  dû 
servir  pour  les  collectes  et  les  amendes.  Cette  tirelire 
est  en  bois,  de  forme  ronde,  et  munie  de  ferrures 
à  cadenas.  A  l'extérieur,  elle  porte  les  blasons  des 
deux  zunftmestres,  au-dessus  de  deux  écussons  aux 


1  On  appelle  supports  les  animaux  et  tenants  les  hommes  ou  femmes  qui  sou- 
tiennent extérieurement  les  blasons. 

1  Voir  le  même  cas  de  suppression  d'un  accessoire  professionnel  individuel  chez 
le  bourgmestre  Jean-Ulric  Schlum berger,  page  65. 


(17 

.m  mes  d(  s  quai  i  e  pi  in<  ipal        rporat    i 
tanneui  s,  b<  >ui  hors,  <  i  »i  d< mnii 
de  fean  Steinbac  h    pi,  M 

I  )  .m  -(in  .i  d(  n\  bou<  ••  ramp:    I 
une  selle  de  nu  me  p« >  •<  i  n  p. il.  Citniei  :  un  1 1 
Lambrequins  \  de  sable  et  d'argent. 

(  )n  remarquera  que  odeurs  du  champ  et 

boucs  sont  interverties  sur  le  tableau  des  bourgrrx   I 

Un  autre  membre  de  cette  famille,  le  <  apitaii  •  I  an- 
Ulric  Steinbach,  commandant  la  compagnie  mulhou- 
sienne  de  Waldner,  mort  en   1790,  avait  un   cachet 

tout  autre  (pi.  XI  ).  Il  portait  : 

D'argent  à  trois  bandes  de  gueules  traversées  par  un  fani 
de  ....  (?),  la  hampe  un  pal,  avec,  en  pointe,  trois  coupeaux 
de  sinople.  Cimier:  un  heaume  ouvert  de  face,  sans  aune.    I 
place  de  lambrequins,  deux  boucs  comme  supports. 

Les  Steinbach  d'Illzach  sont  issus  de  la  souche  mul- 
housienne.  Ils  ont  pour  auteur  Henri  Steinbach,  frère 
du  premier  bourgmestre,  qui  s'y  fixa  avant  1  |.8o. 

Stoecklin.    Famille  originaire  de  Colmar,  ainsi  que  le  dit 

Ehrsam  lui-même.  11  lui  donne  cependant  les  armoiries 
des  Stoecklin  de  Baie. 

Sïtmm.  Le  Bûrgerbuch  n'a  pas  le  blason  de  cette  famille. 
Celui  que  reproduit  le  Livre  d'Or  est  pris  dans  les 
Bùrgerliche  Wappenbùcher,  tome  I,  où  il  appartient  à 
Georges  Stumm,  bourgeois  de  Nuremberg.  11  n'est  donc 
pas  exact. 

Thyss.  Le  blason  que  donne  le  ^Bûrgerbuch  à  la  famille 
actuelle  de  ce  nom,  qui  est  de  Thalheim,  duché  de 
Limbourg,  est  celui  des  bourgmesster  Thysser,  dont  la 
souche  s'est  éteinte  à  la  tin  du  xvie  siècle. 


68  - 

Vetter.  Erroné.  Il  existe  un  ex-libris  de  1773,  de  Jacob 
Vetter,  le  jeune1,  portant  (pi.  XII): 

D'azur  a  trois  fleurs-de-lis  d'argent  posées  2,  1.  (limier:  trois 
plumes  d'autruche. 

Jean  Vetter,  lieutenant  de  la  Jâger-(  ompagnie,  de  17S9 
(Musée),  a  bel  et  bien  ce  blason  aux  trois  ileurs-de-lis. 
Pourquoi  Ehrsam  n'en  a-t-il  pas  tenu  compter  11  est 
vrai  que  l'écu  est  très  effacé,  niais  à  la  loupe  les  fleurs- 
de-lis  sont  visibles. 

M.  Fritz  Michel,  notre  collègue  du  Musée,  possède 
une  plaque  d'église  de  Jean  Vetter,  avec  ses  armoiries. 

(les  trois  preuves  sont  péremptoires. 

Schoenhaupt  a  reproduit  le  vrai  blason  avec  celui  du 
Bùrgerbuch,  dans  son  Livre  d'Or. 

Nous  donnons  aussi,  à  titre  documentaire,  un  cachet 
de  Sixte  Vetter,  de  1 592,  datant  par  conséquent  d'avant 
1  642,  époque  où  Pétri  a,  comme  dit  plus  haut,  amélioré 
tous  les  blasons  des  anciennes  familles  mulhousiennes. 
Ce  cachet  porte  : 

Un  crampon  pose  en  pal  chargé  d'une  flèche  à  double  pointe 
posée  en  fasce,  le  tout  surmonté  en  chef  des  lettres  S.  V.  Ni 
cimier,  ni  couleurs. 

VoGEL.  Erroné.  Au  Musée  historique  se  trouve  un  contrat 
de  mariage,  du  Ier  mars  1763,  de  Samuel  Vogel  (fils 
d'Alexandre)  et  de  Cléophée  Mieg,  au  bas  duquel  est 
apposé  le  sceau  du  marié,  portant  (pi.  XII): 

Un  oiseau  posé  sur  un  rocher,  reproduit  sur  le  cimier  entre 
deux  proboscides.  Couleurs  inconnues. 

Les  mêmes  armes  figurent  sur  le  cachet  du  pasteur 


1  Propriété  de  M.  Edouard  Engelmann,  à  Paris. 


Mans  Weber 
d  1 

1667-1672. 


Pierre  Webe 


pa&^u  r 
I666  -  I669 


a^^^^ 


Jacques  Weber 

B£m.  1533-1554. 


• 


Samuel  Voéel 
1763.  ° 


Michel  Weiss 
i  590. 


Wethly 

Hettin^en  -  Zurich 


B4b 


Wettly 

Livre  d  Or     Erreur      . 


m 

I»  m  i  h  i<  V<  >g<  I.  d<   Mulhou         l.i  date  du 

1784. 

I  e  blas(  m  d<  >nné  pai  t£hi  sain 

Zurich. 

Wagner.  Sui  les  deux  lignées  de  ce  non  il  fort 

an<  iennes  à  Mulhouse,  l'une  d\  Iles  .1  fourni  Jeu 
mestres  à  notre  \  ille,  Piei  re  Wagn<  1  (  1  1  ,  1  et 

sou   petit-fils  Werner  Wagner  (1504     [5 
les  petits-enfants  de  ce  derniei  tte  souche. 

Le  premier  bourgmestre  (Pierre)  laissa  trois  fils, 
Léonard,  Werner  et  Chrétien.  Ce  dernier  lut  le  père  du 
second   bourgmestre  (Werner).    Nous  avons  trouvé 

aux  Archives  de    Mulhouse   les   sceaux    de   Léonard   et 

de  Chrétien,  figurant  comme  cautions  au  bas  de  lettres 
réversales  délivrées  a  Mulhouse  par  leur  frère  Werner. 
Ces  sceaux  (pi.  III),  qui  datent  de  1  481,  sont  caracté- 
ristiques en  ce  qu'ils  présentent  chacun  l'erminettc,  la 
hache  des  charrons  (en  allemand  Wûgtier).  Le  nom 
des  deux  cautions  ligure  en  exergue. 

Le  tableau  des  bourgmestres  de  Pétri  donne  pour 
Pierre  et  Werner  Wagner  tout  autre  chose.  Leur  blason 
porte  (pi.  III): 

De  gueules  à  une  chimère  ailée  et  couronnée  cTor  sur  un 
tertre  Je  sinople.  Cimier:  la  chimère  issante.  Le  premier  a  un 
manteau,  et  le  second  des  lambrequins  de  gueules  et  d'or. 

II  est  possible  que  ces  armoiries  soient  dues  à  l'ima- 
gination de  Pétri,  mais  il  n'est  pas  exclu  qu'il  ait 
simplement  utilisé  celles  du  fils  de  Werner.  portant  le 
même  prénom,  qui  quitta  Mulhouse  et  épousa  une 
noble,  Marguerite  de  Rappenberg.  A  cette  occasion,  il 
a  pu  être  ou  anobli,  ou  recevoir  des  lettres  d'armoiries, 
que  Pétri  aura  connues,  puisqu'il  était  apparenté  à  la 
tille  de  ce  Wagner,  par  les  Brand,  de  Bàle. 


70 


La  seconde  lignée,  qui  parait  s  cire  poursuivie  jusquâ 

nos  jours,  a  fourni  aussi  à  la  ville  de  Mulhouse  un 
bourgmestre:  Henri  Wagner  (1538).  Ses  armes,  saut 
le  chef  d'argent,  sont  données  par  le  Hûrgerbuch.  Jacques 
Wagner,  garde-vignes  en  [780,  a  les  mêmes,  mais  une 
bordure  de  gueules  autour  de  l'écu  et  des  lambrequins 
d'azur  et  d'argent  (au  lieu  d'or). 

Weber.  Le  Tiùrgerbuch  donne,  pour  cette  famille,  le  blason 
du  bourgmestre  Jacques  Weber,  de  1533— 1553,  mais 
avec  de  légères  modifications,  soit  un  béret  au  lieu 
d'un  chapeau  sur  le  cimier,  et  les  lambrequins  de 
gueules  et  d'or  de  chaque  côté,  alors  que  le  bourg- 
mestre n'a  que  les  lambrequins  de  senestre  ainsi,  et 
ceux  de  dextre  de  sable  et  d'or. 

Ce  blason,  adopté  en  1642  par  Pétri,  est  curieux  en 
ce  sens,  qu'il  est  parlant,  non  point  au  regard  du  nom 
de  la  famille  (Weber  =  tisserand),  mais  quant  à  la 
profession  du  titulaire  et  de  celle  de  son  père.  En 
effet,  Jacques  Weber  était  charron,  de  là  la  roue  de 
voiture,  et  son  père,  Jean  Weber,  tuilier,  d'où  la  forme 
à  tuiles. 

Comme  pour  les  Hartmann  et  les  Steinbach,  une 
branche  de  la  famille  Weber  a  été  détachée  de  bonne 
heure  à  Illzach,  en  qualité  de  fonctionnaires.  Un 
Jacques  Weber  y  est  maire  (Meyer)  de  1542  à  1 5 5 1, 
Georges  Weber,  de  1555  à  1372,  et  ses  fils  y  pour- 
suivirent la  lignée,  qui  subsiste  encore  de  nos  jours. 

La  lignée  mulhousienne  primitive,  celle  du  bourg- 
mestre ci-dessus,  s'est  éteinte  vers  la  fin  du  XVIe  siècle. 
Mais  elle  fut  remplacée  par  des  rameaux  d'IUzach,  soit 
par  Georges  Weber,  fils  d'Ulrich,  qui  vint  se  fixer  en 
ville,  en  1609,  à  la  suite  de  son  mariage  avec  Régula 
Iring.   Ehrsam  en  fait  à  tort  un  fils  du  bourgmestre, 


.1 

de  m<  me  en  pr<  t(  ndant  qu  il  lut  reçu  à  l.i  bout  : 
pi  i\  ili  gi(  i  i  n  i         i  •  tini  l.i 

qu  en  1645  *.    ^pr<     l.i  gui        I     frenl 
autres  Webei  d  111/. u  h  s'établirent  .1  Mulhou 

(  e  I  le<  m  "(    \\  «  bei  1   t  le  mém<  qu<     elui  qui  fi    1 
en  qualité  de    e \\  h ,   sui    m  >tre  plan*  he  XIV,    Son 
blasi >n  est  pi esque  identique  Han    W< 

Meyei  d'Illzach  de  i66\  .1  ré    '   dont  il  existe  plusieurs 
lettres  aux  Archives  et  dont  le  cachet  (pi.  XII)  po 

Un  soc  de  charrue  traversé  par  un  coutre  placé  en  bande, 

il. m  ju  •  de  deux   étoiles   .1   cinq   rats   et  surmoni  lettres 

II.  \\\,  au-dessus  desquelles  est  placée  une  étoile  de  même.  Ni 

cimier,   ni  couleurs. 

Il  eut  plusieurs  fils,  dont  : 

Pierre  Weber}  d'abord   pasteur  a   lllzach,  ensuite 

Mulhouse.  Ses  cachets  de  1666  et  de  [669,  a  ses  ini- 
tiales P.  \\\,  portent  (pi.  XII): 

Une  navette  de  tisserand  surmontée  en  chef  de  deux  roses 
posées  en  fasce  et  accompagnées  en  pointe  de  deux  étoiles  a 
cinq   rais  au-dessus  de   trois  coupeaux.   Ni  cimier,    ni  couleurs. 

La  conclusion  à  tirer  de  ce  qui  précède  est  que  la 
famille  Weber  possède  au  moins  trois  blasons  différents: 

1.  Celui  du  bourgmestre,  branche  éteinte. 

2.  Celui  de  la  branche  d'Illzach,  avec  le  soc  et  le 

coutre  de  charrue,  emblème  de  leur  profession 
d'agriculteur. 

j.  Celui  du  pasteur  Pierre  Weber,  avec  la  navette 
rappelant  le  nom  de  famille,  qui  compte  pour 
ses  descendants  actuels. 


Cf.  Raths-ProtocoU  et  le  Bûrçerbttch  manuscrit, 


/_: 


•>   


Wi  iss.  Al.  Emile  Mantz  possède  le  blason  de  cette  famille 
peint,  en  [739,  par  le  peintre  Jean  Weiss  (1704-1757) 
sur  un  panneau  rond  en  bois,  alors  qu'il  lut  nommé 
préposé  au  tir  (Schùt%ennteister).  ("est  le  blason  du 
Hùrgerbucbj  saui  le  champ  d'azur  qui  est  de  sinople  sur 
le  panneau,  les  lambrequins  qui  sont  de  sinople  et 
d'argent,  et  la  belette  qui  est  contournée. 

Sur  le  tableau  des  gardes-vignes  de  177s  (Musée), 
Jean-Georges  Weiss  a  aussi  du  sinople,  au  lieu  de 
l'azur,  mais  la  belette  est  tournée  à  dextre.  Par  contre, 
Jacques  Weiss,  garde-vignes  en  [780,  a  bien  le  champ 
d'azur,  les  lambrequins  d'azur  et  d'argent,  mais  la  be- 
lette est  aussi  contournée  sur  le  cimier.  Cette  dernière 
variante  est  celle  qui  a  été  adoptée  par  Jean-Georges 
Weiss,  maire  provisoire  en  1843,  sur  le  tableau  de 
l'Hôtel  de  ville. 

Avant  1642,  la  famille  Weiss  n'avait  pas  ces  armes. 
11  existe  aux  Archives  une  lettre  de  Michel  Weiss, 
boucher,  de  Mulhouse,  datée  de  Cernav  du  21  août 
1390,  où  il  avait  été  arrêté  par  le  boucher  Paul  Lut/. 
Son  cachet  porte  (pi.  XII): 

Un  couperet  de  boucher  surmonté  des  lettres  M.  W.  Pas  de 

cimier,  ni  de  lambrequins. 

Wettly.  Originaire  de  Herrliberg,  canton  de  Zurich.  Le 
Bùrgerbuch  n'a  pas  le  blason  de  cette  lignée.  Celui  du 
Livre  d'Or  est  d'une  source  qui  nous  est  inconnue. 

On  trouve  dans  les  Bûrgerliche  Wapperibùcher  de 
Siebmacher,  tome  VII,  les  armes  des  Wethly,  de  Hot- 
tingen-Zurich,  qui  ont  des  chances  d'être  plus  authen- 
tiques que  celles  du  Livre  d'Or.  Elles  portent  (pi.  XII)  : 

D'or  à    un  cep  de  vigne  placé  en   barre,  avec  une  feuille  et 


une  grappe  d<     raisin,    mi  moi  bc. 

I    min  :    !k>i  .   pluîlV      iLmli  U<  h( 

sitK >|>!(   ci  d'or. 

W'ii  i ».   Famille  <  n  iginairc  de  Stra  I"  on  g,  I  h\  an 
les  .11  mes  des  Wild  d<    Bâl<     mais  i  n  chai 
azur  I  argent  de  la  bordure,  d<   la  bande  «  l  du  besant 

W'ii/.    Ehrsam  reproduil  dans  le  'l>         uch  les  armoii 
du  bourgmestre  Egm<  >nd  Witz  (  1 1  1 1 

Egmond  Witz,  garde  vignes  en  1779  (Mu  le 

même  écu  sans  les  trois  coupeaux  de  sinople.  Sur  le 

cimier,  le  jeune  homme  iss.int  tient,   non  pas  un  com- 

pas  de  menuisier  (profession  du  bourgmestre),  m 
une  croix  d'argent  au  pied  allongé. 

Sur  le  dessin  de  vitrail  colorie,  appartenant  a  M.Jules 
Franck  (v.  pi.  XIV),  figure  Louis  W'ii/.  sexvir,  fils  du 
susdit  bourgmestre,  dont  les  armes  ont  les  mêmes 
meubles,  mais  aux  couleurs  modifiées  (voir  page  9]  ). 

Louis  Witz  demeurait  sur  la  place  de  la  Réunion, 
dans  la  maison  à  tourelle  appartenant  actuellement  a 
M.  Emile  Pétry,  banquier.  Au  haut  de  la  tourelle,  on 
voit  encore  l'écusson  Witz,  sculpte  dans  la  pierre. 

Wolf.  Jean-Georges  Wolf,  garde-vignes  en  1735  (Musée),  a 
le  blason  du  Hùrgerbuch^  mais  le  champ  de  son  écusson 

est  d'argent,  et  le  loup  de  sable  sur  un  tertre  de  sinople. 
au  lieu  d'un  champ  de  sable  et  du  loup  d'or.  Sur  le 
cimier,  le  loup  est  comme  sur  son  écusson.  Les  lambre- 
quins sont  de  sable  et  d'or  et  non  de  sinople  et  d'or. 

D'ailleurs,  ce  tableau  de  gardes-vignes  de  1733  est 
peint  sur  papier  collé  sur  un  panneau  de  bois,  et  les 
couleurs  effacées  sont  très  difficiles  à  distinguer. 

Les  Wolf  de  Schaffhouse  ont  le  loup  d'argent  sur 
champ  de  gueules. 


71 

Wurms.  Famille  remontant  au  xiv«  siècle,  que  Pétri  appelle 
à   tort    Wurmser.     Le   bourgmestre    Franz    Wurms 

(1556-  1  >7  |  )  ne  laissa  que  deux  filles  et  lut  le  dernier 
maie  de  celle  lignée.  Pétri  lui  donne,  en  1642,  un 
blason,  a  peu  près  parlant,  que  voici  (pi.  111): 

D'argent,  avec  bordure  d'or,  a  un  dragon  (en  allemand 
Wurm  ou  Lindwurm)  d'azur  lampassé  de  gueules  et  ailé  de 
sinople  et  gueules,  la  patte  dextre  levée,  (limier:  le  dragon  du 
l'écu  issant  d'une  couronne  d'or.  Lambrequins:  d'azur  et  d'argent. 

Où  Pétri  a-t-il  trouvé  ces  armes?  A  Strasbourg,  il 
v  avait  une  famille  bourgeoise  Wurm,  à  qui  l'empereur 

Frédéric  111  octroya,  en  1464,  des  lettres  d'armoiries 
portant  un  dragon  d'or  sur  champ  de  sable,  qui  se 
répète  sur  le  cimier.  Jacques  Wurm  fut  ammestre 
en  1498.  Cette  famille  fut  anoblie  et  prit  le  blason 
des  nobles  de  Geudertheim,  dont  elle  reçut  le  fief. 
Elle  s'éteignit  avant  la  fin  du  xvic  siècle.  Nous  donnons 
les  armoiries  des  Wurm  d'après  Herzog  (pi.  III). 

Les  Wurmb  de  Saxe,  Hanovre  et  Schwarxburg- 
Sondershausen,  portaient,  suivant  Rietstap: 

D'azur  à  un  dragon  ailé  d'or,  la  patte  dextre  levée.  Casque 
couronné.  Cimier:  le  dragon.  Manteau  d'azur,  doublé  d'hermine. 

Il  v  a  apparence  que  Pétri  a  trouvé  ces  Wurmb  dans 
Siebmacher  et  qu'il  a  appliqué  leur  blason  aux  Wurms 
de  Mulhouse,  en  intervertissant  les  couleurs.  A  titre 
de  curiosité,  nous  signalerons  que  Rietstap  donne  à 
une  famille  Wurmblingen,  de  la  Souabe,  exactement  les 
armoiries  mulhou  sien  nés  des  Wurms: 

D'argent  à  un  dragon  ailé  d'azur.    Cimier:   le  dragon  issant. 


Zetter.  Voir  notre  notice,  page  88. 


/n  glkr,  Il  y  a  eu  à  M u 1 1 1  iirs  fai 

dont   tr<  •! s  s<  ou  hes  pi  itn  ipal(      Dcu      onl   fort  an- 

(  u'iiin   .    I    un.    .1  i  Ht  S 

mestrcs,   Piei  re,  d<    15         1  \ 

de  [611      [626    (  1   d<  1  niei  fui  le  beau  . 

I  a'ui  s  .n  m»  ni  trou>  i  ni  sur  k  tabl<  au    I 

mestres  de  1642e!    (  bla  •<  >nn<  m  < <  >mn         l  ( pi. MM  | 

I  >c  gueules  .1  une  forme  .1  tuili 
costée  de  deux  roses  d'arg*  ni      1 
ronne  de  laui  iers  d<    sinople,  garnie  de  quai 
poser  sur  trois  coupeaux  de  sinople.  Cimier:  tuiles 

de  l'écu  .m  milieu  d'un  vol  coup^  de  gueules  ei  d'argent  alt< 
]\a\\{.  Lambrequins:  un   manteau  de  gueules  doufa 
bordé  d'or. 

Ces  deux  bourgmestres,  Liant  les  derniers  de  leur 
lignée,  Pétri  lit  peindre  leurs  armes  inclinées  sur  le 
tableau  de  l'Hôtel  de  ville,  signe  héraldique  d'extinction. 

A  la  seconde  souche  ancienne,  qui  subsiste  encore 
de  nos  jours  à  Mulhouse  et  dans  les  Vosges,  se  rattache 
Michel  Ziegler,  zunftmestre  de  la  tribu  des  Agriculteurs 
depuis  [636,  conseiller  en   [665,  dont  le  blason  figure 

sur  le    projet   de   vitrail   de    1642,   donne    sur    notre 
planche  XIV.  11  porte  : 

De  sable  à  trois  coupeaux  de  sinople  surmontes  d'une  forme 
à  tuiles  de  gueules,  accostée  à  dextre  d'une  hache  d'argent  sans 
manche,  le  tout  posé  en  pal.  Cimier:  la  forme  à  tuiles  ;  en 

pal.  Lambrequins:  d'or  et  de  gueules. 

A  cette  branche  appartient  le  peintre  Jules-Claude 
Ziegler  (1804 — 1856)  '.  Enfin,  à  la  troisième  lignée 
du  nom,  implantée  à  Mulhouse  en  1576  par  Philippe 
Ziegler,  maître  d'école,  originaire  de  Worms,  se  rattache 


1   Voir  Les  Anciens  Artistes-Peintres  et  Décorateurs  mulhousiens  jusqu'au  A7A"e  siècle, 
par  Ernest  Meininger. 


76 

Jean-Michel  Ziegler,  fabricant  de  draps,  qui  s'est  fixé  à 
Berne  en  [636  et  y  fut  reçu  bourgeois  en  1645.  Cette 

branche  a  adopte,  à  peu  de  choses  près,  les  armoiries 
des  bourgmestres,  lignée  alors  éteinte,  soit  (pi.  XIII): 

De  gueules  a  trois  coupeaux  de  sinople  .supportant  une  forme 

à  tuiles  sommée  dune  croix,  le  tout  d'or  et  posé  en  pal, 
flanqué  de  deux  roses  d'argent  tigées  et  feuillées  de  sinople. 
CUnicr  :  la  forme  à  tuiles  au  milieu  d'un  vol  coupé  de  gueules 
et  d'or  alternant.  Lambrequins  :  de  gueules  et  d'or. 

La  couronne  de  lauriers  de  sinople  des  bourgmestres 
manque  ici. 

Les  peintres  Daniel  Ziegler  (1716 — 1806)  et  son 
frère  Jacques  Ziegler  (1731,  mort  après  1798),  sont 
issus  de  cette  troisième  souche. 

Jacques  Ziegler,  boucher,  qui  figure  sur  le  tableau 
des  gardes-vignes  de  1773  (Musée),  quoique  de  la 
seconde  souche,  celle  de  Michel,  le  zunftmestre  de  la 
planche  XIII,  a  pris  aussi  le  blason  à  couronne  des 
bourgmestres,  sauf  les  deux  roses  d'argent,  tigées  et 
feuillées  de  sinople,  et  les  trois  coupeaux. 

Ehrsam  donne,  dans  le  Bûrgerbuch,  le  blason  de  ce 
Jacques  Ziegler  à  la  famille.  11  l'a  pris  précisément  sur 
le  tableau  de  1773,  mais  au  lieu  de  la  forme  à  tuiles, 
croisetée  d'argent,  il  a  mis  la  forme  en  or  et  la  croisette 
en  argent. 

ZtJBER.  Sur  le  tableau  des  gardes-vignes  de  1735  (Musée) 
figure  Jean  Zuber,  dont  les  armoiries  ne  sont  pas  tout 
à  fait  celles  données  par  Ehrsam.  Le  cœur  y  est  de 
gueules  et  non  de  carnation,  ensuite  les  trois  coupeaux 
de  sinople  font  défaut.  Puis,  l'homme  issant  du  cimier 
n'est  pas  habillé  d'or  et  d'azur,  mais  d'argent  et  d'azur, 
et  l'instrument  qu'il  porte  sur  l'épaule  dextre  est  un 


PI 


ê* 


tes  2\< 


Jean  Z Liber 
1735. 


Mil  hel  l'\rf\pr 


Jacques  Zundel 
1789. 


Zundel 

Bgb.  (Erreur) 


Georges  Zurchcr 


Zu  rcher 

8^b 


David   Zwméer 
pasteur 


Zwin£er 

B^b.  (Erreur' 


.i\  ii (  xi  doi  pos<   i  ii  bai  i  '     En  outr<    l.i  m. nu 

i  appuj  ée  sui  la  han<  h(   •  I  ne  ti<  ni  | 
I  ,es  lambrequin         i  >hi  d  azur  1 1  d  ai  g<  m    1 1  non 
gueule  ■  el  d  azui . 

Sui   une  plaqut   d  (  Mu  un  / 

dont  le  prén<  >m  e  >1  illisible,  le  (  «  ew  d 
de  gueules,  sui  champ  d'azur.  Sur  le  cimier,  l'homi 
habillé  de  gueules  porte  sur  l'épaule  d 
un  aviron  d'or  posé  en  bande.  Pa         erpette  non  pi 

Sur  un  vitrai]  de   [666  d<    la  salle  des  séances  du 
Conseil  de  II  [ôtel  de  ville,  I        /  irier,  a  dans 

l'écu  un  cœur  d'or,  aussi  sur  champ  d'azur,  au-dessus 
de  trois  coupeaux  de  sinople.  I , 'lu  mime  issant  du  cimier 
tient  dans  sa  senestre  un  instrument  indéfinissable  d'or, 
qui  ressemble  plutôt  à  une  cuiller  a  pot  qu'à  un  aviron, 
et  dans  sa  dextre  une  serpette.  Lambrequins  d'azur  et 
d'or.  Le  Livre  d'Or  rétablit  la  couleur  en  métal  or  du 
cœur,  mais  maintient  la  serpette,  qui  n'est  pas  sur  les 
blasons  décrits  plus  haut. 

Comme  le  vitrail  de  l'Hôtel  de  ville  est  certainement 
un  de  ceux  qui  ont  été  endommagés  en  octobre  i8' 
et  qu'il  a  été  répare  après  la  guerre,  il  ne  peut  nous 
servir  de  document  probant  au  même  titre  que  la  plaque 
d'église  et  le  tableau  des  gardes-vignes  de  1735,  car 
cette  réparation  a  dû  être  faite  d'après  le  Bùrgerbuch 
d'Ehrsam. 

Zundel  ou  Zindel.  Erroné.  Famille  originaire  de  Reutlingen 
(Wurtemberg)   et   non   de  Schaffhouse.     Ehrsam   lui 

donne  les  armoiries  des  Zundel  de  Zurich. 

En  réalité,  Jacques  Zundel,  de  la  Juger-Compagnie,  de 

1789,  a  dans  son  blason  (pi.  XIII    : 

Trois  coupeaux,  sur  le  milieu  desquels  se  tient  une  colombe 


7<S 

avec,  dans  son  bec,  un  rameau  d'olivier.  Le  tout  est  reproduit 
sur  le  cimier. 

Il    n'y   a   pas  de   couleurs   indiquées,    mais    elles   oe    peuvent 

être  que  d'argent  pour  la  colombe,  de  sinople  pour  le  rameau 
d'olivier  et  les  coupeaux,  et,  enfin,  d'azur  pour  le  champ  de 
l'écu.  Les  lambrequins  d'azur  et  d'argent. 


Zurcher.  Erroné.  Au  Musée  se  trouve  un  dessin  au  lavis  à 
l'encre  de  Chine,  avec  les  noms  et  les  blasons  des 
membres  de  la  Jâger-Compagnie,  en  1789.  Parmi  eux 
figure  un  Georges  Zurcher,  aux  armoiries  tranchées  et 

une  étoile  dans  chaque  compartiment,  avec,  sur  le 
cimier,  trois  plumes  d'autruche.  Ce  sont  les  mêmes 
que  donne  Rietstap,  dans  son  Armoriai  général,  pour 
les  Zurcher  d'Amsterdam  et  de  La  Hâve  (pi.  XIII)  : 

Taillé  d'argent  sur  azur,  chaque  compartiment  chargé  crime 
étoile  d'or.  Cimier:  trois  plumes  d'autruche,  une  d'azur  entre 
deux  d'argent.  Lambrequins  :  d'argent  et  d'azur. 

Ces  Zurcher  hollandais  sont  originaires  de  Mulhouse. 
Le  i)  février  1786,  le  Conseil  accorda  à  Antoine 
Zurcher,  établi  à  Arnheim  en  Hollande,  le  droit  de 
bourgeoisie  pour  sa  fiancée,  demoiselle  Dievert  Post, 
de  Vorbourg,  en  Hollande  (Raths-Protocoll,  34,  page  4). 
Ehrsam,  qui  le  mentionne  encore  parmi  les  membres 
de  cette  lignée  reçus  à  la  bourgeoisie,  a  reproduit,  dans 
le  Tiùrgerbuch,  les  armoiries  des  Zurcher  de  Baie,  d'après 
Marc  Lutz.  Or,  ceux-ci  n'y  sont  que  depuis  181 6,  année 
où  Samuel  Zurcher,  de  Vor  dem  Wald,  prés  Zofingue, 
v  fut  reçu  bourgeois  ! 

ZwiNGER.  Erroné.  Le  pasteur  David  Zwinger,  auteur  de  la 
branche  mulhousienne  du  nom,  à  qui  l'on  doit  une 
intéressante  relation    de   la   sédition    des   Fininger  en 


î  )(S/  ',  était  bi(  n  de  l.i  même  familli  /    ii 

de  Bàh  p  el    -  >n  i  a(  hel  bu  n  h     m 

qui  sont  (  pi,  Mil) 

I  )      ueuli    .i  une  pique  d'oi   \ 
même.  I  imiet  :   un  buste  de   j<  une   homn 
habillé  de  gueules,  à  la  fraise  d'aï  d'un 

sable  et  poi  tant  à  la  banclx  un  huchi 

à  un  baudrier  de  sable.  Lambrequin  ules  et    I 

Ces  armoiries  sont  parlantes.    En  <  ette  famille 

s'appelait  Spyser,  dit  Zwinger.  Spiess  signifie  une  pique 
en  français. 


1  Sous  presse  actuellement  et  éditée  par  les  soins  de  l.i  C  d'archr 

Retrouvé  sur  ses  lettres  par  notre  excellent  con frère,  M.  le  ni  a 

été  chargé  de  l'édition  critique  de  la  Chronique  Zwinger. 


ji  j^  j^  j^  j^  Jt  h  ^  ir^^r^r^r^r 


w 


Note  sur  un  dessin  de  viirail  de  1642,  donnant  les  armoiries  des  chefs  de  la 
tribu  des  Agriculteurs  (pi.  XIV). 


Cette  intéressante  aquarelle  est  la  propriété  de  M.  Jules 
Franck,  de  Mulhouse,  qui  nous  a  gracieusement  autorisé  à 
la  reproduire  en  phototypie,  ce  dont  nous  le  remercions 
chaleureusement.  Elle  mesure  30i/2  sur  207.2  centimètres 
et  a  dû  certainement  servir  à  rétablissement  d'un  vitrail 
pour  la  tribu  des  Agriculteurs,  aujourd'hui  disparu. 

En  général  d'une  bonne  conservation,  sauf  pour  le  blason 
de  Louis  Witz,  abîmé  par  une  tache  d'eau,  certaines  couleurs 
de  l'aquarelle  ont  par-ci  par-là  souffert  de  l'action  du  temps, 
notamment  l'argent  qui  a  noirci.  Peut-être  aussi  l'artiste 
a-t-il  trop  foncé  ce  dernier.  On  dirait  d'ailleurs  qu'il  a 
appliqué  sur  la  plupart  des  armoiries  une  première  couche 
de  rouge,  en  réservant  les  blancs,  les  jaunes  et  les  verts. 
Four  les  blancs,  il  a  employé  l'argent  ou  la  couleur  blanche, 
ce  qui  déroute  singulièrement  le  blasonnement,  le  premier 
ayant  noirci,  comme  il  a  été  dit.  Nous  signalons  nos  doutes 
sur  certains  émaux,  par  un  point  d'interrogation,  dans  la 
description  que  nous  donnons  ci-après. 

Quel  est  l'artiste  qui  a  peint  cette  aquarelle?  Il  ne  peut 
évidemment  s'agir,  sans  aucun  doute  possible,  que  de  Pierre 
Zetter1  (1597 — 1671),  peintre-verrier  renommé,  qui  figure 
lui-même  sur  le  dessin  en  qualité  de  zunftmestre.  A  ce  titre 
seul,  l'œuvre  méritait  d'être  reproduite.    Mais  elle  a  encore 


1   Voir  sur  cet   artiste:   Les  Anciens  Axtistes-Peintres  et   Décorateurs   Muihousiens 
jusqu'au  XIX*  siècle,  par  ERNEST  MeininGER,  page  90. 


i 


VITRAIL  DE  LA  TRIBU  DES  AGRICULTEURS  DE  MULHOUSE 

Reproduction   du  dessin  colorie  original  apj  M.  Jules   Franck. 


81 

un  autre  int<  rét   0  imme  zunftm»   i      P         / 
pai  de  du  I  i  >nseil  de  [642  qui  \  ota  le  tableau 
mestres,  s< m  \  in.nl  pn >u\  <  1  initia* 

n\  e  de  Péti  i,  puisque  les  c  \h  fs  de  la  tribu  d<      \   1 

;onl  empress(  s  de  faire  un  \  itrail  eijû  >re  la  m 
ce  que  les  autn  s  ti  ibus  ont  dû  <  ertainemenl  im  A 

prou\  e  aussi  qu'à  <  ette  dat<   «  m  n'&\  ait  pa  .  ei 
définitive  me  ni  les  blasonsde  certaines  familles,  ;,  iple 

les  Hartmann.    Le  mMc.ui  des  bourgmestres,  terminé  par 
Lûdin  en  juillet   [643,  donc  l'année  suivante,  s'en  charj 
et  est  par  conséquent  à  considérer  sous  ce  rapport,  ainsi  que 

nous  Taxons  déjà  dit  plus  haut,  comme  un  document  héral- 
dique définitif. 

Les  cartouches  des  blasons  sont  formés,  dans  le  bas.  | 
deux  branches  de  laurier,  en  vert;  dans  le  haut,  par  une 
banderole  à  fond  jaune,  sur  laquelle  est  inscrit  le  non»  du 
titulaire  en  noir.  A  droite  et  a  gauche,  une  marguerite 
blanche  sépare  les  branches  de  feuilles  de  laurier  et  la 
banderole.  Deux  branches  de  lauriers  verts,  tiges  de  brun- 
clair  et  truites  de  rouge*  partent  du  bas  du  vitrail,  passant 
entre  les  cartouches  et  se  rejoignant  dans  le  haut,  où  elles 
sont  nouées  par  un  nœud  de  ruban  rouge. 

Voici  maintenant  la  description  de  chaque  blason  : 
Hr.  Anthoni  Hartman  (sic),  des  Raihs. 

De  sable  (?)    à    un   crampon   et  un   4   croistté  de  gueules,    pi 
en  sautoir,   et,   brochant  sur  le  tout,   un  peloir  d'argent.   Cimier  :  les 
meubles  de  l'écu,  mais  le  crampon  et  le  4  croiseté  de  .sable.    Lambre- 
quins :  d'azur  (sic)  et  d'argent. 

Nota.  —  Comme  le  champ  de  l'écu  était  déjà  de  sable, 
l'artiste  a,  sans  doute,  peint  les  meubles  en  sautoir  de 
gueules,  pour  les  rendre  visibles.  Le  4  est  encore  la,  comme 
rappel  des  anciennes  armoiries. 

6 


82  — 


///-.  Hanns  Riszler,  des  Ratl 


)S 


De  gueules  à  une  fleur-de-Iïs  d'argent,  au-dessus  de  trois  coupeaux 
de  sinople.  Cimier  :  la  fleur-de-Ks  d'argent  entre  deux  proboscides 
d'argent.  Lambrequins:  de  sable  (?)  et  d'argent. 

///-.  Michel  Ziegler,  Zunfftmeister. 

De  sable  a  une  forme  à  tuiles  de  gueules  accostée  à  senestre  d'une 
hache  d'argent  sans  manche,  au-dessus  de  trois  coupeaux  de  sinople. 
Cimier:  ta  forme  a  tuiles  de  gueules.   Lambrequins:  d'or  et  dé  sable. 

Hr.  Peler  Zetter,  Zunfftmeister.  C'est  l'artiste  auteur  de 
notre  dessin. 

De  gueules  à  deux  sceptres  posés  en  sautoir,  surmontés  et  flanqués 
de  trois  étoiles  à  six  rais  d'argent,  et  accompagnés  en  pointe  d'une 
fleur-de-lis  de  même.  Cimier:  Un  buste  de  femme  issant,  sans  bras, 
aux  cheveux  d'or  flottants,  habillée  de  gueules,  portant  sur  la  poitrine 
les  meubles  d'argent  de  Vécu.    Lambrequins  :  de  gueules  et  d'argent. 

Mr.  Niclaus  Hartmann*. 

De  gueules  à  une  fleur-de-lis  d'argent  brochant  sur  un  sautoir 
formé  par  un  crampon  et  un  4  croiseté  de  sable.  Cimier  :  la  fleur- 
de-lis  et  le  sautoir,  comme  dans  l'écu.  Lambrequins:  de  gueules  et 
d'argent. 

Nota.  —  Toujours  encore  le  4  des  armes  primitives  de 
la  famille,  mais  déjà  la  fleur-de-lis  (sans  le  chappé-ployé). 

Mr.  Georg  Weber. 

De  gueules  à  un  soc  de  charrue  traversé  en  fasce  par  un  coutre, 
le  tout  d'argent.  Cimier:  le  coutre  d'acier  posé  en  pal.  Lambrequins: 
de  gueules  et  d'azur. 

Ce  personnage  était  le  père  du  pasteur  Pierre  Weber, 
dont  nous  donnons  le  sceau  sur  la  planche  XII,  ax^c  un 
blason  modifié.  (Voir  l'article  Weber,  p.  78.) 


1  Celui-ci  et  Les  quatre  suivants  étaient  les  sexvirs  de  la  tribu. 


\//.  Daniel  Ris  1er, 

I  h   gueules  .1  une  flcui  Je  li  .  I' 

(  .iniiri  :  la  fleui  de  lis  •■■  ul<     /  ambrequin 

\h .  Ludwig  II  it  .  Blasi >n  tn  s  ablm< 

I  )'.i.-iii  (    )  .1  di  ii     V  entn  i  .  doni   l'un   ri  n 

d'une  croix,  l<   tout  d'argent.  (  imiet  :  un  buste  d'h< 
habillé  et  toi  tillé  d'azui  ci  (  lu  s  meubli  s  de  \\        l 

d'azur  et  d'argent. 

Mi .  Georg  (Beiseckher< 

De  sinople(?)  à  un  so<  de  charrue  n.  par  un  coutre  posé  en 

barre,  le  tout  d'argent.  Cimier:  le  soc  de  charrue  d'argent.  Lambre- 
quins :  de  sinople  et  d'argent. 

Au  milieu  du  vitrail  figure  un  grand  écusson,  à  bordure 
d'argent,  aux  armes  de  la  tribu  des  Agriculteurs,  soit; 

Damasse  d'azur  à  trois  coupeaux  de  sinople  sommés,  celui  de 
dextre  d'un  soc  de  charrue  d'argent,  celui  de  senestre  d'un  coutre 
posé  en  pal,  le  tout  d'argent.    En  guise  de  cimier:  le  soc  de  charrue 

d'argent,  pose  sur  la  pointe. 


NI 


TABLE    GÉNÉRALE 

des  blasons  de  nos  planches  ci  des  ramilles  mentionnées  dans  cette  étude, 


Nota.        Nous  marquons  d'un  •  les  blasons  erronés   du  Bûrgerbmch  et  du  Livre  tTOrt  et  d'un  ?  les 
blasons  douteux. 


Abt 

*Baumgartner 

Beiseckher  i  inédit  ) 
Benner 


Biegeisen 


Planches 


IV 

XIV 


♦Binder  

Birin  (inédit) 

•Birr 

Blech  

Blocli 

?  Boeringer 

Boïhart  (inédit) 

Bronner,  de  Colmar 

Brunner,  de  Colmar 

Brunner 

Bùrlin  (inédit) 

Christen 

*Clemann  

Cornetz 

Dietsch 

♦Dollfus 

*Ehrsam 

Engelmana   

Ermatinger,  de  Schaffhouse. 

*Ermendinger 

?Feer 

Finck  

♦Franck 

Franck,  chevaliers  de 

Gerber,  v.  Karrer 

♦Gluck 

Goetz 

Grenzinger 


X 

I 
IV 

IV 

I 

IV 
IV 
IV 
X 


IV 
V 


?  Guldenberger 


V 
V 

XI 
VI 


Pages 


)  ■ 
32 

83 

32 

57 
32 
16 

-1  ■> 
;>> 

->  ■» 

34 
34 
16 

34 
34 
34 
57 
3  5 
3  5 
36 

M 

37 

28,  38 

18 
39 
39 
39 
39 
40 
40 

4i 
41 
63 

42 


*I (animer VI 

Hartmann    H.  XIV 


Planche» 


VI 

VI 


II 


I 

VI 


Heilmann 

*l  lira 

PHirth 

Hofer 

PHuber 

Huebner 

Hùgenheim  (inédit)  ..... 

*Huguenin , 

PJelensperger : 

♦Junghaen VII 

Karrer  (inédit) I 

♦Kielmann VII 

PKoechlin  VII 

*Koenig VII 

Kohler |   — 

?Laederich VII 

Laederich,  de  Silésie — 

?  Lambert 


VIII 
VIII 


*Landsmann 

*Lehr 

•Loescher j  VIII 

♦Maeder I  VIII 

PMansbendel VIII 

♦Mantz — 

Mantz  (inédit) VIII 

Meier  /.uni  Hirtzen VIII 

Motsch IX 

Mùller I,  IX 

POberlin 


Piirter 
•Rack  . 


III 

IX 


Pagci 


42 

24  Note, 
12,81,82 

44 

44 

•H 

45 

46 

46 

16 

47 
47 
48 

16 
48 
4* 

49  • 
49 
49 
50 
)i 
5i 
5i 
5i 
52 
52 
52 
5  3 
5  3 
53 
16,  53 
54 
54 
5  5 


,x;> 


Risli  i 
*  Romann  .  , 
Roppoli  

R(  >  .111.    de    .... 

.v  h. ii  pu  (  inédit  »  .    ... 

Schicklei   

S<  liicklei ,  baron 
•S  hlumbci  gei ,  bi  an<  hc  aînée 
S<  hlumbei  g<  i ,  de  .  , 
S<  hlumbei  gei ,  de  Ratisbonne 
Schlumbei  ger,    d'Auti  i<  lie, 

nobles 

Schlumberger  von  (  loldeck  . 
Schlumberger,  de  Munich  .  . 
Schlumberger i    branch< 

Jette 

^Schraerber 

♦Schneider 

♦Schoen 

♦Schoening 

♦Schumacher 

Sengelin 

♦Singer 

♦Sontag 

Steffan 

Steinbach 

PStoecklin 


XIV 

II! 

I 
IX 

X 

X 


X 

X 
XI 

I 


XI 


61 

61 
6a 
63 

22.28.63 
64 

65 

65 
65 
65 
65 

66 

^7 


! 

\\,.v  I  III 

W.l     '!:■    '       II 

Weta  l  .  . 

Webei  II.  d'Ulsach, 

Webei  III.  Cil 

Weiss  I   .II 

Weiss  II .  XII 

-  WVthk,  de  Hoti  h  XII 

•Wettlj  XII 

rWild - 

W'it/ .  XIV 

\V,,it - 

Wurm,  de  Strasbourj  .  III 

Wurmblingen,  de  la  Souabe  — 

Wurm     ......  III 

Zcttcr XIV 

Ziegler XFIIXIV 

Ziegler,  de  Berne XIII 

•Zuber XIII 

•Zundel  ou  Zindel XIII 

•Zurcher XIII 

•Zwinger XIII 


K  R  R  ATA 


Page  j8,  EliRSAM,  i"  ligne,  lire  p.  28  au  lieu  de  56, 
»     77,  ZUBER,  4e  ligne,  ajouter  :   (pi.  XIII). 


-  86 


SOURCES    CONSULTEES 


Archives  de  Mulhouse  (Recueils  de  lettres,  Militaria,  etc.). 

Archives  municipales  de  Colmar. 

Archives  de  la  bourgeoisie  ele  Berne. 

Tableaux  armories  des  bourgmestres,  à  l'Hôtel  de  ville. 

Tableaux  armoriés  des  gardes-vignes  de    1735,    1761,    1773,    1774, 

1779,  17S0  et   1  7 S  ^ ,  conservés  au  Musée  historique  de  Mulhouse. 

Tableau  portant  les  noms  et  les  armoiries  de  la  Jâgcr-CompagniC)  qui 
occupa  la  Porte-Jeune  lors  de  la  révolte  des  Paysans,  en  1789. 
Lavis  à  l'encre  de  Chine,  au  Musée  historique. 

Pierres  armoriées  du  Musée  lapidaire  Saint-Jean. 

Tableau  armorié  des  chefs  de  la  tribu  des  Agriculteurs,  1756  1786, 
au  Musée  historique. 

Vitrail  des  chefs  de  la  tribu  des  Vignerons,  1699 — 1710,  au  Musée 
historique. 

Plaques  d'église  armoriées,  au  Musée  et  chez  M.  Karl  Franck. 

Dessin  colorié.  Projet  de  vitrail  des  chefs  de  la  tribu  des  Agriculteurs, 
de  1642.  Propriété  de  M.  Jules  Franck,  Mulhouse. 

Projet  de  vitrail  des  économes  de  l'hospice  et  de  l'hôpital  de  Mul- 
house, de  1599.  Reconstitué  d'après  un  dessin  à  la  plume,  attri- 
bué à  Jost  Murer,  de  Zurich.  Propriété  de  l'auteur. 

Der  Stadt  Mûlhausen  privilegiertes  Burgerbuch,  par  Nie.  Ehrsam,  1850. 

Le  Livre  d'Or  de  la  bourgeoisie  de  Mulhouse,  par  L.  Schoenhaupt.  Tra- 
duction française  du  précédent,  parue  en   1883. 

L'Hôtel  de  Ville  de  Mulhouse,  par  L.  Schoenhaupt.  Texte  par  Ernest 
Meïninger. 

Armoriai  de  la  généralité  d'Alsace,  par  A.  de  Barthélémi,  1861. 

Armoriai  général,  par  Rietstap,  2e  édition. 

Baslerisches  Bùrger-Buch>  par  le  pasteur  Markus  Lut/,  181 9. 

Wappenbuch  der  Stadt  Schajfhausen,  181 9. 

Wappenbueh  sanitlicher  in  der  Stadt  Bern  verbûrgerten  Geschlechter,  1829. 

Wappen  der  Làblichen  Bûrgerschaft  in  Zurich,  par  Jakob  Kull,  1844. 

Wappen  der  Loblichen  Bûrgerschaft  in  St.  Gallen,  par  Jakob  Kull,  1853. 

Wappen-Buch  der  Stadt  Basil,  par  Meyer-Kraus,  1880. 

Bârgerliche  JVappeuhiïcher,  de  J.  Siebmacher.  Edition  en  cours. 


TA  BLE     DES     MAI  11.1:1 


A\ .un   propos 

I.  Les  armoiries  des  bourgmestres 

11.  Le  texte  ei  les  armoiries  du  Bùrgerbuch  ...  

III.  Les  blasons  du  Bùrgerbuch  (Examen  critique) 

IV .  Note  sur  un  dessin  de  vitrail  de  1642,  donnant  les  armoiries  des 

la  tribu  des  Agriculteurs  (pi.  XIV) 

Table  générale  des  blasons  de  nos  planches  et  des  familles  mention» 

cette  étude 

Sources  consultées  


• 


V 


MULHOUSE    —    IMPRIMERIE    ERNEST    MEINIXGER 


La  Bibliothèque 

Université  d'Ottawa 

Échéance 


The  Library 

University  of  Ottawa 

Date   due 


3*0 


I   I 


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CR  344  .«•«"«  1911 
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ANCIENNES    BRROIRIES 


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